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L’urbanisation galopante, en expansion continue, la baisse du nombre d’enfants et le vieillissement de la population marocaine constituent un cocktail détonnant qui risque de peser sur l’économie à court terme. Les révélations du Haut Commissariat au Plan.

Le Haut Commissariat au Plan (HCP) vient de diffuser sa publication sur les indicateurs sociaux, édition 2018. Il s’agit d’un document riche en informations observées dans la durée dont l’objectif est de mettre à la disposition des différents utilisateurs une base d’informations permettant, notamment, de faciliter la prise de décision et de fournir les éléments requis pour une éventuelle évaluation de l’impact des politiques publiques sur la qualité de vie de la population.

En plus des statistiques produites par le HCP, la publication fournit également des données émanant d’autres départements comme ceux de la Santé, de l’Education, de la Formation Professionnelle, de la Jeunesse et des Sports et du Centre Cinématographique Marocain. Morceaux choisis dans le domaine démographique !

Maroc : 34,85 millions d’habitants au 1er juillet 2017

Dans le domaine démographique, le Centre d’Etudes et de Recherches démographiques (CERED) qui relève du HCP fait des projections sur l’évolution de la population. Et selon ses prospectivistes, l’effectif de la population du royaume a atteint 34,85 millions au 1er juillet 2017, avec un taux d’accroissement de 1,06% par rapport à 2016 et un taux d’urbanisation qui a atteint 61,9%. Autrement dit, moins de la moitié de la population marocaine vit actuellement en zone rurale.

Et cette tendance n’est pas prête de s’inverser car cette urbanisation, qui résulte à la fois de l’exode rural, du reclassement de certaines localités rurales et de l’extension du périmètre urbain, est en expansion continue.

Une urbanisation galopante en expansion continue

Faut-il s’en inquiéter ? Certainement oui, parce que c’est un phénomène qui a des effets dévastateurs sur la population et l’économie. Pour commencer, arrêtons-nous sur ses conséquences comportementales qui affectent directement la structure de la population selon l’âge. C’est connu, l’urbanisation a pour corollaire la réduction du nombre d’enfants par ménage. Les conditions de vie étant plus difficiles en milieu urbain, on a donc tendance à faire moins d’enfants.

Et comme le révèle le document du HCP, la structure de la population marocaine selon l’âge évolue dans ce sens là depuis pratiquement l’indépendance du royaume. La proportion des enfants (moins de 15 ans) est en baisse depuis 1960, soit quatre années après l’indépendance du Maroc où certaines agglomérations ont commencé à émerger. En 2017, ces derniers, qui sont pourtant l’avenir du pays, ne représentent que 27,0% de la population totale.

L’évolution de l’indice synthétique de fécondité (ISF), c'est-à-dire le nombre moyen d’enfants par femme, explique bien cette tendance inquiétante. En effet, l’ISF s’est situé à 2,19 enfants par femme en 2015 contre 2,2 en 2014 et 3,3 enfants en 1994. Par milieu de résidence, cet indice s’est établi en 2015 à 2,49 en milieu rural et à 1,99 en milieu urbain où la fécondité passe en dessous du seuil de remplacement des générations. Une tendance qui soutirerait une éventuelle convergence de la fécondité entre les deux milieux de résidence.

Selon la région, la fécondité enregistre son niveau le plus bas (2,1 enfants) dans les régions de l’Oriental, Fès-Meknès, Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra. Ce sont les régions de Dakhla-Oued-Eddahab, et de Drâa-Tafilalet qui affichent par contre les ISF les plus élevés, soit respectivement 2,9 et 2,7 enfants par femme. Dans le même sens, l’âge du premier mariage des femmes a reculé ! De 26,3 ans, il est passé à 25,7 ans durant la dernière période intercensitaire (entre 2004 et 2014). Cette tendance laisse présager une inflexion de la fécondité non encore observée dans les chiffres du fait probablement d’une progression de la pratique contraceptive dont la prévalence a déjà atteint 67,4% en 2011. Quant à l’âge du premier mariage masculin, après une augmentation de 30 à 31,2 ans entre 1994 et 2004, il s’est depuis stabilisé à 31,3 ans en 2014.

