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Économie

 

La suppression de la subvention des produits pétroliers a permis de dégager 40 MMDH de ressources financières pour le budget de l’État. Comment les Finances ont-elles géré cette manne ? Bilan d’étape.

L’économie marocaine a-t-elle pleinement profité de la décompensation des produits pétroliers décidée fin 2014 ? Pour répondre à cette question, les équipes de la re- cherche à CDG Capital se sont penchées sur une comparaison des fondamentaux de l’économie durant les trois dernières années.

Rappelons quelques faits : la décision de cesser de subventionner trois produits pétroliers (gasoil, essence et fuel N2) a permis à l’État d’économiser 41 MMDH à partir de 2015. Cette décision stratégique pouvait permettre à la structure des dépenses, longtemps inamovible (voir graphique) de s’inverser en faveur de l’investissement comme l’a promis le gouvernement à cette époque.

«Cette marge financière importante a été, à mon sens, plutôt mal exploitée. Ces ressources ont été orientées vers les  charges de fonctionnement au lieu d’être redirigées vers l’investissement productif», observe un économiste de CDG Capital Research. 

Cette analyse a été présentée le 21 janvier à Casablanca dans le cadre d’un nouveau rendez-vous de la filiale finance de la CDG, dédié «au bilan de réformes et orientations structurelles concernant l'économie nationale et les marchés des capitaux». Ce premier rendez-vous a permis le décryptage des mesures de la LF 2019.

Objectif : stabiliser les dépenses

L’année 2014 marque un tournant dans les finances publiques. Durant cette année là, la décompensation est actée avec un passage de la charge de la compensation de 35 à 17MMDH attendus pour 2018. En 2015, la nouvelle Loi organique des finances (LOF) entre en vigueur, ce qui lance une nouvelle méthode en matière de conduite financière de l’État.

«Depuis 2015, les Lois de finances sont devenues des lois de recettes avec une exécution des investissements en fonction des marges dégagées de la couverture des recettes fiscales et de la décompensation», estiment les chercheurs au sein de CDG Capital. Cette marge de manœuvre gagnée par la décision de la décompensation n’apparaît pas dans les décisions et les volumes de l’investissement public. «La part des dépenses allouées à l’investissement s’affiche faible, oscillant dans une fourchette de 19 et 25%», note CDG Capital Research.

Deux tendances sont observées, un avant et après 2013.«Une forte baisse de cette part avant 2013, en liaison avec la montée en puissance des charges de compensation/endettement», explique le département recherches de CDG Capital. Et d’ajouter : «une légère reprise est observée après l’engagement de la réforme de la décompensation».

Pour l’économiste de CDG Capital, plusieurs opportunités existaient pour mieux exploiter cette bouffée d’oxygène financière. «Certes une partie des budgets économisés ont été orientés vers l’investissement mais qui n’est pas toujours productif. Cette marge pouvait permettre d’alléger la pression fiscale sur la consom- mation ou l’investissement et in fine stimuler la croissance», propose-t-il.

La troisième piste possible était celle du désendettement. «L’objectif est de se donner plus de marges pour le futur et permettre à l’État d’être à l’aise dans ses levées de fonds à l’international. Il demeure que la réforme de la Caisse de com- pensation s’attelle dans le temps et fait encore l’objet de discussions», continue-t-il.

Pour le gouvernement, l’essentiel de cette opération visait en priorité de stabiliser les dépenses. En actant cette décision, les deux gouvernements successifs depuis 2015 se sont assurés d’un niveau de dépenses ordinaires stable. «Après la décompensation des carburants, les prévisions des dépenses ordinaires s’affichent quasi en ligne avec les prévisions», analysent les spécialistes en macro- économie à CDG Capital.

Le gouvernement a réussi à réduire le déficit sans pour autant faire baisser l'endettement. Seules les prévisions du prix du gaz sur le marché mondial ont été incluses dans le projet de 2019. Un cours qui s’inscrit à la hausse une nouvelle année avec 625 USD/T, soit une hausse de 92 USD, ce qui devrait peser sur la charge de la compensation qui devrait progresser de 7% cette année. Une rubrique qui passera de 17,2 à 18,4 MMDH pour 2019. Nous sommes bien loin des budgets observés en 2012 avec un pic de 48 MMDH pour les produits pétroliers.

 

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