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La 15ème édition du Festival international Cinéma et Migration d'Agadir a offert, ce samedi, le cadre pour un débat de fond sur "les politiques nationales du cinéma en Afrique: entre le soutien des cinémas nationaux et l’encouragement de l’attrait des productions étrangères", qui a réuni réalisateurs, producteurs, comédiens et responsables de centres cinématographiques issus de plusieurs pays du continent.

Comment asseoir une politique du cinéma en Afrique?quel sera le modèle pour la faire réussir?, à quel point la production cinématographique est considérée sur le continent comme un outil pour le rayonnement culturel et la croissance économique et sociale, quels moyens pour y stimuler l'aide institutionnelle et encourager les fonds privés, comment assurer une large distribution au film africain, ou encore l'avenir du cinéma africain d'expression française face aux productions anglophones de "Nollywood" au Nigeria ou de Hollywood, autant de questions et bien d'autres qui ont focalisé les discussions.

Si les contraintes à la production cinématographique sont nombreuses, un état des lieux des politiques cinématographiques de chaque pays, constitue un préalable indispensable à l’éventuelle adoption d'approches appropriées, selon le postulat de départ posé lors de la table ronde animée par l'acteur et réalisateur béninois, Sylvestre Amoussou, le réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, délégué général du festival "Ecrans noirs", le producteur marocain installé aux Etats-Unis, Fouad Challa, le représentant du Festival panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO), Kambire Jean-Delaru ainsi que le jeune producteur marocain, Mohammed kaghat.

Modérée par Abdessadek El Alem, qui a longtemps servi au sein de la Fondation Ouarzazate Film Commission, la rencontre a tenté de faire une radioscopie de la situation des filières cinématographiques sur le continent, tout en s'arrêtant tant sur les contraintes et les défis que les exemples de réussite ainsi que les pistes pour favoriser la production cinématographique et faire du cinéma un vrai facteur de croissance économique et de rapprochement inter-africain.

S'agissant de la situation du 7ème art au Maroc, nombreux sont les intervenants qui ont relevé les fondamentaux solides qui expliquent aujourd'hui le foisonnement de la production nationale à la faveur d'une aide plus consistante de l’Etat, ainsi que de l'émergence d'une générations d'acteurs et de réalisateurs, dont ceux issus de l'immigration, qui font preuve d'une grande diversité à travers des films qui reflètent davantage les réalités et les spécificités locales.

"La production de ce genre de films qui nous ressemblent, en tant qu'Africains, est la seule façon de s’imposer sur la scène internationale", estiment nombre d'intervenants lors de ce débat qui a été ouvert à une assistance composée de nombreux autres invités du festival, dont le cinéaste marocain Daoud Oulad Sayed, l'acteur et scénariste franco-algérien Moussa Maaskri, ou encore la responsable de la cinémathèque Afrique à l'institut français de Paris, Véronique Joo'aisenburg.

Après la Côte d'Ivoire en 2016 et le Cameroun l'an passé, le festival Cinéma et Migrations a déroulé le tapis rouge cette année au Bénin dans une volonté de contribuer à rapprocher le cinéma du continent du public marocain.

Après cinq jours de projections, de débats et d'ateliers, le rideau tombe ce samedi soir sur cette manifestation artistique et culturelle avec la cérémonie d'annonce des vainqueurs des deux compétitions officielles réservées aux longs et aux courts métrages.

Depuis sa création il y a 15 ans, le festival met en avant la diversité du cinéma marocain, produit dans le Royaume mais aussi par des Marocains du monde, ainsi que des productions internationales, portant sur la thématique de l'immigration.