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Devant ses collègues africains, dimanche à Dakhla, Anass Doukkali, ministre de la Santé, a listé les grands maux du secteur en Afrique et au Maroc. Pour lui, de grands remèdes s’imposent notamment dans la gestion de ce secteur.

«Il faut qu’on s’occupe convenablement de notre système de santé à travers une nouvelle approche». Ce sont les propos d’ Anass Doukkali, qui intervenait, dimanche 17 mars, à l’occasion d’une conférence intergouvernementale dédiée à la couverture santé universelle et la sécurité sanitaire en Afrique, en marge de la 5e édition du Forum Crans Montana. Il nous faut un nouveau «démarrage», a insisté le membre du gouvernement. Et pour ce faire, poursuit- t-il, il est nécessaire de renforcer le partenariat public-privé (PPP) tout en maintenant un système public fort, disponible et accessible à tous. Doukkali en appelle à une nouvelle dynamique axée sur la performance, des principes de gouvernance universels, une grande qualité de prestation et un meilleur contrôle des dépenses. Il s’agit de monter en puissance et en efficacité afi n d’atteindre la masse critique pour assurer de manière pérenne des missions permettant aux populations de bénéfi cier de la couverture sanitaire universelle (CSU).

Toujours selon Anass Doukkali, le PPP est un pilier important du secteur de la santé. «À un moment, le ministère de la Santé construisait ses propres hôpitaux. Non seulement cela prenait beaucoup de temps à l’État pour sortir de terre un établissement de santé digne de ce nom -les travaux pouvaient durer jusqu’à 12 ans- mais il fallait également dépenser beaucoup d’argent pour achever un hôpital», explique-t-il.

Or, aujourd’hui, de nombreux grands groupes proposent des financements «mieux adaptés et plus avantageux que les financements budgétaires». «Ceux-ci nous reviendront à de meilleurs coûts avec un savoir-faire et une maîtrise d’ouvrage incontestables, en termes de maintenance des équipements, chose essentielle dans la gestion de nos hôpitaux», dira Anass Doukkali. «Allez faire des visites dans nos hôpitaux. Deux ou trois ans après leur mise en service, on dirait qu’ils ont vingt ans, parce qu’on ne s’occupe pas de la maintenance des équipements et de la formation du personnel », déplore-t-il.

Et toujours concernant le chapitre du financement et des coûts, le ministre rappelle que le Maroc a augmenté son budget de santé de 10,4% ces dernières années soit 5,60% du budget national, ce qui est loin d’être suffisant. C’est en deçà de la moyenne européenne, reconnaît le ministre. «Oui, il faut mettre davantage d’argent dans la santé sinon il y a risque de déperdition et de «fuite» de nos meilleurs médecins », alerte l’ancien directeur de l’Agence nationale de la promotion de l’emploi et des compétences (Anapec).

Par ailleurs, Anass Doukkali a insisté sur la nécessité, pour les pays africains, d’encourager le développement des laboratoires de référence en santé publique, la mise en place de taxes concernant tout ce qui est nuisible à la santé des consommateurs. En revanche, tout ce qui est bon pour la santé doit être détaxé. «Il faut taxer le sucre dans les boissons, le sel dans les aliments, ou encore l’alcool», a-t-il répété, avant de se réjouir des résultats de la taxe sur le tabac au Maroc: «La taxe sur le tabac au Maroc comporte de nombreuses vertus: celle-ci a empêché à de nombreux enfants marocains d’accéder à ce produit». Enfin pour le ministre, le continent ne peut se développer sans un bon système de santé


Anass Doukkali
Ministre de la Santé
Allez faire des visites dans nos hôpitaux. Deux ou trois ans après leur mise en service, on dirait qu’ils ont vingt ans, parce qu’on ne s’occupe pas de la maintenance des équipements et de la formation du personnel.


Déclaration de Dakhla

En vue de l’accès universel à des services de santé, une gestion plus efficace des infrastructures sanitaires, la promotion de l’innovation ainsi que la mobilisation des ressources financières et humaines, le département de la Santé a proposé une «Déclaration de Dakhla» à l’issue de la 5e édition du Forum Crans Montana. Celle-ci devra permettre une refonte des systèmes sanitaires africains. La déclaration s’articule autour de six axes mesurables en cinq ans à savoir l’accès aux systèmes de santé d’une meilleure qualité de soin pour au moins 75% des populations africaines; une réduction de la mortalité maternelle et infantile effective, conformément aux ODD; la promotion de l’innovation dans le financement des systèmes de santé à travers une participation des entreprises et des collectivités locales, dans l’objectif de baisser sensiblement les dépenses pour les ménages (25%); un système de régulation intégré et de qualité pour l’accès aux médicaments à travers le renforcement de l’action de l’Agence africaine du médicament; un système de vigilance épidémiologique africain réactif qui favorise les échanges d’informations et, enfin, favoriser l’intégration des nouvelles technologies et de l’information notamment dans le secteur hospitalier, à hauteur de 20%, pour rapprocher les prestations de santé des populations.

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