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Économie

Le mouvement du boycott continue d’alimenter le débat public. Une action citoyenne qui se propage du champ économique au monde politique.

Ils étaient une centaine de personnes à avoir choisi d’assister à ce débat organisé par le nouveau think tank Les Citoyens, sur le mouvement du boycott et la vie chère au Maroc, tenu le 19 juin. Pourtant, au même moment, la concurrence était de taille mondiale avec la rencontre Égypte/Russie comptant pour le Mondial. Abdellah Tourabi, membre de Les Citoyens et modérateur de ce débat revient sur le choix du thème du jour : «Ce sujet ne peut que susciter l’intérêt au sein de notre association. Nous avons préféré de le décaler après le Ramadan et débattre de cette question qui est sur la place publique». En tête d’affiche de ce débat, Omar Balafrej, député de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), Manal El Aboubi, économiste et chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat et Mustapha Sehimi, politologue. Les trois intervenants ne sont pas sur la même longueur d’onde, mais ils s’accordent à dire que «ce mouvement du boycott est une surprise». Heureuse ou malheureuse ? Les trois interventions ont tenté de faire l’inventaire de deux mois d’une mobilisation démarrée dans la sphère virtuelle pour atteindre de plein fouet l’activité économique et déstabiliser le champ politique (voir aussi p.3).

Crise multiple
«Je suis surpris par l’ampleur mais pas par le timing. En visitant plusieurs villes moyennes, on se rend compte d’une colère profonde de la population. Le Rif et Jerada étaient des signaux d’alarme mais cette colère ne se limite pas à ces deux régions. À cela s’ajoute la situation économique, le taux d’emploi [à ne pas confondre avec le taux de chômage] est à son plus bas avec 42%. Nous sommes à des niveaux similaire à ceux de la Grèce en pleine crise économique où cet indicateur était de 48%», compare, alarmiste, Balafrej. Aboubi s’accorde à dire aussi que ce mouvement est synonyme de «crise», que cette économiste situe «au niveau des pratiques des entreprises. C’est un épreuve de la Responsabilité sociale des entreprises (RSE)», observe-t-on. Pour sa part Sehimi localise la crise «au niveau du système institutionnel». Et d’expliciter sa pensée : «Le système est face à une crise inédite. Le système répressif n’y peut rien. À l’exception du FGD, les partis politiques n’ont pas apporté de réponses à ce mouvement. Le gouvernement a attendu 20 jours pour réagir, et ensuite publier un communiqué menaçant». Ce diagnostic, sans appel, pousse le politologue à ne pas avoir une issue de crise : «Je doute de la capacité de réforme du système, et ce, à cause de l’absence d’acteurs politiques capables de porter ce projet de réforme».


Omar Balafrej
Député FGD

Après la répression des manifestations pacifiques au Rif, Jerada ou Outat Lhaj, sortir dans la rue est devenu un acte risqué. La porte de sortie pour les citoyens était ce mouvement de boycott avec le choix de cibles discutables mais symboliques. C’est une première victoire populaire depuis l’indépendance».

Manal El Aboubi
Économiste, Université Mohammed V

C’est un message de désarroi du citoyen marocain par rapport à la vie chère. Mais c’est aussi une chance pour des acteurs économiques, notamment les PME et les producteurs locaux. Ces nouvelles formes pourront sortir le Maroc de l’économie de rente et de marchés dominés par des oligopoles».

Mustapha Sehimi
Politologue

Ce mouvement a fait deux victimes le PJD et le RNI. Le secrétaire général du PJD n’a pas su maîtriser son ministre et confirme la faiblesse du chef de gouvernement. Le président du RNI a perdu son pari de se positionner pour des élections anticipées dès la moitié de l’actuelle législature».


 Redistribution de la richesse

Pour désamorcer cette crise, les intervenants proposent de redistribuer les gains des sociétés d’hydrocarbures. Omar Balafrej, martèle sa proposition de «récupérer les 17 milliards DH gagnés par les sociétés de distribution depuis la libéralisation du secteur», propose le député. De son côté, Manal Aboubi lance un appel aux PME marocaines pour «profiter de cette opportunité et remplacer le vide laissé par les entreprises boycottés. Le consommateur refuse des marques mais pas des produits. C’est le moment des petits producteurs de se positionner sur le marché et proposer le commerce équitable et des produits locaux. C’est une chance pour le Conso-acteur marocain».

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