Enlèvement, viol, mutilation et strangulation… Voici comment  procédait Abdelali El Hadi,  qui de 2001 à 2004 a violé et tué  neuf enfants, des garçons âgés de 13 à 16 ans. 

Le 21 août 2004. Une effrayante découverte macabre faisait la une de la presse nationale: le 20 août, alors que le pays célébrait l’anniversaire de la révolution du roi et du peuple, les services de police recevaient un appel d’une personne les alertant avoir trouvé des ossements humains à proximité de l’Oued El Ouaer à Taroudant. Du jamais vu jusqu’alors ! La police scientifique révèlera, un peu plus tard, qu’il s’agissait des restes de 9 garçons âgés entre 10 et 17 ans, disparus au fil des trois dernières années. Avec l’avancement du travail de la police scientifique, il s’avérera que les 9 victimes ont été violées puis étranglées.

Dès lors, l'enquête a été ouverte et renforcée par des éléments de la gendarmerie royale et de la police judiciaire afin de lever le voile sur le mystère du crime le plus rapidement possible.

Un certain nombre d'hypothèses a été émis sur les motifs de cette série de crimes, trafic d’organes, exploitation sexuelle, etc.

Plusieurs fois, l’équipe de recherches est retournée sur les lieux où les restes des enfants ont été retrouvés, à la recherche d’éventuels indices matériels pouvant mener au tueur. Le plus souvent, ces équipes rentraient bredouille, jusqu’au jour où le destin mis sur le chemin des enquêteurs un petit bout de papier. Celui-ci, portait un texte rédigé en lettres latines où figurait le mot « Hadi ». C’était le sésame du mystère. De fil en aiguille, l’on découvrit que « Hadi » faisait allusion à Abdelali El Hadi, l'assistant de l'un des restaurateurs ambulants de la station routière de Taroudant.

C’est dans un habitat insalubre, situé près du cimetière de Bouhab, que les policiers trouvèrent Abdelali. A leur grande surprise, il déclara en ouvrant la porte : «Vous êtes enfin venus, je vous attendais ».

Et d’ajouter «j'ai été très tourmenté et je n’arrivais plus à dormir. Je rêve toujours des garçons que j’ai tués. Hier encore, ils m’ont attaché et lapidé».

Au cours des interrogatoires, l’accusé ne montra aucune tension ni peur et a avoué tous ses crimes. Il les relatera même dans leurs moindres détails avec une froideur « provocante » aux yeux de certains enquêteurs.

Le meurtrier a déclaré qu'il choisissait ses victimes au sein de la gare routière, étant le lieu le plus fréquenté par les enfants sans abri, mendiants ou cireurs de chaussures. Il a ajouté qu'il s'approchait d'eux en leur proposant  de la nourriture gratuite, puis les attirait dans sa hutte où il les étouffait à l’aide d’un sac de plastique après les avoir exploité sexuellement avant de les enterrer sous son lit.

Il a également révélé que l’un des enfants a été plus difficile à tuer que d’autres, puisqu’il n’a réussi à l’étouffer qu’après « un énorme effort ». Lorsqu'il a appris que le propriétaire du terrain avait décidé de construire un complexe résidentiel, craignant d’être découvert, il a sorti les restes des victimes et les a jetés près du courant de la rivière.

El Hadi a révélé qu'il avait eu une enfance sévère après le décès de sa mère et le remariage de son père, et qu'il avait été violé par un groupe de jeunes de la région pendant son adolescence. Il expliquera que ce traumatisme l’a poussé à vouloir se «venger» en faisant de même à ses victimes avant de les tuer.

La reconstitution des scènes du crime s’est faite sous haute surveillance, El Hadi les a reconstitués avec tant de froideur, que l’enfant qui jouait le rôle de victime montra des signes de peur, ce à quoi le criminel réagit : « n’aie pas peur, on fait juste semblant ce n’est pas vrai ».

 El Hadi a été condamné à mort pour ses crimes en décembre 2004. Selon la presse, quand le juge lui demanda s’il regrettait ses actes, il répondit : « C’est entre moi et Dieu, monsieur ».

El Hadi est actuellement au couloir de la mort de la prison de Kénitra.

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