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Économie

Il refuse des assises qui ne déboucheraient que sur des ajustements. Il a mis en garde contre «les lobbies maléfiques» qui cherchent à affaiblir la voix de la confédération.

C’est un discours fédérateur que Salaheddine Mezouar a prononcé, hier à Rabat, devant les membres du bureau de la CGEM Rabat-Salé-Kénitra. Le patron des patrons s’adressait au bureau régional, mais à travers lui -et par ricochet- à toutes les représentations régionales de la confédération. Il a parlé d’un «momentum» pour le secteur privé qui doit faire entendre sa voix dans un contexte marqué par les prochaines Assises de la fiscalité, prévues les 3 et 4 mai prochain à Skhirat, les Assises de l’emploi, sans oublier la réflexion nationale sur le modèle de développement du pays. Mais il a surtout marqué les esprits en soulignant que «dans cette réflexion collective, il faut que le secteur privé parle de la même voix. Et comme il y a des lobbies maléfiques, il faut rester vigilant». Et le président de la CGEM d'enchaîner, indiquant qu’il faut préserver la CGEM des influences qui cherchent à l’affaiblir. Il faut donc renforcer la cohésion, notamment en perspective des grands changements qui attendent le pays, principalement au niveau régional et en matière de climat des affaires, thématique même de la rencontre. Il cherche dans ce sens à réaliser la bonne articulation entre les CGEM régionales et les commissions et fédérations, membres de la confédération. Quelles sont alors les priorités de cette dernière dans le contexte économique, sociale et environnemental du pays ? Mezouar a commencé par évoquer le Small Business Act, le qualifiant de priorité de la CGEM pour 2019 en partenariat avec le ministère des Finances.

Pour lui, la PME, sa santé financière et l’environnement dans laquelle elle évolue sont des questions de première importance. Mais en fin stratège, Mezouar veut aussi qu’en vue des Assises de la fiscalité, la confédération ait un impact réel sur les décisions et les grandes orientations. Il veut aussi que la confédération patronale soit présente au niveau territorial: «Le temps des territoires est venu. Il n’y aura pas de développement ni de croissance sans les territoires et un secteur privé structuré en conformité, éthique et fort pour qu’il soit écouté».

Dans ce sens, il a exhorté les membres du bureau régional de Rabat-Salé-Kénitra à capitaliser sur les dispositifs mis en place en matière de financement et de recapitalisation des entreprises. Et Mezouar de rebondir sur un sujet qui lui tient particulièrement à cœur: «Le délai de paiement est important car il y a asphyxie générale quand l’argent ne tourne pas, compromettant même la croissance du PIB». Il a cité, dans ce sens, l’effort de la CGEM pour introduire le concept d’exemplarité de l’État, réduire les délais et fluidifier le circuit. Ce qui ne manquera pas d’avoir un impact sur le financement inter-entreprises. «Sur les 8.000 disparitions d’entreprise au Maroc en 2017, 40% sont dues au délai de paiement. Mais la réalité est beaucoup plus préoccupante», a-t-il rappelé. Haussant davantage le ton, Mezouar tonne que «si les Assises de la fiscalité ne débouchent que sur quelques ajustements, on n’en a pas besoin». En d’autres termes, les entreprises veulent de la visibilité sur les 5 ou 10 prochaines années, et que la pression fiscale diminue pour le secteur productif et soit suffisamment incitative pour attirer les investissements. Devant un parterre attentif, le président de la CGEM a fixé à la mi-mars prochaine une réunion d’évaluation et une autre en avril pour arriver mieux armés aux Assises de la fiscalité. Il les a aussi incités à réfléchir sur des solutions pragmatiques pour la promotion de l’emploi, notamment en préparation de ces assises. 


Une formation adaptée

Les entreprises de la région ont demandé à ce qu’elles soient associées à la définition des cursus, notamment pour les masters. C’est dire combien le souci de l’adéquation de la formation aux besoins de l’entreprises est présent dans les esprits. Elles ont également revendiqué (si l’on peut adopter un ton syndical) une loi sur la recherche scientifique et un fonds de soutien à la recherche et développement pour les PME, ainsi qu’une gouvernance de l’innovation plus claire, quitte à créer une agence dédiée combinée à un système d’évaluation de la recherche. Et enfin, des bourses d’excellence pour les chercheurs et doctorants afin qu’ils n’abandonnent pas leurs recherches au profit de postes plus rémunérateurs.

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