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Économie

L’Association Anfass s’invite dans le débat sur la richesse au Maroc. Elle vient de rendre public un diagnostic sans concession des choix économiques du pays. Les points saillants de cette analyse.

L’association Anfass propose une lecture à contre-courant des choix économiques opérés ces quinze dernières années dans le royaume. Après ses propositions pour une réforme fiscale et ses documents pour de nouveaux systèmes éducatifs et sanitaires au Maroc, Anfass se penche sur le système économique. Son credo: «Passer des politiques des limites aux politiques des possibles». En clair, cette jeune association créée en 2013 reproche à la «réflexion des politiques économiques d’être basée sur une internalisation des contraintes et de la recherche des solutions dans le cadre de ces contraintes qu’on s’est imposées», peut-on lire dans le cadre de référence en politique économique d’Anfass publié cette semaine. Parmi ces limites figurent le déficit public, la dette, les services publics, perçus comme une charge inutile, le chômage, comme une inadéquation entre l’offre et la demande, et la causes avancées de la faible compétitivité économique.

«Le Maroc a eu recours à différentes politiques économiques depuis l’Indépendance, alternant dirigisme étatique, interventionnisme, mais tendanciellement, en faveur du développement du secteur privé», observe Mounir Bensaleh, coordinateur national d’Anfass. Il continue : «L’ensemble de ces politiques ont eu des effets mitigés sur la croissance économique et sur le développement humain, sans pour autant qu’un capitalisme marocain joue son rôle économique et social. Plusieurs pays se trouvaient au même niveau de développement économique que le Maroc et ont réussi au bout de quelques décennies à multiplier significativement la richesse par habitant» (voir graphique). Cette situation est imputable aux limites imposées à la politique économique.

Sortir des limites…
Pour Anfass, le cadre d’action des gouvernements successifs considère le «déficit public comme une contrainte majeure qu’il faut ajuster uniquement par la limitation de la dépense». Deuxième limite, «les services publics de base sont perçus comme une charge inutile qu’il faudra faire payer par les citoyens, dans le cadre d’une marchandisation féroce et sans limite». Troisième limite, «le taux de la dette publique est inscrit comme une ligne rouge à ne pas franchir, au détriment de l’investissement en infrastructure et facteur humain». À l’opposé de ce schéma, qualifié de «néolibéral», Anfass propose des politiques d’inspiration keynésienne. Ainsi, «l’endettement public peut être financé durablement par des ressources internes, si l’État crée les conditions nécessaires au développement de l’épargne, notamment la petite épargne. Et d’enfoncer le clou : «Arrêtons de diaboliser la dette et le déficit publics ! Le Maroc n’est pas contraint de respecter les plafonds des pays développés».

Pour Anfass, le chômage n’est pas causé que par une inadéquation entre l’offre et la demande sur le marché du travail ou une conséquence de la rigidité de la législation. Les auteurs de ce document réfutent l’hypothèse économique arguant que «les inégalités sont nécessaires à l’économie». Anfass réfute enfin les causes avancées pour expliquer le manque de compétitivité de l’économie. «Les milieux d’affaires ne cessent de répéter que les faiblesses du tissu économique sont dues au manque d’appui et de subventions de l’État. L’ampleur des avantages mis à la disposition des entreprises montrent le contraire», explique Mounir Bensaleh. Ce mouvement tire à boulets rouges sur les dépenses fiscales, spécialement celles destinées à l’immobilier, l’enseignement privé et à l’agriculture.

Les dépenses fiscales critiquées
«Certains secteurs vivaient toujours sous la perfusion des subventions publiques, du protectionnisme, des allégements fiscaux, sans pour autant créer suffisamment d’emplois», souligne Anfass. À ce propos, l’association critique les dépenses fiscales au profit de la promotion immobilière. Ce secteur s’octroie 10% des dépenses fiscales prévues dans la loi de Finances (LF), soit 6 MMDH sur les 35 MMDH prévus dans LF2015. «L’industrie n’a pas été une priorité! La priorité donnée à une croissance par l’immobilier, comme cela a été le cas au cours des 15 dernières années, a été catastrophique», estime Anfass. «Aujourd’hui, les promoteurs immobiliers en crise vont miroiter les effets bénins d’une énième subvention du contribuable pour «sauver» un secteur qui n’a pas pleinement joué son rôle», s’inquiète cette association. Anfass appelle de ses vœux un nouveau modèle économique permettant «une citoyenneté inclusive qui ne laisse personne à la marge, une citoyenneté créatrice de valeurs et qui réprime les comportements économiques improductifs, une citoyenneté qui réhabilite la valeur du travail, et une citoyenneté solidaire». 


7 propositions

1 Changement d’indicateurs : au lieu de ne parler que de PIB, il faut privilégier le pilotage économique par les indicateurs des inégalités, écologiques ou de patrimoine immatériel

2 Souveraineté économique : il est primordial que le Maroc retrouve sa souveraineté sur la décision socio-économique face aux institutions financières internationales.

3 Investir dans les secteurs socialement productifs : encourager l’investissement industriel manufacturier, formel et recruteur de main-d’œuvre.

4 Réforme fiscale : le potentiel d’augmentation des recettes fiscales et des recettes des cotisations sociales est évalué à 10% du PIB.

5 Le plein emploi est possible : réduire la durée du travail, reprendre la création d’emplois dans le secteur public, miser sur un redéploiement productif.

6 Protection sociale : améliorer la protection sociale et rendre universelle la couverture sociale, une réelle politique de redistribution.

7 Planification stratégique : faire de la planification un outil de pilotage économique et de monitoring social.     l

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