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Économie

Si le PIB continue de progresser et que les grands équilibres macro-économiques sont maintenus, le potentiel de l’économie nationale n’est pas encore atteint...

«Les performances macro-économiques s’inscrivent dans le cadre d’une croissance économique plutôt faible soumise encore, même avec un degré moindre, aux aléas pluviométriques avec une offre à faible contenu en technologie et en capacité d’exportation, peu créatrice d’emplois qualifiés et peu contributive à la réduction des inégalités sociales et territoriales», c’est le constat d’Ahmed Lahlimi (photo), Haut commissaire au Plan lors de la présentation de la situation macro-économique nationale en 2018 et les perspectives de son évolution en 2019, mardi 10 juillet.

Pourtant, les secteurs clés de l’économie se portent bien : le royaume a bénéficié de l’une de ses meilleures campagnes agricoles, portée par le rendement élevé de la céréaliculture et une bonne orientation de ses cultures classiques notamment maraîchères et arboricoles. Aussi, les activités non-agricoles devraient poursuivre leur tendance haussière à 3,1% en 2018 et 3,2% en 2019, après 2,8% en 2017, bénéficiant des activités traditionnelles du secteur secondaire, notamment industrielles et minières et d’un secteur tertiaire, dont la croissance devrait passer de 2,7% en 2017 à 3,1% en 2018 et 2019, profitant en particulier d’un renouveau du dynamisme du secteur touristique. Globalement, le PIB devrait s’accroître en volume de 3,1% en 2018 et 2,9% en 2019, après 4,1% réalisés en 2017 dans un contexte où le taux de chômage ne devrait guère connaître d’amélioration et où l’inflation intérieure serait avec 1,7% en 2018 et 1,3% en 2019, le double de ce qu’elle était en 2017. Et c’est la demande intérieure qui continuerait à tirer la croissance économique. Elle devrait enregistrer un accroissement de 3,5% en 2018 et 2,9% en 2019 avec une contribution à la croissance respectivement de 3,8 points en 2018 et 3,2 points en 2019.

La consommation finale des ménages avec une croissance respectivement de 3,3% et 3,4% continuerait à s’améliorer en 2018 et 2019, bénéficiant de l’amélioration des revenus agricoles et de la consolidation de la croissance des activités non-agricoles. Ainsi les grands équilibres macro-économiques devraient être maintenus selon le HCP grâce notamment à l’investissement qui a renoué avec la vigueur qu’il a connue depuis les années 2000. La consommation des ménages a maintenu une relative stabilité de son taux de croissance de l’après crise de 2008. Le taux d’inflation est resté plutôt faible après une période où s’exprimaient des craintes d’une menace déflationniste. Le déficit budgétaire a baissé de 6,8% du PIB en 2012 à près de 3,4% en 2017, même s’il devrait connaître une légère hausse en 2018 et 2019. Le déficit du compte courant de la balance des paiements a de son côté baissé de 9,5% du PIB en 2012 à 3,6% en 2017 et 4,1% en 2018. L’endettement public après une augmentation alarmante entre 2010 et 2014 s’est relativement stabilisé au cours de la période 2015-2018. «Il semble ainsi qu'au regard du niveau de la richesse nationale et du potentiel de mobilisation des ressources les efforts fournis par le pays et sa population pourraient donner lieu à un meilleur rendement», martèle néanmoins Lahlimi.

Ainsi, les réformes à envisager ne doivent plus seulement se baser sur les «seules performances  macro-économiques de conjoncture». Selon lui, seule une analyse dans une démarche prospective des données structurelles de la réalité économique et sociale nationale d’une part et celles géoéconomiques et géopolitiques internationales d’autre part devrait fonder la pertinence et la sécurisation des effets de toute décision de réforme à caractère structurel. «Cette évidence s’impose d’autant plus que le contexte international connaît une dynamique d’ébrèchement de tout le savoir conventionnel apporté par une mondialisation triomphante des années 80 et des orthodoxies de gestion économique, financière et sociale qui sont devenues la bible des conseils, voire des injonctions auxquelles sont soumis depuis 50 ans les pays en développement», conclut-il.


Chiffres clés de 2018

3,1%
Croissance

5,9% du PIB
Épargne nationale

82,6% du PIB
Endettement public

1,7%
Inflation


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La guerre commerciale qui fait rage entre les USA, le Canada, l’Europe et la Chine dessine de nouveaux rapports de forces géopolitiques. Selon Lahlimi, «la principale leçon qu’il convient de retenir de cela est que le régime des changes n’est pas une simple variable financière mais un outil de politique économique». Il ajoute : «Si je m’étais abstenu de commenter cette décision gouvernementale, j’ai en revanche voulu saisir l’occasion pour interpeller le FMI sur ses récurrentes recommandations aux pays en voie de développement dans ce domaine et sur les résultats des évaluations sur lesquelles elles se basent dans le cas de chaque pays».

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