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La problématique de la compétitivité du secteur de l’agriculture et de l’agro-industrie marocaines a été au cœur d’une conférence organisée, jeudi dernier à Casablanca, par BritCham en collaboration avec les Éco. Si le potentiel à l’export du secteur est indéniable, le principal défi pour les opérateurs est celui de l’accès aux différents marchés prometteurs. 

C’est une hasardeuse coïncidence, mais celle-ci témoigne de l’intérêt stratégique du sujet qui a été mis en exergue lors d’une conférence organisée, jeudi dernier à Casablanca, par la Chambre britannique de commerce au Maroc (BritCham), en partenariat avec les Éco. Au cœur de la rencontre, qui a réuni les représentants des établissements publics en charge des questions agricoles, les opérateurs ainsi que les responsables de plusieurs organisations professionnels, figure la problématique de l’agriculture et de l’agro-industrie marocaines. La conférence s’est tenue le jour où tombait, comme un couperet, la décision de la Cour de justice européenne de l’annulation partielle de l’accord agricole Maroc-UE, en vigueur depuis 2012 (voir pages 4 à 6). Au-delà des aspects politique, juridique et diplomatique que mobilise cette décision, elle actualise la problématique de la nécessité, pour le royaume, de renforcer sa stratégie de diversification des marchés à l’export, particulièrement pour les produits agricoles.

Le sujet est d’autant plus intéressant qu’il constitue une priorité parmi les mesures envisagées par les autorités pour accompagner la transformation structurelle de son économie, par le biais d'une stratégie d’industrialisation qui touche plusieurs secteurs. C’est ce qu’illustre, d’ailleurs, la récente étude publiée par le ministère de l’Économie et des finances sur le potentiel à l’export des produits agricoles marocains, principalement sur le marché africain. Il faut dire que jusque-là, le principal débouché national est le marché européen, qui commence à donner des signes d’alerte, en plus de l’impact de la morosité économique qui affecte depuis des années les pays de la zone euro. Il est temps, donc, d’aller au-delà des bonnes intentions, surtout que ces dernières années, grâce à la mise en œuvre de plusieurs stratégies sectorielles (Plan Maroc vert, Halieutis, Plan d’accélération industrielle), le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire connaît une dynamique certaine.

C’est en tout cas ce qu’illustre la montée en puissance des IDE dans le secteur, à l'instar des accords signés dernièrement avec les Émirats arabes unis, et qui viennent s’ajouter aux efforts consentis par l’État pour accompagner l’émergence du secteur. À ce sujet, Hamid Felloun, directeur de la gestion des projets à l’Agence pour le développement agricole (ADA), a brillamment exposé les actions menées dans le cadre du PMV visant à soutenir «Les structures agricoles à haute valeur ajoutée dans une perspective d’amélioration de la productivité et de la compétitivité à l’export». La compétitivité est, en effet, au cœur de toutes les préoccupations du secteur. L’intervention d'Amine Berrada Sounni, président de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), s’est d’ailleurs articulée autour des voies et moyens permettant d’identifier et d’exploiter, sur la base de l’expérience et des études de la profession, «de nouveaux leviers de croissance afin de disposer d’un véritable secteur agro-industriel national fort et capable de s’exporter». En la matière, le pays dispose d’une marge de manœuvre qui pourrait lui permettre de jouer dans la cour des grands, à condition de savoir actionner les leviers de croissance qui ont fait recette dans d’autres économies modèles.

Compétitivité et diversification des marchés
Le secteur des industries agricoles et agro-industriel (IAA) représente actuellement près d’un tiers de l’industrie marocaine, avec quelque 2.048 entreprises, soit 27% des unités industrielles, générant 143.000 emplois dont 85% de permanents, soit 25% de l’effectif industriel global. De plus, avec une production de 106 MMDH, soit 27% de la production industrielle totale, la valeur ajoutée des IAA se chiffre à 30 MMDH, qui équivaut à 30% du PIB industriel. Selon Amine Berrada, «il est important d’encourager les exportations des IAA marocaines et de donner de la visibilité aux produits agroalimentaires marocains». Aujourd’hui, seule une petite partie du produit agricole marocain est transformée par les IAA, car seulement 13% de la production agricole est transformée, le reste étant valorisé sur les marchés du frais, notamment le marché local et les marchés traditionnels européens.

C’est ce qui fait dire à Berrada que «l’industrialisation du produit agricole est une nécessité». LA FENAGRI travaille actuellement sur un «salon de produits agroalimentaires marocains», qui sera une vitrine du savoir-faire national. Il s’agit d’actions qui entrent dans le cadre de la promotion des produits locaux, et qui sont accompagnées par les actions que mène à l’international l’Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE). C’est ce qu’a indiqué Najib Azzouzi, directeur du développement à l’EACCE, qui a également mis en exergue les nouvelles missions de l’établissement afin de permettre aux exportateurs de relever les principaux défis du secteur, notamment la pénétration des grands marchés.

Le président de la FENAGRI n’a pas manqué de souligner les apports attendus du contrat-programme avec l’État, principalement l’émergence des écosystèmes agroalimentaires forts et compétitifs afin, d’une part, de servir le marché local en priorité et de développer une offre exportable, pour saisir les opportunités sur les marchés internationaux. Au sortir des débats qui ont suivi les présentations, les intervenants ont enrichi la discussion avec plusieurs aspects sous-jacents qui attestent de l’intérêt, pour les entreprises marocaines, de renforcer la compétitivité de l’industrie nationale afin, notamment, de renforcer la position des produits marocains sur les marchés africains et du Moyen-Orient, où «le produit marocain y est apprécié, des marchés en développement avec peu de grands acteurs». C’est là tout l’enjeu, et le grand défi de l’heure!

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