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Plusieurs formations politiques se sont élevées contre le début des explorations pétrolières au large de Tarfaya. Des députés veulent acculer le gouvernement espagnol à se prononcer à propos de cette décision souveraine.

C’est la grande mobilisation auprès des partis politiques originaires de l’archipel canarien contre les prospections que mène, en principe, le gouvernement marocain au large des côtes de Tarfaya. En effet, depuis l’annonce du début des prospections menées par le groupe pétrolier italien ENI, les réactions fusent de toutes parts. D’abord, le gouvernement canarien. Celui-ci a déclaré qu’il prendra attache avec le gouvernement central afin que ce dernier sollicite, à son tour, auprès de son homologue marocain des éclaircissements au sujet des forages au large de Tarfaya. Dans des déclarations à l’agence EFE, Pedro Ortega, le conseiller canarien en charge du département de l’Économie a fait part de sa «préoccupation». Toutefois, le conseiller a penché pour la modération en indiquant qu’il serait plus judicieux d’attendre des informations officielles pour déterminer l’ampleur du danger auquel fait face l’île.

De ce fait, Pedro Ortega a admis que la seule information disponible pour le moment est celle fournie par les médias. Le responsable a ajouté que son gouvernement allait soumettre une requête formelle, hier lundi, à Madrid pour éluder tous les aspects de cette affaire qui tient en haleine l’archipel canarien. Interpellé sur les détails de cette opération, le gouvernement local avoue tout ignorer que ce soit concernant l’emplacement de ces explorations ou encore ses répercussions sur le territoire insulaire. Néanmoins, le membre du gouvernement canarien est sûr d’une chose : son gouvernement n’a pas l’intention de contacter directement les autorités marocaines. «C’est une affaire entre deux États», a-t-il tranché. Et d’ajouter que, selon ses sources, le forage n’aurait pas encore démarré, mais cela ne saurait tarder. Parallèlement à ces déclarations, une campagne sur les réseaux sociaux appelant le gouvernement espagnol à agir, bat son plein. «Le Maroc va réaliser des prospections à travers une compagnie qui ne respecte pas la réglementation européenne», a dénoncé Ciudadanos Canarias dans un tweet. Des parlementaires canariens représentant ce parti de centre-droit ont adressé, à la chambre basse espagnole, une question écrite au gouvernement où ils sollicitent une position claire à propos de ces prospections proches des eaux canariennes. Le parti, rappelons-le, n’est pas hostile aux intérêts du Maroc et ne s’est jamais mêlé des affaires internes du royaume. Or, cette fois-ci, la formation n’a pas pu s’empêcher de hausser le ton…contre son gouvernement ! Dans un communiqué, la députée de Ciudadanos (C’s), Melisa Rodriguez, a rappelé que la population de l’archipel s’est farouchement opposée à des explorations ayant eu lieu dans cette même zone. Dans ce document, les députés de parti se rappellent que «la mer est une ressource environnementale et touristique importante pour les Îles Canaries». À ce propos, ils souhaitent savoir si le gouvernement espagnol est suffisamment préparé pour éviter qu’une fuite atteigne les côtes canariennes. De même, C’s a réclamé à Madrid sa position au cas où les forages ne respectent pas la législation européenne et internationale en matière d’explorations pétrolières. Et ce n’est pas tout.

Le parti d’Albert Rivera a saisi ce débat pour remettre sur le tapis la délicate question du départage des frontières maritimes entre les Îles Canaries et le Maroc. À ce sujet, la jeune formation a appelé l’Exécutif madrilène à une délimitation des eaux territoriales canariennes et de facto espagnoles. La liste des contestataires des forages à Tarafya inclut aussi le parti socialiste. L’antenne régionale du parti aux Îles Canaries a d’emblée exprimé «son rejet aux prospections marocaines». «La menace contre l’environnement causée par les explorations pour l’extraction du pétrole brut est identique à celle menée par Repsol (…). Les citoyens se sont élevés contre une industrie sale, polluante et aux antipodes de notre modèle de développement», a souligné la porte-parole du parti socialiste à l’assemblée canarienne. Tout en reconnaissant la «difficulté d’intervenir dans une décision souveraine d’un autre pays», la représentante du parti socialiste considère qu’il existe d’autres canaux, politiques et diplomatiques pour faire pression sur le Maroc. Malgré ce brouhaha médiatique, le gouvernement espagnol s’est muré dans le silence. De surcroît, aucun membre du parti au pouvoir, le PP, n’a commenté cette campagne contre les prospections marocaines. La population canarienne et son gouvernement sont réfractaires à toute exploration des eaux profondes à la recherche de ressources en hydrocarbures. Le groupe pétrolier espagnol Repsol, qui a tenté sa chance dans cette même zone en 2014, a fait face à une opposition farouche de la part de l’archipel. 

CAM SIAM

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