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Culture

Du 11 au 18 octobre, les journées musicales de Carthage ont su prouver au monde que la scène alternative intéresse le grand public, le tout en assumant l’évènement jusqu’au bout malgré les élections. Retour sur un évènement aussi brave que nécessaire.

Telle une véritable fête de la musique pendant huit jours à Tunis, les journées musicales de Carthage se suivent et ne se ressemblent pas. Des concerts en plein air, des concerts en toute intimité, des concerts dans le cadre de la compétition, une énergie incroyable se dégage de la sixième édition d’un évènement généreux. La soirée de clôture du vendredi était à l’image de l’évènement avec une remise de prix émouvante et un concert incroyable du violoniste Mohamed Gharbi qui a fait voyager le public dans son univers à la fois très imagé et riche en sonorités.

Belle nouvelle scène
Ce vendredi 18 octobre à la Cité de la Culture à Tunis s’est tenue la soirée de clôture où les groupes programmés de la semaine se voyaient remettre des prix par un jury de professionnels constitués de professionnels, de directeurs de festivals, de musiciens et de journalistes culturels, à l’image de Justin Adams, Soro Solo, Kais Melliti, Tania Saleh et Talia Sellami. «Le monde devrait venir faire un stage aux journées musicales de Carthage», confie le membre du jury et animateur à France Inter, Soro Solo. Un jury touché par les belles propositions créatives d’une jeunesse rassurante qui ira, selon eux, très loin. La Tanit de bronze a été remis au projet passionné du virtuose Faraj Suleiman, Palestinien à l’univers bien trempé, ce pianiste de génie mêle morceaux instrumentalistes et chants avec beaucoup de grâce. Le Tanit d’argent est revenu à un projet qui ressemble au premier, celui du projet tunisio-franco-belge : Aleph. Un quintet dirigé par un Oud efficace et sublimé par les sons nostalgiques d’un violon sur fond de piano, basse, batterie. Quant au Tanit d’or, il est Camerounais et féminin. Lornoar a séduit le jury avec son univers afro-rock. Elle a scotché l’audience dès les premières notes de «Tit I dam», une ballade rock qui se transforme en transe, le tout avec la voix à la fois fragile et forte d’une chanteuse et guitariste habitée, le tout avec une mention spéciale à «Tolonzo» de Kanazoé Orkestra (France- Burkina Faso). De nombreux prix professionnels ont été distribués à des groupes tunisiens en vue de les accompagner dans leurs projets. L’institut français offre un album, un accompagnement et une tournée à la magnifique Sabrine Jenhani et son projet ZAY. Gultrah Sound System, qui a emporté le public, s’apprête à rencontrer le monde avec une tournée MENA, un prix important. «Il n’y a pas encore d’infrastructure. Elle est monopolisée par le ministère de la Culture. «On a misé sur des projets innovants qui proposent une nouvelle vision, des arrangements originaux. Leur point en commun, c’est la créativité», explique Imed Alibi, musicien et directeur des 6e journées de Carthage.

Un rendez-vous structurant
On ne peut pas dépendre que des subventions. Il y a des difficultés par rapport aux lieux de répétition aussi. J’aimerai bien que le privé s’implique un peu plus», confie le directeur du festival. Plus qu’un festival, les Journées musicales de Carthage laissent s’exprimer une scène alternative à laquelle l’on a pas accès à la télévision ou à la radio. Une scène non commerciale mais connue du public quand même grâce au pouvoir des réseaux sociaux. Une scène qui propose des projets innovants et créatifs. «C’est un festival non commercial et les musiciens aussi ! C’est difficile à vendre. Certains médias ne me trouvent pas drôle à parler sérieusement, on ne trouve pas drôle de ne pas avoir de tapis rouge !», s’amuse à rappeler le directeur du festival et musicien. Rue pleine, salles sold out tous les jours, tout le monde s’est étonné du succès d’une scène sur laquelle personne ne mise au départ. Sauf les journées musicales de Carthage ! «Il y a eu beaucoup de choses positives après 2011 dans la société civile mais aussi dans la culture. Il y a une certaine libération. On a brisé certains tabous. Le chemin est encore long mais il y a prise de risque, originalité dans les projets artistiques». Habitués des évènements étatiques, la scène tunisienne a eu besoin de coaching pour s’adapter aux nouvelles exigences de la scène internationale selon le responsable du festival. «Ce genre de festival peut se transformer en plateforme nationale et régionale, servir à faire du coaching, de l’accompagnement».

Sud-Sud, le futur
Ce genre de manifestations comme Visa for Music à Rabat, Oslo World Music Festival ou encore Beirut & Beyond sont là pour rappeler que les relations Sud–Sud sont le futur de l’industrie. «Pour être réaliste, ce sont des statistiques et des recherches qui ont été faites : l’avenir est dans les réseaux Sud-Sud !», avoue Imed Alibi qui déplore le manque d’une véritable collaboration dans le Maghreb, une collaboration dans le vrai sens du terme et non un enchaînement de réunions. «Malheureusement chaque régime, chaque état a sa complexité mais on a tellement de choses à faire. On a beaucoup de points en commun avec la Colombie ! Beaucoup de musiciens veulent venir, faire des choses dans la région. On ne pense pas forcément à Jakarta ou Bogota, on va se concentrer sur Naples ou Marseille. Je pense que cela va changer. On peut faire des résidences au Brésil, en Argentine». Un changement d’orientations qui commence à se voir avec les nombreuses propositions artistiques de ces dernières années et surtout de cette semaine avec ces 6e Journées de Carthage qui ont su tenir toutes leurs promesses. Le festival au supplément d’âme et à contre courant pense déjà à l’édition prochaine puisque selon le directeur, «il a déjà été prouvé que l’associatif est toujours plus efficace que l’étatique». À bons entendeurs !

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