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Sur le mobile banking, le Maroc est encore très en retard. Cette activité alliant services financiers et technologies de télécommunication reste tributaire de partenariats réussis entre banques et opérateurs télécoms, du moins pour une réussite à grande échelle. Certains estiment pourtant que ces services peuvent se passer de partenariats avec les télécoms.

Voici l’un des rares domaines où l’Afrique est en avance sur le reste du monde: le mobile banking. Au Kenya, référence mondiale en la matière, plus du tiers des flux financiers passe par le téléphone mobile. C’est également l’un des rares domaines où le Maroc accuse un retard criant au niveau continental, malgré sa téléphonie mobile, parmi les plus avancées à la même échelle. Les statistiques 2015 sur les télécoms viennent d’ailleurs d’être rendues publiques par l’ANRT. Elles affichent un taux de pénétration du mobile de 127%, en recul relativement à 2014, mais qui reste parmi les plus élevés de la région et du continent. Mais visiblement, cet indicateur est loin d’être le facteur le plus déterminant. En effet, le fait d’avoir un système bancaire «classique» développé semble freiner le développement de la banque sur mobile, même si la clientèle ciblée n’est pas du tout la même. C’est également une question de priorité, les acteurs financiers marocains n’ayant pas donné suffisamment d’importance au développement de cette catégorie de services. Mais c’est aussi une question de partenariat entre établissements financiers et opérateurs de téléphonie mobile, les deux principaux protagonistes de cette affaire, même si beaucoup estiment que les banques peuvent se passer de leurs partenaires télécoms et réussir leurs projets.

Le gain en productivité d'abord
«La question qui se pose dans la préparation des partenariats entre établissements financiers et opérateurs télécoms concerne la répartition des revenus. Mais je peux dire que les discussions à ce sujet sont futiles», estimait Margarete Biallas, spécialiste senior des services financiers mobiles au Fonds monétaire international (FMI), lors de la Conférence sur l’inclusion financière en région MENA, forum co-organisé par Al Barid Bank (ABB) et le WSBI, clôturée hier à Marrakech. Les négociations pourraient ainsi rater le cœur du problème, et se perdre dans les pourcentages que chacun pourrait grappiller. «Les revenus du mobile banking sont secondaires, et n’entrent pas dans le cœur de métier des opérateurs. Le profit ne se fait pas sur les transactions, mais sur la réduction des coûts!», poursuit la spécialiste du FMI.

Chacun son métier?
Mais les susceptibilités sont persistantes entre les deux secteurs. La question posée par les Inspirations ÉCO lors de la conférence a suscité un débat où les avis étaient particulièrement divergents entre les représentants des deux mondes. «Nous (ndlr. les banques) n’avons pas besoin de nous appuyer sur un opérateur en particulier pour avoir un service de mobile banking. Certains opérateurs veulent s’embarquer dans le métier de banque. C’est une erreur; il serait plus judicieux pour eux de rester dans leur core-business», estime Mohamed Ali Kadiri, DG de Caixa Bank Maroc. De leur côté, les représentants des opérateurs de télécommunication ne sont pas du tout du même avis, et estiment être incontournables dans le développement et la réussite du mobile banking. «Le mobile banking est une initiative stratégique pour les opérateurs télécoms, qui se lancent de plus en plus dans cette activité. 80% des clients qui utilisent régulièrement les services de mobile banking le font sur des solutions portées par les opérateurs. Aussi, les opérateurs ont bien plus investi dans ce domaine que les banques», réagit Claire Scharwatt-Pénicaud, Senior Market Engagement Manager à la branche Mobile Money de GSMA, l’association internationale des opérateurs de téléphonie mobile. Une réaction qui en dit long sur le «bras de fer» qui se joue en arrière-plan entre les banques et les opérateurs. L’un des points qui fait le plus grincer des dents les banques concerne l’exclusivité, dont ils ne veulent pas entendre parler. «Partenariat ne veut pas dire exclusivité. Mais les opérateurs offrent un avantage important, celui d’avoir une relation client déjà établie», conclut la représentante de GSMA, livrant ainsi la carte maîtresse dans la négociation des opérateurs: le parc client, en attente d’une inclusion financière.


Je ne comprends pas pourquoi, dans des pays avec un taux de pénétration de la téléphonie mobile qui dépasse les 130%, comme c’est le cas du Maroc, le mobile-banking n’est pas développé ?
Jalloul Ayed, Ex-ministre tunisien des Finances

Le modèle vers lequel nous nous dirigeons repose sur un partenariat entre le secteur bancaire et celui des opérateurs de télécommunications. C’est ce partenariat qui peut déboucher sur une solution globale et intégrée. Les discussions sont en cours avec les banques et les opérateurs. Abderrahim Bouazza, DG de Bank Al-Maghrib

Dans le développement de notre produit de mobile-banking, je dois dire que la question des opérateurs télécoms a été parmi nos derniers soucis. Notre priorité était de mettre en place une technologie performante et des coûts accessibles à tous. Notre solution marche aujourd’hui avec tous les opérateurs et mêmes les non-clients de la banque peuvent l’utiliser. Redouane Najm-Eddine, Président du directoire d’Al-Barid Bank

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