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Économie

Les tendances du tourisme international imposent une requalification de la vocation touristique de certaines destinations. L’offre doit se diversifier pour répondre à la demande. 

«Avoir des stations balnéaires ne veut pas dire oublier tout le reste», Amyn Alami, acteur du secteur touristique et co-auteur du rapport des comités d’expert établi, est catégorique. Invité mardi 18 septembre à disserter sur la redynamisation du tourisme, il plaide pour la diversification de l’offre touristique marocaine. En effet, créées pour et autour d’une activité touristique unique, les stations actuelles sont confrontées à une série de difficultés qui conduisent leurs gestionnaires à envisager des opérations de requalification urbaine destinées à prévenir ou à enrayer une baisse de la fréquentation touristique. Ces stations, du littoral et de la montagne, s’inscrivent dans un contexte en mutation, tant du point de vue de l’offre (vieillissement du cadre bâti, concurrence accrue entre les destinations, injonction du développement durable, etc.) que de la demande (forte saisonnalité, évolution des pratiques et attentes des clientèles touristiques devenues plus mobiles et volatiles, etc.).

Ainsi, la réflexion autour d’un nouveau modèle de développement impliquera une requalification de plusieurs destinations touristiques et la promotion du «non-balnéaire». Les opérateurs du secteur sont vivement appelés à s'inscrire dans la dynamique de la politique de régionalisation. Une politique où les centres régionaux du tourisme (CRT) sont appelés à jouer un vrai rôle de décideur sur fond d'autonomie financière. En tout cas, la volonté est de confirmer la place de l'industrie touristique dans la stratégie des plans de développement économique du Maroc. En dépit des faiblesses du secteur, les opérateurs placent encore beaucoup d'espoirs dans les six chantiers identifiés, pour mener à terme la Vision 2020, notamment le produit, le transport aérien, le marketing et promotion, la formation, l'environnement touristique et l'organisation institutionnelle. L'offre actuelle est, certes, riche et variée, mais elle ne suffit pas à se distinguer au niveau international. «L'argument de la capacité litière est certes recevable, mais encore faut-il l'inscrire dans une politique d'ensemble», indique Alamy.

Pour ce faire, d'autres leviers doivent être lancés. Les professionnels privilégient à ce titre le qualitatif, un volet primordial à développer. Ainsi, il faudra des études de marché «sérieuses» afin d’opérer la mise à niveau. L'ensemble des professionnels du tourisme s'inscrivent dans une démarche qualité axée sur les besoins de la clientèle, destinée à valoriser le produit touristique ainsi que l'image de la destination Maroc. Encore mieux, le programme tend à améliorer la compétitivité du secteur, à renforcer sa capacité à faire face aux aléas extérieurs à la conjoncture, à stimuler la croissance en termes de résultats financiers, de recettes en devises et de création d'emplois et à favoriser l'émergence d'un nouveau modèle de développement fondé sur la demande extérieure. Les recommandations du comité d’experts indiquent également que la mise à niveau des ressources humaines est incontournable.

Dans son dernier rapport, la Cour des comptes a ainsi relevé que la programmation des filières et des effectifs à former par les instituts de formation n’est pas encadrée par des orientations du département visant à accompagner l’évolution des tendances de l’industrie touristique, soulignant, dans ce cadre, que «les instituts relevant du ministère n’ont assuré la formation que de 12% de l’ensemble des lauréats aux métiers du tourisme en 2014. Le reste étant formé par les instituts de formation relevant de l’OFPPT et du secteur privé».

En outre, au niveau de presque la totalité des instituts de formation professionnelle relevant du ministère, l’effectif du personnel administratif dépasse largement celui des formateurs, parfois jusqu'à en constituer le double. Concernant l’employabilité des lauréats des instituts de formation, la Cour constate qu'aucun mécanisme n’est instauré ni au sein du ministère, ni au sein des instituts de formation pour permettre le suivi du rythme d’insertion des lauréats, et ce contrairement à ce qui était prévu par la Vision 2020, note la même source. 


Des synergies difficiles à mettre en place

Alors que l’heure est à la mobilisation de tous les acteurs afin d’appréhender au mieux les nouveaux défis du tourisme international, les instances représentatives du secteur sont toujours sur le pied de guerre. La Confédération nationale du tourisme (CNT) a ainsi été désertée par plusieurs opérateurs de sous-secteurs différents (restauration, transport, investissements…). Si la stratégie du nouveau patron de la CGEM, Salaheddine Mezouar, est celle de la conciliation, il faudra du temps afin que tous les acteurs s’assoient à la même table…

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