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Le partenariat Maroc-UE en matière de migration connait un coup d'accélérateur. De nouveaux fonds ont été débloqués par la Commission européenne. «Les Inspirations ÉCO» retrace le circuit de ces fonds et leur affectation.

C’est l’aboutissement de six mois de négociations entre le Maroc et la Commission européenne (CE) pour renforcer le soutien destiné au royaume pour «développer davantage son système de gestion des frontières, et de lutter de manière plus efficace contre le trafic d'êtres humains». Les nouvelles annonces prises dans le cadre du Fonds fiduciaire d'urgence de l'UE pour l'Afrique contribueront à améliorer la capacité du Maroc et de la Libye à gérer leurs frontières.

Une aide en trois volets 

Un montant de 40 millions d'euros a été libéré par la CE sur les 140 millions d'euros adopté à l'issue de négociations. Dans ces pourparlers, le Maroc pouvait compter sur un avocat de taille : l’Espagne. Le royaume aussi a fait prévaloir les chiffres de la lutte contre les flux de la migration irrégulière stoppés en 2018 sur les côtes marocaines. «Nous évoluons dans un contexte régional marqué par une reprise de la pression migratoire sur le Maroc», rappelle Khalid Zerouali, directeur de l'immigration et de la surveillance des frontières, au ministère de l’Intérieur. Et d’ajouter : «En 2018, nous sommes à 78.000 interceptions contre 32.000 en 2016 sur la route de la méditerranée occidentale». Même son de cloche de Dimitris Avramopoulos, commissaire chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté : «Le Maroc est soumis à une pression migratoire particulièrement forte, du fait de l'augmentation des flux. C'est pourquoi, nous nous employons à intensifier et approfondir notre partenariat avec ce pays, en augmentant notre soutien financier». Ces 140 millions d’euros seront destinés «à l’acquisition d’équipements et de moyens de détection», indique le haut responsable du ministère de l’Intérieur. Ces budgets seront gérés par le voisin ibérique à travers la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l'administration et les politiques publiques. Ces nouveaux fonds seront axés sur «la lutte contre le trafic de migrants et la traite d'êtres humains, dont un renforcement de la gestion intégrée des frontières», indique la CE. Dans les détails le soutien européen au Maroc en matière migratoire se compose de trois volets : soutien à la gestion des frontières, lutte contre les réseaux de trafic et le soutien à la politique d’intégration des migrants. Le premier volet s’inscrit dans le programme de soutien à la gestion des frontières dans la région du Maghreb. «Sur l'ensemble de ce budget, le Maroc bénéficiera d'une enveloppe de 30 millions d'euros, ce qui aidera les services marocains de contrôle aux frontières. Ce programme est d'ores et déjà déployé, en concertation étroite avec les autorités marocaines», précise l’UE. Le deuxième volet est un programme d'une valeur de 70 millions d'euros, qui a été récemment adopté pour aider le Maroc «dans sa lutte contre le trafic de migrants et la traite d'êtres humains, au moyen, notamment, d'une gestion des frontières renforcée», continue l’UE. Le troisième volet porte sur un programme de 8 millions d'euros visant à aider le Maroc à renforcer encore ses politiques dans le domaine de la gouvernance des migrations au niveau régional. Johannes Hahn, commissaire chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement, avait déclaré à ce propos: «avec le concours de ses États membres, l'UE intensifie actuellement son aide au Maroc, un partenaire de premier plan pour l'Union européenne». Pour ce responsable de l’UE, «la coopération va cependant bien au-delà de la seule migration: nous nous employons à renforcer notre partenariat par le développement socioéconomique, la décentralisation et l'intégration des jeunes, au profit des citoyens marocains et européens». À la fin de cette année, l'UE aura pris en faveur du Maroc des engagements à hauteur de 148 millions d'euros en matière d'assistance liée aux migrations.

 


Les niet du Maroc

Lors des négociations avec l’UE, le Maroc continue d’afficher une position ferme sur deux points : les centres de débarquement de migrants (hotspot) et un accord de réadmission globale Maroc-UE. Les dix ans de partenariat avec l’UE sur le thème de la migration, avec des engagements se hissant à  232 millions d’euros, n’ont pas changé l’avis du Maroc sur le sujet. Depuis 2013, ce partenariat s’inscrit dans le cadre de l'Accord de partenariat de mobilité. L'UE soutient la Stratégie nationale pour l'immigration et l'asile adoptée par le Maroc en 2014, dont certaines mesures mettent tout particulièrement l'accent sur l'intégration des migrants, ainsi que sur la promotion et la protection de leurs droits, mettent en place des systèmes durables en matière de retour et de réintégration et promeuvent un dialogue régional sur la migration. Depuis 2014, l'UE dispose de différents fonds et instruments afin de soutenir des actions liées à la migration au Maroc.

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