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Économie

Le Haut-commissariat au plan (HCP) s’invite dans le débat sur les prix des hydrocarbures. Les conclusions de l’institution montrent une «forte corrélation des prix à la consommation du gasoil aux cours du pétrole» et une «hausse continue depuis 2012». Les détails.

Une contribution légitime de l’instance statistique officielle. Le HCP dispose de données actualisées et officielles sur l’évolution des prix à la consommation, d’une expertise et une certaine indépendance pour livrer une analyse éclairée sur le sujet. L’institution dirigée par Ahmed Lahlimi vient de rendre publique une note interne intitulée «Cours du pétrole et prix à la consommation des carburants», signée Mohammed El Maliki, chef de la division des indices statistiques au HCP. Principales conclusions, l’existence d’une «forte corrélation des prix à la consommation du gas-oil aux cours du pétrole». Ensuite, des prix à la hausse depuis le lancement du processus de libéralisation en 2012. Ce constat statistique atténue les accusations adressées aux distributeurs par les parlementaires dans leur rapport sur le sujet, tout en confirmant que les consommateurs ont payé le prix de libéralisation.

Une marge de distribution de 15%
Selon le HCP, l’évolution des prix des carburants entre 2007 et 2017 s’est caractérisée par trois phases principales. «La première phase avant 2011 a été marquée par une croissance modérée de 0,4 %», souligne El Maliki. La deuxième phase, de 2012 à 2014, a connu «une hausse moyenne de 8,3 % des prix des carburants». La troisième phase, celle de la libéralisation totale, a démarré en 2015. Cette période «s’est caractérisée par des fluctuations relativement plus accentuées», précise l’expert du HCP. Depuis 2016 (année de la libéralisation totale), les prix moyens des carburants ont augmenté de 9,1%. Le HCP a mesuré la corrélation entre les prix à la consommation du gas-oil et les cours du pétrole. Depuis l’année 2016, les prix à la pompe du gas-oil ont poursuivi leur tendance haussière, se rapprochant de la barre des 10 DH à fin mai 2018, au lieu de 7 DH début de. «Avec une capacité de stockage des principaux distributeurs relativement limitée (47 jours) et une raffinerie à l’arrêt, les distributeurs s’approvisionnent à 100% sur le marché international», rappelle El Maliki. Et d’ajouter: «les importateurs ont tendance à augmenter relativement leurs achats quand les prix baissent et à réduire leurs importations quand les prix augmentent». Au final, les prix du raffiné sont déterminés sur les marchés internationaux, et les prix à la pompe dépendent du taux de change du dollar et des coûts de revient des importateurs, des distributeurs, du stockage et des marges commerciales. «Les prix à la consommation du gas-oil, élaborés par le HCP, deviennent très corrélés à partir de 2016 aux cours mondiaux du Brent (93%), tandis que leurs variations restent relativement moins corrélées (90%)», constate le HCP. Les hausses et les baisses des prix du raffiné importé sont répercutées sur les prix internes à la pompe, avec un décalage de 15 jours, mais cependant pas avec la même ampleur.  «Ce décalage tient compte du temps nécessaire au transport, au stockage et à la distribution»,  Dexplique le HCP. De facto, «les baisses et les hausses des cours des produits raffinés ne se répercutent pas exactement sur les prix à la pompe». Selon les opérateurs du secteur, le prix de vente du gas-oil est constitué de près de 50% du prix d’achat, 35% de taxes et 15% de marges commerciales. Dernier chiffre à retenir:  Les carburants représentent, ainsi, environ 2,6 % des dépenses des ménages. Ces évolutions du prix du pétrole ont aussi eu un effet sur les prix à la consommation de l’électricité, une évolution à la hausse qui coïncide avec l’entrée en vigueur du contrat-programme État-ONEE. «L’indice des prix de l’électricité a connu des évolutions relativement plus marquées à partir de l’année 2014, suite à l’entrée en vigueur du contrat-programme entre le gouvernement et l’ONEE», remarque le HCP. Au cours de la période 2014-2017, la croissance moyenne annuelle des prix à la consommation de l’électricité a atteint 3,7 %. Au final, le consommateur a payé le prix des déboires financiers de l’ONEE…


La subvention du gaz réduit-elle la pauvreté?

«Bien que les classes moyenne et aisée tirent plus profit des subventions du butane, leur effort redistributif contribue à l’équité verticale en réduisant les inégalités sociales»: telle est la conclusion du HCP sur le sujet. En 2014, les inégalités de dépenses, mesurées par l’indice de Gini (mesurant les inégalités sociales) auraient été de près de 40,3% sans les subventions du butane contre 39,5% suite à leur incidence redistributive. «Dans ces mêmes conditions, la pauvreté monétaire aurait été de 6,1 % au lieu de 4,8% au niveau national, de 11,5% au lieu de 9,5% en milieu rural et de 2,5% au lieu de 1,6% en milieu urbain», analyse le HCP. De quoi alimenter le débat au Parlement. Rappelons que le groupe parlementaire du PJD est revenu à la charge, appelant à la suppression de la subvention destinée au gaz butane…

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