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Décryptages / Grand Angle

Les élèves du Groupe scolaire Mohamed Al Fatih et leurs parents ne désespèrent pas de trouver une issue favorable à leurs attentes. Ne contestant pas la décision de la fermeture, seul l’avenir des enfants concernés est mis en avant. Les versions qui leur sont fournies jusqu’à présent ne les rassurent pas pour autant.

Les parents des élèves concernés par l’ordre de fermeture du groupe scolaire Mohamed Al Fatih n’ont pas attendu longtemps pour réagir. Après la manifestation tenue au lendemain de l’annonce par le ministère de l’Intérieur, et qui concerne l’ensemble des 8 écoles (3 à Casablanca, 2 à El Jadida, une à Tanger, une à Tétouan et une dernière à Fès), l’association des parents d’élèves a multiplié les recours auprès de la Wilaya et de l’Académie régionale de l’enseignement pour y voir plus clair. Malheureusement, leur inquiétude n’a pas baissé d’un cran pour autant.  C’est que la décision prise de fermer toutes les écoles du groupe Mohamed Al Fatih au Maroc, abstraction faite des raisons qui l’ont motivée, touche tout de même 2.500 étudiants. Contactée par Les Inspirations ÉCO, Amal X, membre de l’association des parents d’élèves et mère d’un enfant poursuivant jusque-là ses études au sein d’un établissement du groupe, situé sur le boulevard panoramique de Casablanca, partage avec nous sur les données qui lui ont été communiquées à la fois de source ministérielle et de la part de l’équipe managériale du groupe scolaire. Une version qui contredit grandement de nombreuses informations et perceptions aujourd’hui largement partagées et véhiculées.

Le groupe Mohamed Al Fatih est-il anglophone ?
Non. «Les étudiants anglophones représentent près de 300 étudiants par rapport à l’effectif global que compte le groupe scolaire sur tout le Maroc. Ils poursuivent tous leurs études au sein de l’établissement situé à Lissasfa», nous précise Amal X. Maintenant, il s’avère un tantinet plus compliqué de «placer» les élèves de cet établissement anglophone, comparativement à ceux des autres établissements du groupe. Pour ces élèves dont la majeure partie de leur formation est assurée en anglais, et eu égard au délai fixé par le ministère (un mois, rappelons-le), les seules alternatives logiques qui se présentent à eux sont l’École américaine de Casablanca et la George Washington Academy. Inutile de préciser que les coûts et frais d’inscription, d’assurance et de scolarité y sont exorbitants, comparativement à ce que les parents déboursaient jusque-là, sans compter qu’inscrire les enfants en plein milieu de l’année scolaire est hautement improbable au sein des écoles de ce calibre là. Devant l’incapacité des parents de ces 300 écoliers de permettre à leurs enfants de poursuivre le même cursus, nombreux sont ceux qui se disent inquiets d’avoir à  changer de cap  pour adopter une nouvelle scolarité où l’anglais n’est pas forcément la langue principale.

Comment ces élèves seront-ils «redistribués» ?
Amal X, notre interlocutrice, attire l’attention sur les 2.200 élèves restants et qui, eux, ne sont pas anglophones mais «poursuivent un cursus scolaire bilingue classique comme dans n’importe qu’elle autre école privée marocaine». «Nous ne comprenons ni la décision, ni la forme que prendra cette redistribution des élèves. Tout ce que nous savons, c’est que l’État a donné ses directives aux écoles pour faciliter l’insertion des écoliers délocalisés, en supprimant certains des frais exigés, mais ce ne sont là que des bruits de couloirs. Rien n’est officiel», poursuit la mère désespérée, notant qu’il ne s’agit pas pour elle et les autres parents d’élèves de remettre en question la décision du ministère de l’Intérieur. «Nous ne contestons en aucune manière la décision de la fermeture. L’État préserve les intérêts du pays, et il n’est pas de notre ressort de discuter ses décisions. Par contre, je suis surprise du mutisme total du ministère de l’Éducation nationale sur cette question, et m’inquiète du sort des enfants qui se voient ainsi obligés de changer d’école en plein milieu de l’année scolaire, et des professeurs et encadreurs qui sont plus de 500 et qui sont tous Marocains», s’indigne-t-elle. À l’évidence, la seule chose qui importe pour les parents est de trouver une solution sereine devant permettre aux étudiants de finir l’année dans des conditions normales. Mais ce n’est pas gagné.

Passé le délai, qu'arrivera-t-il aux enfants ?
D’après notre source, «une fois le délais épuisé et si certains enfants n’ont pu être placés dans les temps au sein d’instituts à qualité similaire, l’État procèdera à leur ventilation au sein d’établissements publics et privés». Une source au ministère de l’Éducation nous confirme toutefois que des mesures sont prises afin d’alléger les parents du poids des transferts et leurs coûts, et qu'un accompagnement spécial sera accordé aux étudiants anglophones, sans en préciser la nature. «Je n’ai rien contre l’école publique», poursuit Amal X, «mais je déplore ce qu’elle est devenue. C’est pour cela que des parents se saignent pour pouvoir offrir à leurs enfants une éducation digne de ce nom». Par ailleurs, cette dernière soutient que d’autres pays auraient mieux géré la situation, puisque le Maroc n’est pas le premier pays où ce problème se pose. Elle affirme que certains pays auraient eux-mêmes organisé la transition des enfants des écoles gülenistes à d’autres, autorisées. Dans d’autres cas, ce serait le gouvernement turc qui aurait assumé le coût des transferts. Pour l’heure, les parents et le management du groupe scolaire ne perdent pas espoir, et croient en la possibilité de trouver une issue viable aussi bien pour les élèves que pour le groupe lui-même..


Déception

Une commission de coordination constituée de parents d’élèves et de cadres pédagogiques du groupe scolaire Mohamed Al Fatih s’est entretenue, lundi 9 janvier, avec le wali de la région de Casablanca-Settat, en présence du directeur de l’Académie régionale de l’éducation nationale, dans le but de trouver une solution à leur calvaire et conserver le système pédagogique dans lequel ils ont inscrit leurs enfants. À l’issue de cette réunion, les parents d’élèves ont exprimé aux Inspirations ÉCO leur déception: le wali a confirmé la décision du ministère de l’Intérieur qui consiste en la fermeture de toutes les écoles du groupe et le redéploiement des élèves dans d’autres écoles. Une décision que les parents regrettent, et qui les obligent à abandonner le modèle d’éducation qu’ils ont choisi pour leurs enfants, un système qui «émane d’un choix réfléchi» et qui, pour certains de ces élèves (près de 300), promeut l’enseignement de l’anglais comme langue principale.

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