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Économie

L’utilisation des chaudières améliorées peut se faire avec un retour sur investissement en seulement 4 mois. La forêt souffre d’un déficit annuel de 3 millions de tonnes de bois, ce qui pose un sérieux problème de régénération du capital forestier marocain.

Au Maroc, le hammam traditionnel joue un rôle central, économique et social, au-delà même de sa fonction initiale qui est celle de se laver. L’utilisation du bois dans les hammams publics commence à poser de sérieuses questions d’ordre énergétique et environnemental. Au Maroc, on ne compte pas moins de 12.000 hammams qui consomment environ 70% du bois consommé en milieu urbain. En effet, le Maroc consomme annuellement 11 millions de tonnes de bois dont 6 millions de tonnes, soit 53% prélevés directement au niveau des forêts, ce qui soumet ces dernières à une pression inégalée sachant que leur potentiel annuel ne dépasse pas 3 millions de tonnes. Le reste est puisé dans le capital forestier qui s’amenuise à vue d’œil. C’est dans ce contexte particulier que l’Agence marocaine pour l’efficacité énergétique (AMEE) a organisé hier à Rabat un atelier de sensibilisation sur les bonnes pratiques d’économie d’énergie dans les hammams publics. Dans son intervention d’ouverture de cet atelier, Aziz Rebbah a mis en relief les enjeux d’une pression trop accrue sur les ressources naturelles tout en mettant en exergue la biomasse comme alternative viable et respectueuse de l’environnement. Le ministre de l’Énergie et des mines a recensé les avantages d’une reconversion qui peut même s’avérer économiquement plus appropriée.

En effet, selon Khadija Kadiri, responsable de l’Association Khadija Kadiri, vice-présidente de l’association Attadamoune des propriétaires des hammams traditionnels, a expliqué que la biomasse donne des résultats meilleurs. «Alors que l’utilisation du bois coûte 700 DH par jour pour un hammam, la biomasse ne dépasse pas les 400 DH avec le même résultat, à savoir une enceinte chauffée entre 43 et 45 C°», a-t-elle expliqué.

En termes de retour sur investissements, l’acquisition d’un brûleur à 40.000 DH peut-être rentabilisée en 2 jusqu’à 4 mois, indique Kadiri qui considère que l’impact sur l’environnement, la forêt et les conditions de travail dans les hammams s’en trouvent considérablement améliorées, ce qui in fine donne accès au label Hammam durable. Pour Baba Driss, chef de la division de l’économie forestière au Haut-commissariat aux eaux et forêts, ce dernier a mis en place une stratégie pour pallier au phénomène de déforestation qui a été présentée au Siam en 2018. Elle vise à remédier au déséquilibre qui existe aujourd’hui entre les besoins et les ressources forestières. Il a surtout attiré l’attention sur le fait que 90% du bois prélevé dans les forêts est utilisé en milieu rural pour la cuisson et le chauffage, ce qui a poussé le ministère à lancer une campagne de sensibilisation pour l’acquisition de fours qui consomment moins de bois avec un rendement énergétique meilleur. Toutefois, ce genre d’initiative doit être généralisé pour gagner sur l’effet de masse et pouvoir réduire considérablement le stress forestier. C’est dans cet esprit que l’Amee développe aujourd’hui un prototype de chaudières à brûleur multi-combustibles, en collaboration avec les propriétaires et exploitants des hammams.

Pour Ahmed Nouhi, acteur dans le secteur des hammams publics, les professionnels sont désormais conscients des avantages de la biomasse et de la technologie des chaudières améliorées, ce qui à terme pourrait se répercuter positivement sur les gains d’un secteur qui a de plus en plus de mal à réaliser des bénéfices. «Le secteur connaît des contraintes de rentabilité à cause notamment du pullulement des hammams sans respect de la distance légale et des spécifications du bain traditionnel comme reconnu par les Marocains», a-t-il expliqué. Et le professionnel de conclure qu’il faut mettre en place un cahier des charges exigibles aux nouvelles unités. 


Un gain en énergie de 40%

L’utilisation des moyens de rationalisation de la consommation d’énergie et le recours aux chaudières améliorées sont susceptibles d’augmenter le rendement énergétique de 40%. Et ce n’est pas la biomasse de qualité qui manque au Maroc. Le pays regorge de grignons d’olives, d’écorces d’argan et de coques d’amandes ainsi que d’autres résidus et déchets organiques qui représentent une alternative au bois de feu. Cela contribuera à la préservation des écosystèmes forestiers tout en assurant un approvisionnement durable en combustible du secteur des hammams avec des coûts raisonnables.

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