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Culture

Sous le règne de Mohammed VI, la jeunesse créative a pu s’exprimer autrement. Festivals, résidences, échanges à l’étranger, programmes culturels, tremplins, concours... le Maroc est de plus en plus conscient qu’il faut miser sur les jeunes et leur talent.

Le monde s’accorde à le dire: le Maroc a du talent, et sa jeunesse est créative. Les success-stories de Marocains ayant brillé à l’étranger se comptent par centaines. Qu’en est-il de cette jeunesse marocaine qui a vu naître, dans les années 2000, l'espoir d’un mouvement, «Nayda», créé par l’Boulevard et son tremplin et qui a révélé des groupes et artistes comme Hoba Hoba Spirit, H-Kayne, L'Bigg ou encore Fnaïre ? Événements, tremplins, centres culturels permettent aux jeunes d’exprimer leur talent. Mais est-ce suffisant ?

Le Maroc, une niche de talents…
Depuis 20 ans, la scène culturelle est en plein essor, et on sent une véritable ébullition artistique. En plus des événements majeurs, références inscrites dans l’agenda culturel mondial, tels que le Festival Gnaoua, Mawazine, Jazzablanca, le Festival international du film de Marrakech ou encore L’Boulevard, le Maroc compte de nombreuses manifestations locales, régionales, nationales, toutes disciplines artistiques confondues, qui mettent en avant le talent national. «La créativité de la jeunesse a littéralement pris son envol sous le règne du roi Mohammed VI. L’arrivée d’un roi jeune, épris de musique, d’arts, moderne a été une véritable bouffée d’oxygène, en même temps qu’elle a représenté un «appel d’air». On a même pu parler d’une sorte de movida culturelle: les jeunes se sont sentis pousser des ailes: lorsqu’il y a eu blocage, comme par exemple, pour L’Boulevard, le souverain est intervenu pour résoudre le problème. De nouvelles formes d’expression sont apparues: les radios libres, bien sûr, le street art, l’impro, le théâtre de rue… Puis on a vu la culture de proximité s’imposer: je pourrais citer par exemple Escalablanca ou encore Istira7a, Des Bouquins et des jeunes, Aji Tfaraj… énormément d’activités culturelles, musicales, artistiques, portées par des associations de jeunes, locales», précise Ahmed Ghayet, militant culturel et président de l’Association Marocains pluriels. Dans le même ordre d'idées, Nabil Ayouch et Mahi Binebine ont misé sur la jeunesse marocaine. Après les événements de Sidi Moumen en 2005, l’écrivain et peintre dépeint la réalité de cette jeunesse en perte de repères dans «Les étoiles de Sidi Moumen». Quelques années plus tard, Nabil Ayouch en fait un film, «Les chevaux de Dieu», qui connaît un grand succès. Suite à cette aventure artistique, les deux artistes créent le Centre culturel de Sidi Moumen, initiative qui s'étend à toutes les villes, notamment Tanger. «La Fondation Ali Zaoua a été créée en 2007 par le réalisateur marocain Nabil Ayouch. À l’époque, l’idée était de créer une école de cinéma au profit des jeunes du quartier en plein cœur de Sidi Moumen. Puis, en 2009, la rencontre entre Nabil Ayouch et Mahi Binebine autour du film Les Chevaux de Dieu a donné un nouvel élan à ce projet, en vue de la création d’un centre culturel», explique Sophia Akhmisse, directrice du centre culturel, avant d’ajouter: «Le but étant de contribuer, à travers ce lieu et les activités qui y seront proposées, à reconnecter les habitants de Sidi Moumen au reste de la ville de Casablanca». La conscience collective que la jeunesse marocaine a du talent et qu'elle a besoin d’être accompagnée pour mieux s’exprimer.

… encore inexploitée ?
«Autant le roi a favorisé, encouragé la création, l’innovation, autant les jeunes ont vu un nombre considérable de talents émerger de leurs rangs, autant sur le terrain nombre d’obstacles ont -et continuent- de freiner cet élan: les maisons de jeunes sont ringardes et ne favorisent en rien l’expression artistique, l’INDH n’a pas su faire des centres qu’elle a créés des espaces de créativité… Quant aux élus, la culture est le cadet de leurs soucis, les budgets qui lui sont consacrés dans les communes sont dérisoires, et aucune politique culturelle à même de favoriser l’apparition de jeunes talents n’a été élaborée», ajoute un autre militant culturel. «Né dans le sillage de l’ouverture initiée par le roi Mohammed VI, Nayda est un mouvement culturel qui a donné libre cours aux arts de la rue et à une génération désireuse de briser les tabous». Un terme qui ne correspond pas à l’idée que se fait de tout cela Mohamed Merhari alias Momo, fondateur de L’Boulevard: «Je n’ai jamais été fan du terme Nayda. Je pense que si Movida urbaine il y a eu, c’était au niveau de la musique, grâce à L’Boulevard et au festival Gnaoua d’Essaouira. Ce mouvement musical a été encouragé par la presse indépendante (Le Journal, Telquel…) et par le cinéma, à travers le film Ali Zaoua de Nabil Ayouch. Mais il n’a pas été récupéré par les intellectuels et la classe politique», avait-il avoué lors d’une interview. L’ensemble des acteurs culturels déplorent le manque d’actions politiques et d’une réelle politique culturelle. Les phénomènes ponctuels, les événements, les festivals sont à soutenir certes, mais ils ne sont pas suffisants. L’absence d’encadrement, d’une industrie musicale, cinématographique, voire culturelle, le manque de métiers liés à la culture demeurent autant de freins à l’explosion créative de cette jeunesse. «L’espoir porté par le phénomène Nayda, du nom que lui ont donné les jeunes eux-mêmes, est pourtant toujours vivace. Le roi a donné un nouveau signal lors de la Fête de la Jeunesse en 2016, durant laquelle il a décoré un grand nombre de jeunes artistes; il faut à présent faciliter  la créativité des jeunes générations sur le terrain, il faut (re)donner du souffle à tous les jeunes artistes en herbe. Ce sont eux qui perpétuent, enrichissent et font vivre notre culture, ils en sont le sang neuf !» conclut Ahmed Ghayet.

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