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Économie

Avec un chiffre d’affaires de 115 MMDH en 2016, le tourisme a contribué pour 7% au PIB national et a créé près de 2,5 millions d’emplois. Des performances largement en dessous des ambitions du Maroc et de sa Vision 2020. Pour relancer la machine, plusieurs mesures devraient être lancées par le département de Mohamed Sajid. Le ministère vise une meilleure gouvernance et une logique transversale.

La stratégie 2020 est de nouveau passée au scalpel. Cette fois, c’est le ministère du Tourisme qui émet un diagnostic sans concession concernant la vision dans le cadre d’une récente présentation faite devant le Conseil de gouvernement. Le département du Tourisme, du transport aérien, de l'artisanat et de l’économie sociale met en avant la faible participation du secteur dans le développement économique. Depuis 2010, la part du tourisme dans les exportations de marchandises et des services a chuté de 3% et sa participation à la création de nouveaux postes d’emploi ne dépasse pas 1%. Quant à la participation au PIB, elle se situerait à 6,7% en 2016. De trop faible performance pour un secteur sur lequel le Maroc a parié pour son émergence. La débâcle est telle que le Maroc a chuté de la 24e à la 34e position de l’Organisation mondiale du tourisme durant cette période. Pour Mohamed Sajid, cette situation serait due à la mise en œuvre «inadéquate» de la stratégie nationale. Le ministre va même jusqu’à lister les raisons fondamentales derrière cette contreperformance. Il s’agit notamment du modèle de gouvernance du secteur, inadapté aux ambitions de la Vision 2020, du faible niveau d’investissement et de la dispersion des efforts et des moyens déployés.

Opération sauvetage
L’heure est toutefois aux solutions à en croire la présentation du ministère. En vue de relever ces défis, le département propose de mettre en place une feuille de route qui prend en compte quatre priorités, à savoir la relance de la dynamique d’investissement, le renforcement et l’activation des mesures relatives à la promotion et la communication, l’investissement dans les ressources humaines et le renforcement de la gouvernance à travers l'activation dans les meilleurs délais de la Commission interministérielle du tourisme. «Ceci requiert la mobilisation de tous les acteurs publics et privés et le renforcement de la confiance et la crédibilité du secteur», souligne Sajid. Dans cette optique, le ministre a mis en exergue une batterie de mesures à acter. Le ministère vise notamment l’amélioration de la demande à travers l’augmentation du taux de remplissage, le développement des liaisons aériennes et le renforcement de la commercialisation et la distribution. Le département du Tourisme compte également mettre l’accent sur la promotion du tourisme interne, la relance du Plan Azur ainsi que le développement de l’offre à travers l’accompagnement, l’accélération de la cadence de réalisation des projets. Le projet Agadir-Taghazout semble être érigé en priorité, l’Exécutif compte également améliorer l’axe routier Marrakech-Essaouira et basculer vers l’utilisation de plus en plus prononcée des nouvelles technologies pour l’amélioration de la qualité d’accueil et de l’expérience touristique.

Vision transversale
Selon le ministère du Tourisme, la relance passera nécessairement par la participation dynamique de l’investissement touristique privé, la mise en place du code de l’investissement touristique et la facilitation du financement bancaire. Quant au modèle de gouvernance, son efficience reste tributaire d’une restructuration à l’échelle nationale et locale (notamment en ce qui concerne le Conseil supérieur du tourisme, la Commission interministérielle du tourisme, l’instance conjointe public-privé, le Conseil directeur du tourisme, outre le renforcement des instances régionales de gouvernance). Sajid a également appelé auprès des autres membres du gouvernement à une meilleure mobilisation des budgets, le soutien des régions et le développement des ressources humaines en restructurant le système de formation et de valorisation de la filière. Le ministre a aussi mis l’accent sur l’importance du tourisme en tant que secteur horizontal nécessitant la convergence des politiques publiques et l’implication de tous les secteurs en vue de lui conférer sa place prioritaire, rappelant les changements profonds que connaît le secteur grâce aux évolutions technologiques et numériques et eu égard aux changements géostratégiques et politiques dans la région environnante.

Piètre performance
Avec un chiffre d'affaires de 115 MMDH en 2016, le tourisme a contribué pour 7% au PIB national et a favorisé la création de près de 2,5 millions d'emplois directs et indirects. Le secteur est le deuxième contributeur au PIB national et deuxième pourvoyeur d’emploi, outre son rôle fondamental pour assurer l’équilibre social, le développement spatial et le rayonnement international du royaume. Le secteur a enregistré 64,2 MMDH de recettes en devises, faisant état d'une nette évolution du secteur. Toutefois, le nombre de touristes ne s’est amélioré que de 1,8%, passant de 9,3 à 10,3 millions entre 2010 et 2016. La vision stratégique promettait toutefois 20 millions de touristes à l’horizon 2020. Le taux d’évolution annuelle demeure médiocre vu les potentialités dont regorge le royaume en comparaison à d'autres destinations. Le taux d'occupation des hôtels, qui n'a guère dépassé les 40%, figure parmi les grands défis auxquels fait face le secteur. 

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