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Jusqu’au 30 novembre, la Fondation Belkahia donne carte blanche à l’artiste Mohamed El Baz. Une façon pour l’artiste plasticien et vidéaste marocain de revenir sur ses influences dans l’art avec un clin d’œil à Tadeusz Kantor et à une rencontre qui a marqué sa vie : Farid Belkahia.

Dans les murs habités du Mathaf Belkahia, la fondation Farid Belkahia propose de revenir sur le travail de Mohamed El Baz, en lui laissant carte blanche. L’installation qui se prolonge jusqu’au 30 novembre fait montre de tout le talent de l’artiste, marqué par sa rencontre avec l’un des fondateurs de l’école de Casablanca, en 2009. «J’ai connu Farid assez tardivement, en 2009, lors de mon exposition à Galerie 21, il m’a fait la belle surprise de venir au vernissage. On a entamé une conversation, je le connaissais, lui avait entendu parler de moi mais on ne s’était jamais encore rencontrés. Quelque chose s’est passé qui est assez bizarre. On est devenu copains», se souvient Mohamed El Baz.

Knockin on heaven’s doors…
En se souvenant de Belkahia, El Baz ne peut s’empêcher de rendre un hommage spécial à son mentor: «Farid m’avait dit un jour : je veux que tu me fasses un arbre majestueux en néons, le voilà aujourd’hui». Le symbole de l’homme sur terre a pris ses aises tout en hauteur au milieu des jardins du musée. Une façon de le rapprocher de l’au-delà, histoire que le peintre défunt puisse en toucher les branches qui jaillissent dans le bleu du ciel. Un travail baptisé les portes du paradis comme pour effacer la frontière entre le rêve et la réalité. «L’idée de l’arbre m’a toujours habité depuis tout petit. Cela me rappelle mon enfance à Beni Mellal où on jouait à grimper sur ces magnifiques arbres ! C’était pour moi un paradis sur terre. Quand on grandit, on perd le paradis», continue Mohamed El Baz. Une réflexion sur la mort et sur la vie qui rejoint l’œuvre globale de l’artiste aussi perfectionniste que pointilleux. «On a à faire avec Mohamed El Baz à un travail typique de la ligne, je ne parle pas que des œuvres qui sont là mais à l’ensemble de ses œuvres. Un travail sur l’évidence de la mort, sur la lucidité de la mort», précise l’écrivaine et la présidente de la Fondation Belkahia, Rajae Benchemsi, veuve de Farid Belkahia . «Ce qu’il y a d’extraordinaire chez El Baz avec son «bricoler l’incurable, c’est tenter d’exister, l’incurable étant bien sur la mort. L’espace entre le bricoler et l’incurable, c’est effacer tout ce qui est dans l’ordre du néant, par une sublimation et le porter vers une affirmation, vers la vie», continue la maîtresse des lieux en plein milieu d’une classe bien vive pour une classe morte, un hommage à la classe morte du célèbre Tadeusz Kantor où des personnages âgés étaient assis avec des mannequins d’eux enfants à la main. Mohamed reprend l’œuvre en ajoutant de la lumière, de l’espoir, de l’ouverture avec le ciel bleu de Tahanaout et la voix d’enfants récitant l’alphabet en arabe comme pour pointer tout ce champ du possible. «Pour moi cette œuvre, c’est «Donnez-moi des ailes et je vais montrer le monde», précise Mohamed El Baz avant d’ajouter : «On a toujours l’impression de retourner à l’école, il n’y a rien de dramatique, avec peu de choses on peut faire l’avenir d’où l’histoire de l’alphabet».

«La tradition est le futur de l’homme»
La carte blanche de Mohamed El Baz, c’est une réflexion sur la mort, la vie, l’ouverture mais aussi un retour aux traditions pour mieux avancer dans l’avenir. Cheval de combat de Farid Belkahia, qui avait proposé une nouvelle conception de l’enseignement de l’art postcolonial en intégrant les enseignements des arts traditionnels dans le programme scolaire. «Je remercie l’OCP car sans eux, la possibilité de montrer les œuvres marocaines depuis l’indépendance ne serait pas possible». Un retour sur le passé avec une installation magnifique d’une carte du Maroc blanche sur un sol blanc sublimé par l’hymne national à la guitare. Le portrait en feu de Farid Belkahia se tenant face à elle comme pour rappeler à quel point l’indécence de cet esprit libre aimait et défendait sa culture et ses traditions avant tout. Mohamed El Baz propose une mise à feu sur un beau portrait en noir et blanc de Fouad Maazouz. «J’ai trouvé la carte du Maroc comme ça : l’administration avait coupé la carte du Maroc en 12 régions», explique celui à qui on a donné carte blanche. «Quand on la construit comme ça et qu’on ne l’assemble pas, on se pose la question de savoir qui nous sommes ? Une Nation, un territoire, une culture ? Belkahia s’est vraiment posé cette question de la modernité de la culture au Maroc. Dans ses œuvres on a le Maroc populaire concentré. C’était assez juste que Farid regarde son pays comme ça». Un beau clin d’œil à celui qui était convaincu que «la tradition est le futur de l’homme».

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