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Catégorie : Économie
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L’AMEE et la GIZ ont clôturé la formation des formateurs vendredi dernier. Pour commencer, 13 professeurs de quatre établissements de formation en ingénierie ont été sélectionnés.

L’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) s’attaque enfin à la formation des ressources humaines dans l’efficacité énergétique où elle veut créer un vivier de compétences pour accompagner la dynamique dans ce domaine où l’objectif est de faire baisser la facture énergétique de 20% à l’horizon 2030. Si tout se passe bien, la première fournée des ingénieurs en efficacité énergétique devrait sortir à la fin de l’année académique prochaine, c’est-à-dire en juin 2020. En effet, l’agence vient de clôturer le «projet d’accompagnement de quatre établissements d’ingénierie pour l’intégration du module d’efficacité énergétique en industrie dans leur cursus de formation», lancé en collaboration avec son partenaire de la coopération technique allemande (GIZ) à travers son projet DKTI IV.

Quatre établissements pilotes 
Il s’agit notamment de l’École nationale des sciences appliquées de Tanger, l’École nationale des sciences appliquées d’Al Hoceïma, la Faculté des sciences et techniques de Tanger et de l’École nationale supérieure des mines de Rabat. Des établissements pilotes qui ont mobilisé 13 enseignants pour suivre pendant 9 mois une formation de formateurs dans l’efficacité énergétique. L’objectif étant d’une part de contribuer aux efforts déployés dans le domaine de l’efficacité énergétique en vue de fournir les compétences nécessaires en quantité et en qualité et d’autre part de développer une expertise nationale capable de relever le challenge visé par notre pays en matière d’économie d’énergie et de préservation de l’environnement. En effet, lors de cette formation délivrée par le cabinet suisse Planair, sur 4 sessions de 128 heures, ces derniers ont été familiarisés avec les mesures concrètes et rentables à mettre en oeuvre pour améliorer l’efficacité énergétique dans l’industrie. En matière d’éclairage, les modules ont, entre autres, porté sur l’efficacité lumineuse, la codification de l’indice de couleur (IRC) et de la température de couleur, la décharge dans un gaz, l’électroluminescence, le rendement du luminaire, le choix des ballasts, la gestion de l’éclairage, l’optimisation de l’intensité de l’éclairement, le dimensionnement par la méthode de l’utilance et le dimensionnement par la méthode de la puissance. Tandis qu’en matière de chauffage, ventilation et climatisation, c’était l’occasion de revoir les différents paramètres régissant le confort hygrothermique notamment les facteurs objectifs et les facteurs subjectifs et surtout le dimensionnement des installations où il faut faire très attention aux conditions internes de température d’hygrométrie, aux conditions extérieures de calcul, au taux de renouvellement d’air et aux déperditions ou apports associés. Bref, les experts de Planair ont déployé un module de formation en «efficacité énergétique en industrie» basé sur des pratiques internationales et adapté au contexte industriel marocain.

Plusieurs postes à pourvoir 
Et selon Samira Lakhlifi de l’AMEE qui a également participé à la formation, «les enseignants formés n’auront pas beaucoup de difficultés à s’approprier le module de formation de Planair. Il s’agit en effet de cours d’électricité et de physique dont ils sont familiers avec une orientation vers l’efficacité c’est-à-dire vers un dimensionnement et une pose qui tiennent compte de l’environnement où ces matériels sont déployés». Autrement dit, ces derniers n’auront aucun mal à démarrer la formation de ce module dans leur établissement respectif, ce qui devrait permettre de sortir rapidement des diplômés en efficacité énergétique dans l’industrie qui seront très bientôt très demandés sur le marché. En attendant, soulignons que depuis l’adoption de la loi 47-09 relative à l’efficacité énergétique, le gouvernement marocain ne cesse d’élaborer des décrets d’application relatifs aux études d’impact énergétique, à l’audit énergétique obligatoire et aux organismes d’audit et de contrôle technique. Ces efforts législatifs traduisent la volonté du pays de renforcer la cohérence entre sa stratégie des énergies renouvelables et sa politique d’efficacité énergétique. Ils ne peuvent aboutir aux résultats escomptés sans des actions de formation, de perfectionnement, de recherche scientifique et de démonstration technique pour promouvoir l’efficacité énergétique et les économies d’énergie, est-il expliqué.