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la montagne de bni oukil qui a fait l’objet de trois opérations de vente est aujourd’hui une carrière à ciel ouvert !

La colère gronde contre les exploitants des carrières de concassage à ciel ouvert, dans la région de l’Oriental. Les habitants préviennent contre les effets néfastes de ces carrières, aussi bien sur l’environnement que sur leur vécu quotidien.

À Bni Oukil, commune rurale à 15 km d’Oujda, les habitants ne décolèrent pas. Un taux de pauvreté très alarmant, un exode rural massif, une nappe phréatique asséchée et un avenir sombre et incertain pour les terres agricoles. Bref, ce sont 1000 et une raison qui ne peuvent que susciter l’inquiétude et la colère des riverains des huit carrières de concassage – dont deux en activité- que compte cette commune, que nous avons visités, dimanche 31 juillet. «Ces carrières présentent des désagréments considérables pour la santé des populations riveraines, l’agriculture et le paysage environnemental, à cause des explosions des dynamites et les poussières qui en sortent après l’extraction des roches», déplore un habitant de cette commune. «L’octroi des autorisations d’exploitation de ces carrières à ciel ouvert dans la commune crée des rivalités entre les gérants et les riverains», renchérit un autre habitant.

Celui-ci cite le cas d’une nouvelle carrière, dont l’exploitation est perturbée par une vive opposition de la part des populations. Ceux-ci ont, d'ailleurs, porté le dossier devant le tribunal administratif pour critiquer une autorisation d’exploitation délivrée aux exploitants de cette nouvelle installation, qui se trouve dans le village de «Srarja», sur une zone mitoyenne à leur exploitation agricole.

Depuis 2010, dans ce village, cette nouvelle carrière en cours d’installation fait face à une vive opposition de la part des riverains à la montagne de Dchira. Là où la société de concassage, qui exploitait déjà une autre à l’entrée du village, a choisi de lancer son nouveau projet d’exploitation de carrière à Bni Oukil, à 15 km d’Oujda. La montagne de Dchira (600 mètres d’altitude) était un domaine privé de l’État. Son histoire est connue de tous d'autant plus qu' Al Amir Abdelkader y avait même fait un passage lors de la célèbre bataille d’Isly. Aujourd’hui, cette montagne a été vendue à 20 millions de DH et, bizarrement, elle a été enregistrée à la conservation foncière en utilisant des documents falsifiés. En effet, sur le certificat de propriété, il est mentionné qu'il s'agissait de terrains agricoles. Or c’est complètement faux. Puisque, il s’agit bel et bien d’une montagne sur laquelle on veut faire installer une carrière. «Et quand bien même, c'était des terrains agricoles, comment pouvait-on autoriser l'ouverture de carrières sur des terrains agricoles.

C’est tout simplement scandaleux», martèle Hadj Naimi, un habitant du village. Les gérants de la carrière, qui en exploitaient déjà une autre à l’entrée dudit village, ont déjà délimité la surface qu’ils prévoient d'exploiter. Les plans de l’ancienne carrière dans cette localité ne prévoyaient pas de s'attaquer à ce projet. Mais un problème survenu au niveau de l’axe autoroutier, situé près de l’ancienne carrière, en raison des dynamites utilisées pour l’extraction des roches, a poussé les gérants à chercher un autre emplacement pour leur projet. Une perspective à laquelle s'opposent vivement les populations, en raison du risque du projet pour leur agriculture et le quotidien de leur vie. Aujourd’hui, celles-ci déclarent la guerre à ces carrières.

Dans la région de l'Oriental, l’informel pèse près de 70% de l’ensemble du secteur des carrières des sables. Des manifestations, notons-le, ont été organisées contre l’ouverture de cette carrière, située sur une superficie de 20 hectares, dans ce village où l’on invoque des dangers sanitaires. «Il y a plus d’un mois, les gérants ont ramené 7 tonnes de dynamites pour les faire exploser sur le site. Mais les habitants les ont empêché de les utiliser dans le village», est-il indiqué. Une chose est sûre. Le projet suscite l’inquiétude des populations, mais aussi des ONG, pour qui le projet menace le site. «Nous avons la ferme intention de ne pas nous laisser faire. Nous resterons, tous, mobilisés contre ce projet que les populations rejettent catégoriquement. Dans la région de l'Oriental, des montagnes sont exploitées puis abandonnées. Les gérants ne procèdent jamais à la restauration de ces montagnes comme c’est, d’ailleurs, souligné dans les cahiers de charges dont les clauses ne sont pas respectés», souligne Mohamed Benata, président de l’ESCO Oriental. Et ce n’est pas tout.

Selon Mohamed Benata, la distance des riverains pour ces installations à ciel ouvert n’est pas respectée. Tirs de mines, poussières, flux de circulation de camions et nuisance sonores... bref, le projet -s’il finit par aboutir- ne tardera pas de défigurer l’environnement dans ce village. Comme c’est d’ailleurs le cas pour d’autres villages de la région. Le cas de Bni Oukil ne fait donc pas l’exception dans la région. Dimanche 31 juillet, il était 11 h30 quand nous arrivions sur le site d’exploitation d’une carrière de concassage de sable à Ourtass, un petit village, près de Berkane, à l’est du royaume. Le soleil était brûlant, le thermomètre affichant 42° à l'ombre. Le village semblait lunaire tant un voile de poussière blanche recouvrait les habitations, les rues et les rares espaces verts.

Ce dimanche, jour généralement de repos, les machines des exploitants de cette carrière étaient pourtant sur place. Sur une route impraticable qui mène à cette installation, on ne peut pas rater les nombreux camions transportant le sable concassé. La quiétude des habitants est constamment perturbée par les véhicules et le bruit des machines installées sur le site des carrières d’Ourtass. La colère était très palpable parmi les populations de cette localité. «Ces carrières n’ont rien changé dans notre vie quotidienne. Nous souffrons beaucoup du mal des nuisances environnementales de cette carrière. Il y a de la poussière partout. On est couvert de la poussière blanche qui vient des carrières. Les gens ne peuvent pas respirer correctement.

D’ailleurs, ils ne se portent pas mieux. La poussière les rend malade, et le bruit des dynamites est insupportable», martèle Hadj Amrani, un habitant du village. Située à une dizaine de km de Berkane, le village d’Ourtass porte les stigmates des nuisances environnementales évoqués par les habitants. Les puits du village sont infectés par la poussière. «Quant aux arbres du village, il faut dire qu’ils n’en restent pas beaucoup. Les quelque arbres qui résistent encore, eh bien, ils agonisent et vont bientôt pousser leur dernier souffle», souligne hadj Amrani, non sans amertume. 

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