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Faouzi Chaâbi : Vice-président d’Ynna Holding et tête de liste du PAM à Kénitra

Retraite, décompensation du gaz et rapports avec le PJD...Faouzi Chaâbi, tête de liste du PAM à Kénitra, répond à coeur ouvert aux «Inspirations ÉCO».

Les ÉCO :  Votre famille a eu différentes couleurs politiques et vous venez de rejoindre le PAM. Pourquoi ?   
Faouzi Chaâbi :  En effet, j’ai quitté le parti de l’environnement et du développement durable (PEDD) après un incident où l’on m’a refusé l’accès au congrès dudit parti à l’occasion de l’élection du nouveau secrétaire général, alors que j’étais membre du bureau politique. J’avais même pensé à ce moment-là à arrêter la politique si ce n’est les encouragements de mon entourage et ma volonté de travailler pour la cause de mon pays, qui m’ont poussé à persévérer pour continuer ma carrière dans ce sens. L’occasion s’est présentée pour revenir sur la scène politique et j’ai choisi le PAM. Il faut dire que je n’avais pas trop d’options. La marge de choix est étroite car nous assistons à une certaine bipolarisation du champ politique avec deux grands partis politiques qui dominent la scène : le PAM et le PJD. Durant les élections de 2011, nous avions 4 grands partis qui avaient leur chance d’être aux rennes. J’ai choisi de me joindre au PAM car c’est le parti qui apporte un véritable changement dans le contexte d’aujourd’hui.

Pourtant, la famille de Chaâbi a démontré une proximité avec le PJD. Quelle est la raison de ce changement ?
C’est faux ! Notre famille n’a jamais été proche du PJD. L’un de mes défunts frères est resté pendant longtemps membre de ce parti mais ce n’est pas le cas des autres membres de notre famille. Il faut que l’opinion publique arrête de faire cette confusion. Il s’agit d’un subterfuge inventé par nos adversaires en vue de créer le flou et de nous coller l’étiquette du PJD. D’ailleurs notre père, Miloud Chaâbi, s’était présenté aux dernières élections à Kénitra sous des couleurs autres que celles du parti de la lampe.

En parlant d’«étiquette PJD», vous pensez qu’il y a un problème à être membre de ce parti aujourd’hui...
Avant non, mais aujourd’hui, oui ! Nous avions soutenu ce parti  car il portait un message de changement dans un contexte où le Maroc connaissait de grandes transformations, suite aux mouvements du 20 février. Après   5 ans au gouvernement, l’entourage de ce parti essaye de plus en plus de faire profil bas. Aujourd’hui, j’exerce ma liberté à rejoindre le parti politique de mon choix. Le PAM est un parti qui œuvre pour un changement, qui cherche à innover et nous devons donc lui accorder sa chance comme nous l’avons accordée au PJD, à l’Istiqlal ou à l’USFP avant lui.   Je ne comprends pas pourquoi tout cet acharnement sur le PAM et sur la famille Chaâbi.
 
Que répondez-vous aux accusations d’opportunisme politique voulant que votre famille essaye , après le décès de Miloud Chaâbi, de régler ses affaires avec l’État et  à se rapprocher du PAM ?
Vous l’aurez peut-être remarqué, ceux qui diffusent ces rumeurs sont surtout des médias proches du PJD. Nos détracteurs nous ont habitués à ce genre de réactions. Lorsque notre père, Miloud Chaâbi, avait rejoint le PPS, nous avons été attaqués de tout part, les gens nous critiquant d’opportunistes. L’histoire se répète aujourd’hui. Lorsqu’un parcours est couronné de succès, des critiques et des mensonges sont proférés, c’est   tout à fait normal. En outre, si ces gens croient vraiment que nous le faisons par opportunisme, ils devraient plutôt s’en réjouir. Nous sommes une entreprise qui emploie plus de 20.000 personnes et nous faisons vivre des milliers de familles. Admettons même que nous essayions de résoudre certaines de nos difficultés, cela devrait être accueilli comme une bonne nouvelle. Bien évidemment, tout cela n’est que pur mensonge. J’ai rejoint le PAM car il s’agit du seul parti qui permettra de mettre fin au règne du PJD et de prendre un nouveau départ. Si le PAM commet les mêmes erreurs, les Marocains iront voter pour un autre parti dans une logique d’alternance. C’est aussi simple que cela..

