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Économie

Le marché africain du sucre est freiné par des contraintes d’ordre réglementaire et logistique. Les participants à la 2e édition de la Conférence internationale du sucre plaident pour un environnement favorable au développement de filières intégrées et compétitives en Afrique.

Pas moins de 500 professionnels de la filière sucrière, représentant une cinquantaine de nationalités, étaient présents à Marrakech pour animer du 22 au 23 février la deuxième édition de la Conférence internationale du sucre. L’Afrique était au centre des réflexions échangées lors de cet évènement organisé conjointement par l’Association professionnelle sucrière (APS) et l’Organisation internationale du sucre (OIS) avec comme thématique : «L’intégration et la compétitivité du secteur sucrier en Afrique : rêve ou réalité ?». L’occasion également de s’arrêter sur l’évolution de l’industrie marocaine du sucre qui jouit d’une notoriété appréciable, comme en témoignent les responsables de l’OIS. Fait rarissime en Afrique, aux côtés de l’Égypte, le Maroc se distingue par la production à la fois de la betterave, de la canne à sucre et du raffinage.

Autosuffisance en détérioration
Tout un écosystème associant une panoplie d’intervenants, du champ à l’usine, des agriculteurs jusqu’aux industriels. D’un point de vue réglementaire, «le modèle marocain est l’un des meilleurs dans le monde», reconnaît l’Espagnol José Orive, directeur exécutif de l’OIS qui s’exprimait mardi dernier lors d’un point de presse. Évoquant le contrat-programme de la filière sucrière signé dans le cadre du Plan Maroc vert, les participants (officiels et opérateurs privés) ont fait l’éloge des résultats atteints à mi-chemin et restent confiants dans la réalisation des objectifs fixés à l’horizon 2020 (hausse de la productivité et du rendement du sucre à l’hectare, amélioration des revenus des agriculteurs, ...). L’année 2016 a ainsi été marquée par des performances exceptionnelles, avec une couverture des besoins nationaux à hauteur de 50%, sachant que l’objectif fixé à l’horizon 2020 est de 56% (contre 30% pour la période 2010-2014).

La rencontre de Marrakech se tient donc sous le signe de l’Afrique et des potentialités que représente ce continent dans le domaine sucrier. L’Afrique continue à enregistrer un déficit d’environ 8 millions de tonnes de sucre, conjugué à un niveau d’autosuffisance en détérioration et ceci malgré une consommation par habitant encore inférieure à la moyenne mondiale. En effet, la production sucrière africaine se chiffre à 10,3 millions de tonnes, soit 6% de la production mondiale alors que les besoins du continent s’élèvent à 18 millions de tonnes. «L’Afrique est pleinement capable de relever les défis de gains de productivité nécessaires au développement durable afin d’assurer la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté et une croissance économique soutenue», a souligné le président de l’APS, Mohamed Fikrat, lors de son allocution d’ouverture mercredi à Marrakech. Pour réussir ce challenge, ajoute le président de l’APS, des leviers comme l’agrégation, l’organisation interprofessionnelle, le renforcement de la recherche & développement, peuvent contribuer à doter le secteur sucrier africain de filières intégrées et compétitives .

Nouveaux partenariats
Au moment où nous mettions sous presse, une session dédiée au marché de l’Afrique devait avoir lieu avec des présentations animées par les représentants de la Tunisie, la Mauritanie et le Mozambique. Au programme également figurait la revue des expériences menées par un certain nombre de groupes marocains en terre africaine (OCP, Attijariwafa bank) outre la séquence habituelle des rencontres B to B. De l’avis du président de l’Organisation internationale du sucre, le marché africain, bien qu’il regorge d’énormes potentialités, demeure freiné par des contraintes d’ordre réglementaire et logistique. Le Maroc exporte certes du sucre raffiné vers plusieurs pays africains (le granulé essentiellement), mais toujours en petites quantités et surtout de manière discontinue. Cela devrait pousser les opérateurs marocains à aller chercher de nouveaux partenariats, commerciaux ou industriels. «Nous sommes toujours à l’écoute des opportunités des marchés africains. Nous ne voulons pas faire des annonces sans avoir ficelé le projet. Il faut s’assurer que toutes les conditions d’une opération de ce type soient réunies avant de mettre le pied à l’étrier», conclut Fikrate. 


Climat et sucre. L’OIS soutient l’idée du réseau mondial initié par l’APS

Face à la vulnérabilité des cultures sucrières aux effets du changement climatique, le Maroc a appelé lors du dernier Conseil de l’OIS, tenu en décembre 2016 à Londres, à constituer un réseau mondial de concertation et de partage pour la lutte contre les effets du changement climatique. Lors de la cérémonie d’ouverture de la rencontre de Marrakech, le président de l’APS, Mohamed Fikrat a saisi l’occasion pour inviter les pays membres de l’OIS à s’inscrire dans «cette démarche vertueuse pour les écosystèmes sucriers» et il semble que l’idée défendue par les sucriers marocains a eu un écho favorable chez leurs homologues internationaux. «Nous soutenons cette initiative et nous allons travailler la main dans la main pour la réussir et servir le bien-être des peuples du monde», a confirmé le directeur de l’OIS, Jose Orive. 

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