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22-03-2017 09:00

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Économie

Aux assises de l'Association africaine de l'eau, l'accent a été mis sur le rôle que peut jouer le Maroc, à travers l'ONEE, pour convaincre les bailleurs de fonds. Durant sa présidence de l'AAE, Ali Fassi Fihri pense au partage du savoir-faire marocain en matière de contrôle de qualité, de formation et de renforcement de capacité.

Dans un contexte marqué par des difficultés persistantes d'accès à l'eau potable et à l'assainissement en Afrique, l'Association africaine de l'eau (AAE) tient ses assises à Skhirat du 13 au 17 février. En sa qualité de président de l'AAE, depuis février 2016 et sur une période de deux ans, Ali Fassi Fihri, DG de l'ONEE, est fier d'accueillir cette première activité continentale d'envergure après le retour du Maroc à l'Union africaine. Sous le thème «Eau et assainissement en Afrique : défis et perspectives», ces assises s'inscrivent dans la droite ligne du prochain Congrès de l'AAE prévu dans la capitale malienne, Bamako. Ce congrès justement mettra l'accent sur les moyens susceptibles d'accélérer l'accès à l'eau potable et à l'assainissement en relation avec les changements climatiques. Comme l'a souligné Olivier Gosso, président du Conseil scientifique et technique de l'AAE, un tiers de la population africaine n'a pas accès à l'eau et deux tiers ne disposent pas de structures d'assainissement décentes. Un facteur d'aggravation, sachant que 80% des maladies en Afrique sont liées au déficit en eau potable et en assainissement alors que le continent regorge de ressources hydriques.C'est dans ce décor peu reluisant que le Maroc s'érige en modèle à bien des égards, comme l'a expliqué Gosso qui a salué l'esprit de partage qui marque les actions de l'ONEE en Afrique. En effet, selon Fassi Fihri, l'ONEE est actif dans 11 pays africains francophones et compte désormais étendre son expertise et son savoir-faire à l'Afrique anglophone. Loin des solutions prêt à l'emploi, enchaîne-t-il, l'Afrique cherche son propre modèle de développement qui prenne en compte ses contraintes et ses moyens. Durant 15 ans, le Maroc a accumulé un savoir-faire qui mérite d'être partagé.

Aujourd'hui, le royaume s'investit dans des technologies de pointe, comme le dessalement de l'eau de mer couplée avec une source d'énergie renouvelable, les stations de traitement des eaux usées qui dépasseront les 114 unités dans quelques années et surtout une expertise en contrôle de la qualité de l'eau potable. Dans son intervention, Charafat Afailal, ministre déléguée chargée de l'Eau, a insisté sur le plaidoyer pour promouvoir l'innovation et drainer les investissements nécessaires pour les projets d'accès à l'eau en Afrique. Un domaine dans lequel le Maroc peut apporter son expérience et la bonne réputation dont il bénéficie auprès des bailleurs de fonds internationaux. La ministre a lancé un appel pour fédérer les efforts des intervenants africains dans le domaine de l'eau et de l'assainissement afin de constituer une masse critique capable de relever le défi des objectifs du millénaire pour le développement à l'horizon 2030. Le souci financier est d'autant plus présent que les besoins sont énormes. À titre d'exemple, parmi les programmes importants de l'AAE, figure celui baptisé Africa, qui fait l'objet d'un financement de l'USAID de 2 millions de dollars sur trois ans et qui vise à coordonner les politiques de l'eau en Afrique de l'Ouest. 


Ali Fassi Fihri
Dg de l'ONEE et président de l'AAE

Les Inspirations ÉCO :  Dans quelle mesure le Maroc peut-il aider à l'amélioration de l'accès à l'eau et à l'assainissement en Afrique ?   
Ali Fassi Fihri : Les multiples déplacements de SM le Roi, que ce soit en Afrique de l'Ouest ou de l'Est, ont donné leurs fruits et le Maroc reçoit plusieurs demandes dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement. Ces assises de l'AAE sont l'occasion de montrer ce que l'on peut faire ensemble dans le cadre d'un partenariat Sud-Sud qui reste la vraie solution en la matière. La généralisation de l'accès à l'eau potable et à l'assainissement dans les villes marocaines représente une expertise que le Maroc veut partager avec ses partenaires africains, y compris dans le domaine du contrôle de qualité, de renforcement de la capacité et de la formation. Il s'agit, suivant les orientations royales, de définir très vite des projets dans les pays africains et de les présenter aux bailleurs de fonds pour avoir le financement nécessaire. Aujourd'hui, le discours en Afrique a été unifié et les Africains ont compris que l'aide étrangère n'est pas suffisante et qu'il faut travailler ensemble au sein du continent pour aller de l'avant.

Qu'en est-il du programme d'assainissement liquide au Maroc ?
Nous avons beaucoup évolué. Il y a 15 ans, il n'y avait aucune station d'épuration des eaux usées. Au niveau de l'ONEE, aujourd'hui, nous en avons 93. Nous avons aussi une cinquantaine de stations qui sont programmées. Mais de plus en plus, nous allons vers les très petits centres et dans l'ensemble des villes il y a des projets achevés ou en cours de réalisation.

Après le contrat-programme signé avec l'État, est-ce que les capacités financières de l'ONEE lui permettent qu'aujourd'hui de se lancer dans des projets structurants ?  
Vous savez, nous sommes une organisation de l'État, nous travaillons dans le cadre du service public. Notre succès est que tout le monde soit alimenté. Le contrat-programme a alerté sur le déséquilibre qui peut survenir s'il n'y a pas un minimum d'actions, comme la TVA qui ne se récupérait pas et beaucoup de créances sur un ensemble de collectivités. Sans oublier certains soucis liés à la tarification, car l'on vend l'eau et l'électricité à perte. J'entends beaucoup la presse parler de l'endettement des établissements publics. Mais lorsque la dette sert à avoir des actifs, c'est positif. Nous ne prenons pas la dette pour combler les déficits. Mais lorsque la dette sert à avoir des actifs, c'est positif. 

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