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Au moment où la compagnie nationale, Royal Air Maroc, attend la signature du nouveau contrat-programme avec le gouvernement, ses pilotes recourent à une astreinte assimilée à une grève. Pourquoi en est-on arrivé à ce stade qui menace les équilibres de RAM et ses projets d’avenir ?

Un nouveau bras de fer oppose Royal air Maroc et les pilotes de lignes. Certes, les négociations entre les deux parties furent difficiles mais avaient bel et bien avancé. Ainsi, RAM a proposé une revalorisation salariale sur sept ans en trois tranches, une réorganisation de la gestion des ressources humaines du personnel naviguant et la mise en place d'amendements importants au sein des directions opérationnelles, entre autre. Que s'est-il donc passé pour arriver à un mot d'ordre de grève des pilotes, assimilé à des astreintes, à un moment crucial de la saison avec l'arrivée massive des Marocains du monde de la haute saison estivale et à l'approche de l’Aïd et du Hajj ?

Durcissement
Dans son communiqué du 17 juillet 2018, l'Association marocaine des pilotes de ligne (AMPL) évoque ce qu'elle qualifie de volte-face de la direction notamment quant à l'ouverture de l'école nationale des pilotes de ligne, du paiement d'un tiers de la formation, de la revalorisation salariale et le cas de RAM express. Il faut rappeler qu'il y a eu plusieurs rounds de négociations supervisés par le président de la compagnie en personne. Il a été question d'une augmentation de salaire en trois tranches sur sept ans à laquelle l'AMPL avait pourtant donné son accord de principe. Certes, les conditions d'exercice, comme celles d'accueil, doivent être améliorées, mais il faut savoir que les salaires moyens des pilotes à RAM sont parmi les meilleurs salaires au monde pour des compagnies de lignes. Ils se situent entre 60.000 DH et 180.000 DH (voir encadré). S'agissant de l'ouverture de l'école des pilotes, une source interne à la compagnie explique qu'on ne pourrait lancer un tel projet tant que les besoins sont limités. «On n'ouvre pas une école pour une dizaine de ressources par an, la donne pourrait changer avec le développement futur de la compagnie mais pas aujourd'hui», ajoute-t-elle. Contacté à ce sujet, Amin M’kinsi, président de l’AMPL, est resté injoignable au moment où nous mettions sous presse.

Risques et périls
RAM se trouve dans une situation intermédiaire. Entre un contrat-programme terminé qui nécessite une évaluation et donc un renouvellement et un autre qui ne voit pas encore le jour. Or, en l'absence de contrat avec l'État marocain, il serait difficile de s'engager sur des surcoûts et des engagements à caractère financiers, hors ceux déjà pris et budgétisés. Le gouvernement marocain doit intervenir en accélérant la signature de ce contrat-programme de façon à consolider les équilibres financiers de la compagnie, aujourd'hui toujours à des niveaux fragiles. «RAM, face aux multiples défis de l'élargissement de son réseau, de l'acquisition de nouveaux appareils et de la réalisation d'une paix sociale à même de contribuer à la réalisation de ses objectifs, a plus que jamais besoin d'un soutien du gouvernement», nous affirme une source interne. Et d'ajouter, «dans la même lignée, l'AMPL est un partenaire social au fait de ces données et devrait donc comprendre les contraintes de la compagnie». La direction de  RAM, visiblement affectée par la tournure des événements, a exprimé ses regrets dans une lettre adressée à tous les pilotes, tout en laissant la porte ouverte aux négociations. Elle rappelle «les réponses historiques apportées aux doléances des pilotes» et surtout les risques sur «le projet commun de développement de l’entreprise», les appelant à un sens des responsabilités pour construire ensemble «leur» compagnie d’avenir et non la détruire. C’est à se demander pourquoi les pilotes ont placé une épée de Damoclès au dessus de RAM et ce depuis l’époque de Mohamed Hassad, fragilisant  ainsi leur compagnie, au moment où d’autres transporteurs aériens améliorent leurs performances. À qui cela profite-t-il réellement.


RAM : ses pilotes parmi les mieux payés au monde

Un benchmark des salaires des pilotes entre le Maroc et la France, sans entrer dans le détail du coût de la vie dans chaque pays, donne une idée sur l’ampleur de la revendication salariale des pilotes de ligne de la RAM. Au Maroc, la moyenne des salaires mensuels des co-pilotes et commandants de bord se situe entre 65.000 et 180.000 DH alors qu’en France la fourchette est entre 60.000 et 200.000 DH. La direction d’Air France considère ses pilotes comme étant les plus chers en Europe et précise que leur niveau de salaire est surévalué de 25% par rapport aux autres pays. Un écart dû à la cherté des charges sociales pour plus de 10% par rapport à la concurrence et à une faible productivité évaluée pour 15%. C’est pourquoi Air France négocie depuis une année avec ses pilotes l’augmentation des heures de vol. Il faut rappeler que le salaire maximum chez Air France qui est de 200.000 DH est réservé aux commandants de bord de l’Airbus gros porteur A380. Au Maroc, avec un niveau de salaire similaire à celui appliqué chez Air France, l’AMPL revendique une augmentation de salaire allant jusqu’à 30.000 dirhams par mois !

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