Vous avez récemment déclaré que l’expérience du PJD a porté préjudice aux Marocains. Sur quelle base concrète avez-vous émis ce jugement ?
Le premier élément palpable concerne la promesse de la lutte contre la corruption sous toutes ses formes; le PJD cherchant à lui donner une base idéologique et religieuse. Les électeurs qui ont cru au projet du PJD l’ont fait parce qu’ils ont vu en ce parti des hommes qui craignent le bon dieu et qui agiront en tant que bons musulmans. Dans les faits, la situation n’a fait qu’empirer et la corruption s’est aggravée durant ces 5 dernières années, y compris auprès des gens actuellement au pouvoir. Ceci a porté préjudice aux Marocains, notamment les primo-électeurs qui s’étaient toujours désintéressés de la politique et qui avaient nourri de grands espoirs dans le parti de la lampe. Aujourd’hui, on se rend compte que ce parti n’a pratiquement rien fait. Pire, il n’a même pas réussi à faire ce qu’avaient fait ses prédécesseurs qui avaient fourni de grands efforts dans ce sens sans faire référence à la religion dans leur exercice de la politique. On peut dans ce sens citer le cas du maire de Rabat qui a éclaté récemment et qui contredit tout ce que le PJD avait promis dans le cadre de sa campagne et de son programme gouvernemental. Le PJD a également été laxiste sur plusieurs dossiers de moralisation de la vie publique comme l’interdiction de la vente d’alcool, alors qu’ils avaient depuis longtemps choisi un positionnement idéologique particulier par rapport à ce genre de questions.

Mais ne pensez-vous pas que certains grands dossiers, comme celui de la décompensation qui est tout de même à mettre dans le cadre de l’actif de ce gouvernement ?
Je me suis personnellement toujours positionné contre le maintien de la Caisse de compensation. Nous ne pouvons pas aujourd’hui nier que le dossier a été géré depuis son lancement en 2000 par le souverain. La décision d’y mettre fin a donc également été prise par sa majesté. C’est le roi en personne qui s’est chargé de ce dossier et non pas le PJD. Il faut mettre ce dossier dans le même registre que les grands chantiers stratégiques du royaume comme le Plan Maroc Vert ou le Plan d’accélération industrielle. En revanche, il faut noter que si le gouvernement PJD n’a pas décidé de mettre fin aux subventions du gaz butane, c’est seulement pour des raisons électorales.

Si le PAM remporte le  suffrages du 7 octobre, lèvera-t-il  les subventions sur le gaz butane ?
Peut-être, mais rien n’est sûr. Il peut tout aussi bien opter pour une autre formule qui permettrait aux personnes les plus démunies de profiter de subventions tout en combattant les abus, notamment chez certains exploitants agricoles qui disposent de milliers d’hectares de terres et qui profitent encore aujourd’hui du gaz butane pour des usages industriels.

Quelle est votre appréciation de la réforme des retraites proposée par ce gouvernement ?
C’est là aussi un sujet pour lequel je milite depuis longtemps. Ce que je reproche au gouvernement actuel, c’est que là aussi il n’a pas cherché à poursuivre d’abord ceux qui ont pillé les caisses de l’État, sachant que des enquêtes parlementaires ont été réalisées dans ce sens depuis une dizaine d'années. Des enquêtes qui n’ont pas été suivies d’actions concrètes à ce jour. Il s’agissait donc d’une occasion pour le gouvernement PJD de démontrer sa volonté d’assainir le système et d’engager des sanctions à l’encontre des responsables 

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