Recul progressif de l’âge du mariage

Sur le plan régional, Guelmim-Oued Noun est la région qui affiche l’âge du premier mariage le plus élevé aussi bien pour les femmes (27,8 ans) que pour les hommes (32,6 ans). Cependant, l’âge le plus précoce de primo-nuptialité, est enregistré au niveau de la région de « Dakhla-Oued Eddahab » pour les femmes (23,5 ans) et de la région de Drâa-Tafilalet (30,2 ans) pour les hommes.

S’agissant du mariage des mineurs, il demeure élevé malgré un léger recul. En effet, selon les données du Ministère de la justice, 41.669 demandes de mariages de mineurs (dont 99,0% sont des filles) ont été déposées au titre de l’année 2015 (contre 38.331 demandes en 2007). Il ressort de la même source que 85,1% de ces demandes ont été acceptées contre 14,9% rejetées.

Malgré l’évolution à la hausse de ce dernier chiffre qui donne froid au dos, la taille moyenne des ménages est de 4,6 personnes (contre 5,24 en 2004). Elle est de 4,2 personnes en milieu urbain (4,75 en 2004) et de 5,3 en milieu rural (5,99 en 2004). La structure des ménages révèle que 7,2% (523.534 ménages) de l’ensemble des ménages sont constitués d’une seule personne (8,1% en milieu urbain et 5,4% en milieu rural), et 46,6% de 5 personnes ou plus (40,5% en urbain et 58,7% en rural). Pour ce qui est des chefs de ménage par sexe, il ressort des données du RGPH 2014 que 16,2% des ménages sont dirigés par des femmes (18,6% en milieu urbain et 11,6% en milieu rural). Parmi ces derniers, 20,9% de ces ménages sont constitués d’une seule personne.

La structure des femmes chefs de ménage selon le statut matrimonial montre que 55,2% sont veuves, 19,7% sont mariées, 14,3% sont divorcées et 10,8% sont célibataires. Pourtant, les données récentes de l’enquête nationale de santé de la population (ENPS-2016/2017) réalisée par le Ministère de la santé, révèle que le taux de mortalité maternelle a connu une baisse remarquable.

Pour 100 mille naissances vivantes, les décès des mères survenus pour des raisons liées à l’accouchement sont passés de 332 à 227, à 112, respectivement en 1992, 2004 et 2010 pour atteindre 72,6 en 2016, soit 44,6 en milieu urbain et 111,1 en milieu rural. La structure des femmes chefs de ménage selon le statut matrimonial montre que 55,2% sont veuves, 19,7% sont mariées, 14,3% sont divorcées et 10,8% sont célibataires.

6 personnes sur dix sont du 3e en milieu urbain

Ceci étant, le nombre d’enfants dans la population marocaine n’est prêt de s’inscrire à la hausse. Face à l’exode rural qui ne tarit pas, c’est plutôt le scénario d’une baisse continue qui prévaut. Une baisse qui se fait au profit de la population adulte (15-59) qui a atteint 62,8% et de celle du troisième âge (60 ans et plus) qui est passée de 7,2% à 10,2%. Ce qui confirme un vieillissement de la population, une situation tyrès inquiétante pour l’économie nationale.

En effet, selon le dernier recensement, le vieillissement est plus important dans les régions de l’Oriental (10,2%), de Beni-Mellal-Khénifra (10,0%), et de Fès-Meknès (9,7%). En revanche, il est le plus faible dans les régions d’Eddakhla-Oued-Eddahab (3,1%) et de Laayoune-Sakia El Hamra (5,3%). Par milieu de résidence, près de 6 personnes sur 10 âgées de 60 ans et plus (59,4%) résident en milieu urbain.


Les étrangers résidant au Maroc selon la nationalité  

Les étrangers résidant au Maroc sont au nombre de 84 000 selon le dernier recensement général de la population de 2014. Selon le continent, 41,6% (34.966) sont de nationalité africaine, dont 64,5% (22.545) de l’Afrique subsaharienne et 31,9% (11.142) de la région du Maghreb. Pour les européens ils représentent 40% (33.615) et les asiatiques 15,2% (12.771), dont 82,8% (10.573) du Moyen Orient. Le reste soit 3,2% (2.649) sont d’autres continents (dont 76,9% (2.037) des pays de l’Amérique). Selon la nationalité, les ressortissants Français sont majoritaires et représentent environ 25,4% (21.344). La communauté Sénégalaise vient en deuxième position avec 7,2% (6.066), suivi des Algériens (6,8%, soit 5.710) puis des Syriens (6,2% soit 5.225) et des Espagnols (4,8%, 3.990). 

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