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Le gendarme des télécoms a reconduit pour 2016 les mêmes tarifs d’interconnexion pratiqués en 2015. Une décision qui tend vers la position de Maroc Telecom. Dans la foulée de cette décision, l'ANRT livre en avant-première sa lecture du marché pendant l’année écoulée, sonnant notamment l'alerte sur les capacités d'investissement des trois opérateurs. 

La dernière décision de régulation de l’année est tombée pour le secteur des télécoms. Elle porte sur les tarifs d’interconnexion entre les trois opérateurs de télécommunication fixés annuellement par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). Pour l’année 2016, pas de changement en vue de la part du régulateur quant à ce paramètre du marché. Une décision, rendue jeudi dernier, qui s’approche le plus de la position de l’opérateur historique Maroc Telecom. En effet, la procédure veut que l’ANRT consulte les acteurs du marché et entende leurs arguments avant de prendre sa décision sur les tarifs d’interconnexion, comme c’est d’ailleurs le cas pour d’autres paramètres régulés par l’Agence. C’est le 18 septembre dernier que les réponses des trois opérateurs ont été reçues par l’ANRT.

Intérêts divergents
«Suite à leurs analyses préliminaires, des compléments et des précisions ont été fournis les 3 et 11 novembre 2015 ainsi que le 4 décembre 2015. Il en ressort ce qui suit : IAM a proposé de maintenir à leurs niveaux actuels les TA (Terminaison d’appel) mobile et les tarifs de terminaison pour les SMS. Il a également proposé l’augmentation des TA fixe à un niveau équivalent à celui de la TA Mobile. Méditel a proposé de baisser uniquement la TA Mobile d’IAM. Il propose également une baisse des TA fixes. WANA a proposé une baisse des TA Mobiles des trois opérateurs tout en introduisant une asymétrie entre la TA Mobile d’IAM et celle de MDT et WANA qui resteraient alignées. Concernant les TA fixes, il préconise une baisse importante», rapporte le gendarme des télécoms.

Du coup, c’est clairement Maroc Telecom qui est «servi» par cette décision de maintenir le statu quo tarifaire, au vu de la demande que l’opérateur a formulé à l’agence. Une position cohérente avec sa position dominante sur le marché, notamment du côté des infrastructures filaires, dont il détient la quasi-totalité des équipements installés sur le territoire marocain. «En attendant les conclusions et les recommandations des études en cours de réalisation, l’ANRT considère opportun de reconduire, pour 2016, les tarifs de terminaison actuellement en vigueur, relatifs aux trafics d’interconnexion dans les réseaux fixes et mobiles des opérateurs IAM, Méditel et WANA (Inwi)», explique l’agence.

Cette décision n’est toutefois pas figée, étant susceptible d’être modifiée en cours d’année et ceci suivant de nouveaux éléments qui pourraient être intégrés dans l’analyse de marché du régulateur. «Et en application de la note d’orientation générale pour la poursuite du développement du secteur des télécommunications à l'horizon 2018, l’ANRT mène actuellement des études et des analyses approfondies des différents segments du marché, dans l’objectif, entre autres, d’identifier les mécanismes et les règles à mettre en œuvre afin d’assurer une valorisation et une dynamisation appropriées du marché», annonce le management de l’ANRT.

Les investissements compromis ?
Dans la foulée, l’Agence chapeauté par Azzedine El Mountassir Billah livre en avant-première sa lecture du marché pendant l’année écoulée, en attendant que le rapport annuel portant sur cet exercice soit finalisé et publié. Aussi, nous apprend l’ANRT, «en 2015, le marché des télécommunications s’est caractérisé par les évolutions suivantes : une croissance continue des usages sur le marché du mobile, notamment voix ; une baisse continue de l’ARPM (Revenu moyen par minute), particulièrement depuis juin 2015 ; le maintien du trend baissier du revenu global du secteur, constaté déjà depuis plusieurs années, pouvant limiter la capacité d’investissement de certains acteurs du marché pour faire face à la croissance soutenue des usages aussi bien voix que données ; de fortes baisses des prix des SMS (mesurés par l’ARPM) en raison notamment de la mise sur le marché d’offres d’abondance». Un résumé plutôt inquiétant, notamment concernant la composante de l’investissement.

D’ailleurs, Méditel vient de recourir à l’endettement bancaire pour supporter son programme d’investissements en infrastructures, notamment en ce qui concerne le haut débit mobile. Il semble ainsi que la transition du business-model du secteur reste toujours dans sa phase douloureuse. En ce sens où l’inversement des revenus des opérateurs, entre la vente de la voix et celle du volume de données, n’est toujours pas intervenu, les revenus du marché souffrent donc lourdement de la baisse des prix des communications «classiques». D’ailleurs, le fait que les opérateurs misent de plus en plus sur la production de contenu n’est pas étranger à cette situation. Mieux encore, ces mêmes opérateurs incitent de plus en plus leurs clients à consommer toujours plus de volume de données. Un SMS anecdotique de l’opérateur historique caricature cette tendance, celui envoyé par IAM pour présenter ses vœux à ses clients à l’occasion de la dernière fête religieuse. Cet SMS proposait de cliquer sur un lien renvoyant vers une vidéo en haute définition partageant les vœux de l’opérateur, qui au passage faisait tourner le compteur de vos données mobiles.

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