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Économie

Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen et Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’ONEE,  ont été sommés par le roi de revoir à la hausse les ambitions climatiques du Maroc. 

Le triumvirat de l’énergie a du pain sur la planche! Jeudi dernier, Aziz Rabbah, ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable, Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen et Abderrahim El Hafidi, directeur général de l’ONEE ont été sommés par le roi de revoir à la hausse les ambitions climatiques du Maroc. Autrement dit, il s'agit de porter la  Contribution déterminée au niveau national (CDN) Maroc à plus de 42% de réduction d’émission de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 et d’aller au-delà de l’objectif de produire plus de 52% de l’électricité à partir de sources renouvelables à la même échéance.

Une directive hautement stratégique
Cette directive du souverain, qui est hautement stratégique, est une réaction aux recommandations du Groupement intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), qui a demandé aux États de prendre leur responsabilité en acceptant le principe de devoir relever le niveau de leurs engagements de réduction d’émission de GES. Une initiative sans laquelle la bataille du climat risque d’être perdue. Puisque, comme l’a révélé l’étude du GIEC - commandée par les 197 États signataires de l’Accord de Paris, parmi lesquels figurent le Maroc - dont les résultats ont été rendus publics le 8 octobre dernier, en 2017-2018 déjà, le monde a déjà atteint 1°C d’augmentation du mercure depuis l’époque préindustrielle. Et si le statut quo est maintenu, le monde connaîtra une hausse de 1,5°C de la moyenne des températures entre 2030 et 2052. Soit 48 ans avant l’échéance de 2100 de l’Accord de Paris. Cela entraînerait des catastrophes irréversibles autant pour les humains que pour beaucoup d’autres espèces vivantes. Cette directive royale vise donc à ce que le Maroc prenne rapidement position par rapport à ces recommandations. Les enjeux sont énormes parce qu’il s’agit pour le royaume de maintenir l’engagement de ses acteurs et la dynamique créée autour des différentes thématiques du changement climatique ces dernières années, de consolider son leadership dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de continuer à promouvoir les initiatives lancées lors de la COP22. Un véritable défi pour le triumvirat qui doit fournir un projet qui tienne la route avant le 2 décembre, date d’ouverture de la COP24, prévue à Katowice (Pologne), où la Convention-cadre des Nations unies sur le changement climatique (CNUCC) attend de pied ferme les États.

Difficile équation
L’étude du GIEC a fourni quelques premières indications. Selon les recommandations, la bataille du climat pourrait être gagnée si les émissions de GES mondiales baissaient de 45% d’ici 2030 (par rapport à 2010), et la part des énergies renouvelables pour la production d’électricité passe entre 70 et 85% en 2050. Conscient de la difficulté de l’équation, le roi a également indiqué des pistes de travail à sa «task force». Il leur a notamment demandé de mettre à contribution la biomasse et l’efficacité énergétique à travers l’exemplarité de l’administration publique. Pour développer la biomasse, qui sera donc officiellement la 4e source de production électrique à partir d’énergie renouvelable aux côtés du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique -qui regorgent encore de grandes potentialités- le souverain a clairement parlé de valorisation des décharges en biogaz, notamment en citant le cas de Casablanca. Ici, c’est Aziz Rabbah qui est directement interpellé. D’abord, le ministre de l’Énergie, des mines et du développement durable devra accélérer la cadence pour publier au plus vite les textes d’application de la loi n°13-09 visant à promouvoir et libéraliser le secteur des énergies renouvelables, notamment concernant l’accès à des installations de production d’électricité de moyenne et basse tensions de sources renouvelables. Rabbah devra ensuite convaincre son collègue de l’Intérieur de publier rapidement un arrêté conjoint visant à définir les volumes d’intégration des énergies renouvelables dans chaque zone de distribution électrique du pays. Les régies-concessionnaires et les gestionnaires des 25 décharges contrôlées et centres d’enfouissement et de valorisation (CEV) attendent avec impatience ce dénouement. Pour les premiers, le recours au biogaz pour l’éclairage public pourra leur permettre de baisser de 10 à 12% leur facture énergétique. Les autres pourront  valoriser le biogaz, rentabiliser leur investissement et réduire les émissions de GES dans le pays. En effet, la production de biogaz issu de 3 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés permet de réduire les émissions de GES de 60.000 tonnes équivalent CO2 par an. Pour développer l’efficacité énergétique, le souverain a recommandé de revoir les performances énergétiques de tous les bâtiments abritant des administrations publiques.  Et ici, c’est Saïd Mouline qui est interpellé pour atténuer voire carrément stopper l’hémorragie.   

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