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Économie

Le rapport ARCADIA, piloté par le Policy Center for the New South, se focalise sur le marché des matières premières en Afrique. Lecture dans un document inédit.

Le Policy Center for the New South (PCFNS) a présenté, mardi, à Paris la troisième édition de l’African Report on Commodity Analytics Dynamics in Africa (ARCADIA) sur «L’Afrique et les marchés mondiaux de matières premières 2019». «Il est important qu’avec ce rapport, nous apportions un état des lieux sur la problématique des marchés pour l’ensemble des matières arrêtés à fin 2018», précise Philippe Chalmin, fondateur de Cyclope et co-auteur du rapport. Les marchés ont été marqués par une importante volatilité en 2017 et 2018, pour des raisons économique mais aussi politiques. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et la montée des incertitudes ont pesé sur les perspectives macroéconomiques mondiales et sur le dynamisme des marchés. En revanche, l’Afrique a su tirer son épingle du jeu bien que l’hétérogénéité du continent demeure, tant au regard des performances économiques des pays qui le composent que de la conjoncture des différents marchés de commodités (agricoles, minérales, énergétiques) auxquels il est exposé.

La réalité de marchés
S’intéresser à l’Afrique et aux marchés mondiaux de matières premières, c’est certes comprendre la réalité de marchés aussi divers que ceux du cacao, du café ou de la vanille, du pétrole, du charbon ou du gaz, du cuivre, de l’or, du platine ou du phosphate, mais c’est aussi observer avec acuité les mutations structurelles du continent, selon la synthèse du rapport. Ce sont là, selon Yves Jégourel, Senior Fellow du PCFNS, autant de défis en matière d’alimentation, d’électrification et de ressources hydriques. Et d’ajouter qu’ARCADIA a adopté une double approche basée sur ces défi s structurels et le comportement des marchés, deux segments indissociables. Quant à Francis Perrin, Senior Fellow du PCFNS et président de Stratégies et politique énergétiques, il croit en l’avenir de l’Afrique au vu de son indéniable potentiel. 

«L’Afrique, c’est à peine 6% de la production mondiale et 4% de consommation alors qu’elle recèle d’énormes gisements de richesses. C’est donc un continent sous-exploité». Et d’ajouter que «dans le futur proche, bien des données changeront en Afrique, notamment par l’émergence de nouveaux pays producteurs de pétrole et de gaz, notamment le Sénégal, la Mauritanie et le Mozambique dès 2022, et dans certains cas dès 2019».

Le défi de la transparence
L’analyse de la disposition d’une immensité de ressources naturelles en Afrique pose avec acuité la question de la gouvernance. Entre un système centralisé et un modèle libéral, les États d’Afrique sont restés tiraillés entre les recommandations du FMI, soutenu par la France, pour un encadrement des marchés, et les pays anglo- saxons qui privilégient un libéralisme en diapason avec l’économie du marché. Or, plusieurs pays africains, baignant dans l’opacité et la rente, ont été perdus entre les deux modèles. Étienne Giros, président délégué du Conseil français des investissements en Afrique (CIAN), affirme que «Sur les 54 pays africains, 9 pays sont producteurs de pétrole et très peu n’ont aucune richesse naturelle ». Et d’ajouter que «Malheureusement, le continent ne profite pas pleinement de ses richesses pour des raisons de politique publique et de sécurité. Le continent est, dans plusieurs zones, dominé par les seigneurs de guerre ou des responsables politiques qui se soucient peu des principes de bonne gouvernance ». Giros conclut par une projection vers l’avenir et voit en l’Afrique le continent qui recèle toutes les richesses naturelles et qui a la plus grande réserve forestière mondiale. Il conditionne donc l’avenir du monde ainsi que l’avait dit Jean- Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français: «Si l’Afrique va bien, nos petits-enfants iront bien».


Karim El Aynaoui, président du PCFNS
L’originalité de ce rapport réside dans son caractère afro-africain. Il présente une perspective des matières premières du point de vue du continent africain et rassemble une grande palette d’experts de très haut niveau qui adhèrent à cet état d’esprit.

Francis Perrin, président de Stratégies et politiques énergétiques
Avec l’émergence de nouveaux pays africains producteurs de pétrole et de gaz, la nouvelle carte des producteurs de ces matières donnerait lieu à un troisième pôle en Afrique de l’Est et australe.

Bouchra Rahmouni, directrice de recherches au PCFNS
ARCADIA est la combinaison d’une analyse approfondie et croisée des marchés des matières premières des principaux pays producteurs et d’une explication macroéconomique qui permet une compréhension fi ne et complète de ces marchés en Afrique.


Au bénéfice du développement
Parvenu à sa troisième édition, dont deux sous le label «Arcadia», ce rapport a atteint sa vitesse de croisière. Il a pour ambition de servir, dans une logique constructive, le débat public portant sur les liens complexes unissant les matières premières aux pays africains et, partant, d’oeuvrer, modestement mais résolument en faveur du développement économique du continent. Cette volonté a conduit à opérer des modifi cations dans ce rapport dans le but permanent d’en améliorer la qualité. La plus importante d’entre elles concerne la périodicité de ce rapport, désormais bisannuel. Visant à permettre une publication plus tôt dans l’année, - un aspect crucial de toute analyse périodique s’inscrivant dans un contexte économique et politique mouvant- cette évolution implique que la période d’analyse couvre désormais deux années et non plus une.

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