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Économie

Les carnets de commandes se garnissent dans le secteur textile. Deux grandes enseignes viennent s’ajouter à la liste des donneurs d’ordre. Il s’agit de H&M et Primark. Ces nouvelles commandes permettraient de créer 20.000 emplois supplémentaires dans le secteur.

Record historique à l’export pour l’industrie textile. Le secteur entend finir l’année sur un total de 36 MMDH d’expéditions. À fin novembre, les statistiques de l’Office des changes indiquaient que le secteur textile et cuir a exporté l’équivalent de 34,1 MMDH avec une progression d’environ 1,7 MMDH (soit +5,2 %) en comparaison avec l’année précédente. Selon l’Association marocaine des industries du textile et de l’habillement (AMITH), le secteur devrait continuer sur sa lancée et s'imposer comme l'un des leaders de la fast-fashion avec l’avènement de nouveaux grands donneurs d’ordre. «Pour la première fois, nous allons connaître une vraie diversification avec l’avènement d’enseignes comme H&M et Primark en tant que donneurs d’ordre avec déjà plusieurs grandes commandes passées», révèle Karim Tazi, président de l'AMITH. Impossible de connaître le nombre de commandes passées à ce jour.  «L'activité engendrée par ces deux grandes enseignes permettra la création d’environ 20.000 emplois», ajoute Tazi. L’association professionnelle aborde ainsi l’avenir avec confiance. «Nous pensons que nos parts de marché continueront à croître durant les prochaines années», affirme Karim Tazi. L'export devrait ainsi continuer à progresser. Une très bonne nouvelle pour ce secteur qui fait partie - rappelons-le - des métiers mondiaux du Maroc et qui peinait il y a quelques années à dépasser les 30 MMDH à l’export.

Compétitivité et concurrence
Ces bonnes performances s’expliquent notamment par le lancement efficace du projet d’écosystèmes industriels avec les pouvoirs publics en 2015. «Mais il faut dire que l’on a aussi profité d’une conjoncture favorable en termes de compétitivité et de stabilité face à nos principaux concurrents en Turquie et en Égypte», explique le  président de l’AMITH. Le secteur a également su se positionner depuis plusieurs années comme l’un des leaders de la fast-fashion. «Il s’agit du seul segment de l’industrie textile mondiale qui connaît une vraie progression», est-il expliqué.  Si le secteur fait preuve de dynamisme à l’export, il demeure toutefois malmené sur le marché local. En cause, la déferlante des pratiques déloyales. La profession avance notamment des cas de dumping et de contrebande. Les marchandises en provenance de Chine, de Turquie, du Bangladesh et du Vietnam, notamment via des enseignes low-cost, minent le marché. «Cette concurrence déloyale a eu pour effet la destruction de près de 120.000 emplois dans le secteur entre 2008 et 2014», rappelle le président de l’AMITH. Aujourd’hui, l’impact des importations sur l’emploi se chiffrerait à une perte d'environ 20.000 postes annuellement. Des pertes d’emploi pour le textile dirigées principalement vers la production locale. Les exportateurs demeurent toutefois de grands employeurs. En effet, dans le cadre des écosystèmes textiles déployés par le Plan d’accélération industrielle (PAI), pas moins de 65.000 emplois sont prévus à l’horizon 2020, principalement dans les filières du denim et de la fast-fashion.

Il faut sauver le marché local
Le président de l’AMITH affirme que «les pouvoirs publics sont conscients aujourd’hui du potentiel du marché local et ont décidé de travailler de concert avec les industriels pour améliorer la conjoncture». Le mode opératoire consistera notamment à mieux surveiller les importations grâce au renforcement des contrôles aux frontières. «Mais il s’agit aussi de combattre l’économie de rente et de construire de vrais écosystèmes. Pour ce faire, nous allons encourager les acteurs transparents et mettre en œuvre notre projet de fast-fashion éco-responsable»,  précise Tazi. Les modèles économiques des producteurs locaux ne peuvent pas être rentables, même pour ceux qui agissent dans l’informel. D’où la nécessité pour l’AMITH de «changer complètement de paradigme concernant le marché local». Ce dernier demeure encore dominé par l’informel, surtout celui de l’importation. Pour l’association professionnelle, des effets bénéfiques devraient être visibles avant 2019. «Si nous mettons en place ces mesures, nous assisterons dans un délai de 6 mois à un retour de la confiance, une hausse des investissements et la reprise de l’emploi dans le secteur», affirme   Tazi, également DG de Marwa. 

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