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Le Groupement des pétroliers du Maroc se dit prêt à respecter la loi sur le plafonnement une fois adoptée mais il met en garde contre un éventuel retour à la subvention. Daoudi défend le droit de faire respecter une limite des prix à la pompe qui ne soit pas préjudiciable au pouvoir d’achat via une loi coercitive. 

La détermination de Lahcen Daoudi n’a d’égal que sa patience le temps que le Conseil de la concurrence ait livré son verdict sur le plafonnement des marges bénéficiaires des sociétés de distribution. Le ministre des Affaires générales et de la gouvernance vient d’annoncer que le plafonnement sera appliqué comme mécanisme et non en tant que solution finale pour protéger le pouvoir d'achat des citoyens contre les prix élevés du carburant. Il a ainsi implicitement déclaré que les prix sont trop élevés pour ce qu’ils représentent aujourd’hui. Pour le simple observateur, les prix du carburant ont baissé d’environ un dirham durant la phase d’examen du dossier par le Conseil de la concurrence mais ils ont repris leur ascension juste après que l’avis anti-plafonnement a été livré.

Contacté par les Inspirations ÉCO, Adil Ziady, président du Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) voit les choses autrement. Il ne jure que par le diktat des prix à l’international qui serait à l’origine de cette dernière hausse qui flirte avec les 10 DH/litre pour le gasoil. «Les sociétés de distribution n’ont aucun rapport avec les prix. Ces derniers sont constitués à 90% du prix à l’international et de la TIC», a-t-il soutenu.

Et d’ajouter que 3,2 DH/litre de gasoil sont absorbés par la TIC et la TVA uniquement avant de réitérer que les tarifs au Maroc sont les plus bas parmi 28 pays de la région selon un benchmark. Tout cela est bien beau sauf que Daoudi s’accroche mordicus à la mise en œuvre du plafonnement, par le biais d’une loi, prévue vers la fin du mois de mars. Le ministre aura attendu presque un mois en respect de l’article 4 de la loi sur la concurrence qui stipule le recours à l’avis du Conseil de la concurrence avant toute prise de décision concernant les prix. En effet, quand bien même le conseil décrète le caractère anti-concurrentiel du plafonnement, son avis n’est pas exigible au gouvernement qui a toute la latitude pour appliquer sa propre vision. Et Daoudi compte bien aller jusqu’au bout de son raisonnement, qu’il défendait depuis le début de la crise.

Contacté pour avoir plus de détails, Daoudi était en réunion. Quant à Ziady, il s’est dit prêt à respecter les dispositions d’une éventuelle loi qui introduirait le plafonnement mais il n’a pas caché non plus son «étonnement» qu’il y ait déjà un problème. «Nous avons signé un accord avec le gouvernement de 10 MMDH sur 5 ans pour la constitution des stocks, la rénovation du réseau, une meilleure couverture territoriale. Ceci tout en subissant une structure des prix désuète qui date de 1997. Je ne vois pas où il y a problème», a-t-il enchaîné.

Dans ce contexte, Daoudi compte reprendre langue avec le GPM pour une bonne implémentation du plafonnement sans heurts. Le rendez-vous n’a pas encore été fixé mais l’on s’attend à ce qu’une réunion puisse avoir lieu dans les jours qui viennent. Ceci dit, est-ce que le plafonnement des marges est aussi préjudiciable pour les sociétés de distribution comme celles-ci l’entendent ? Ce n’est pas très sûr comme l’a expliqué aux Inspirations ÉCO, El Houssine El Yamani, coordinateur du Front national pour la sauvegarde de la raffinerie marocaine de pétrole. Il a indiqué que le plafonnement permettrait de passer d’un gain de 700 DH/tonne avant la libéralisation à 1.100 DH/tonne. Toutefois, pour lui, les concernés voudraient bien négocier une meilleure marge sans pour autant s’opposer au plafonnement. Il n’en reste pas moins que ce procédé de maîtrise du marché est à double tranchant pour le gouvernement. D’un point de vue politique, il aura gagné des points précieux auprès des citoyens mais il se mettra par la même occasion directement en prise avec leur mécontentement chaque fois que les prix emprunteront un trend haussier car l’application du plafonnement impliquerait la fixation des prix tous les 15 jours par le gouvernement.

Pour Ziady, il y a surtout le risque que l’Exécutif soit contraint de revenir à la subvention lorsque les prix à l’international augmenteront. Daoudi pense au contraire qu’une loi sur le plafonnement donnera plus d’ascendant au gouvernement afin de sanctionner ceux qui ne respectent pas la limite des prix établis. Il s’est dit pour la libéralisation et la concurrence mais dans la limite du raisonnable sans impacter le pouvoir d’achat des Marocains. Sur un autre registre, certaines voix chuchotent que l’histoire du plafonnement serait l’arbre qui cache la forêt. Le vrai enjeu étant d’avoir une politique cohérente et une vision claire sur le raffinage au Maroc. Le retentissant mutisme du gouvernement sur le redémarrage ou non de la Samir cache-t-il d’autres enjeux économiques et/ou politiques ? Seul l’avenir le dira. 

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