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Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) a publié son rapport portant sur les disparités en éducation. Les conclusions de l'étude placent le Maroc à la 136e position sur 175 pays étudiés. Les objectifs de la Vision 2015-2030 semblent bien lointains.

Le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) ne se fait pas d'illusions sur ses propres résultats. Alors que la Vision 2015-2030 pour la remise à niveau de l'enseignement au Maroc semblait toucher des doigts ses objectifs initialement fixés en 2014, le CSEFRS a relevé que le royaume avait toujours autant de mal à décoller du bas du classement mondial. Dans un rapport réunissant les conclusions de ses travaux réalisés depuis 2 ans, le Conseil confie qu'en termes de durée de scolarité (et donc de recrudescence des décrochages scolaires) le Maroc occupe aujourd'hui la 136e place par rapport à 175 pays étudiés. Le rapport indique ainsi que «la scolarisation de la population marocaine âgée de 15 ans et plus a duré en moyenne 5 années et 6 mois, c’est-à-dire moins que les six années d’études primaires. Par ailleurs, plus des trois quarts des pays du monde dépassent largement ce seuil de 6 années, voire plus de 12 années pour les 15 premiers pays».Et cela, après la multiplication des efforts en termes d’interventions à échelle nationale visant les écoles primaires pour essayer à tout prix de garder le maximum d’enfants sur les bonds des classes. Pour expliquer ce décalage accumulé dans la moyenne d’années de scolarisation, le CSEFRS dégage deux facteurs décisifs : d’une part, l’analphabétisation, qui représente un lourd fardeau sur le niveau moyen du capital humain malgré son recul observé, et qui était notable, tout au long de la dernière décennie.

D’autre part, le Maroc n’a pas suffisamment étendu l’enseignement secondaire qualifiant et supérieur. Cette évolution à deux vitesses est d’autant plus dommageable au secteur puisque les efforts déployés dans un sens sont neutralisés dans l’autre, ce qui crée un cercle vicieux condamnant les décrochages scolaire à persister, et même à prendre plus d’importance. À partir de ce constat, le Conseil estime que la proportion de la population âgée de 15 ans et plus ayant atteint le niveau supérieur est relativement faible. Elle a atteint, en 2014 «8.5%, comparable à la valeur enregistrée dans la région MENA en 2000 (8.4%; Barro et Lee, 2013).

Cette proportion reste inférieure à celle affichée pour les pays développés, au début des années soixante-dix (9.8%; Barro et Lee, 2013)». Par ailleurs, il est à noter que la moyenne d’années de scolarisation s’est beaucoup améliorée, depuis 1982, et a pratiquement été multipliée par trois, passant de 1.94 à 5.64 ans. Pour autant, la massification de l’éducation sur la période 2004-2014 n’a pas suffit à accompagner efficacement les actions menées par le gouvernement e faveur d’une diminution des inégalités dans la scolarisation, alors que cette finalité est le propre de la Vision 2015-2030. L’indice de Gini pour l’éducation confirme ces conclusions, et accuse une baisse de notation à 0,55 en 2014, alors qu’il était de 0,80 en 1982. Une lecture hâtive de ces faits pourrait accuser les réformes engagées depuis les années 80 comme nocives. Ce qui ne peut être le cas puisque la population scolarisée entre 1982 et 2015 a été multipliée par 3 voire plus. Naturellement, les investissements mobilisés dans ce sens ne pouvant suivre l’évolution démographique naturelle qu’a connue le pays ces 30 dernières années, n’ont pu tirer le royaume de cette position regrettable, et la succession des décalages a fait que le Maroc ait encore plus de pain sur la place pour faire évoluer ses ratios. En revanche, me Conseil fait remarquer, dans ses conclusions, que puisque le classement du pays par rapport à la moyenne d’années de scolarisation est relativement meilleur que celui de l’indice de Gini de l’éducation, «cette situation révèle que des efforts supplémentaires devraient être consentis principalement en matière de réduction des inégalités», donnant davantage de crédit à la pertinence de la Vision 2015-2030 dans son expression initiale, et remettant le curseur sur les problématiques identifiées comme prioritaires, et qui, accessoirement, restent les mêmes depuis 5 ans.

Des signes encourageants
Par régions, le Conseil avance que «si l’on intègre les résultats enregistrés des douze régions marocaines dans le classement mondial, la région de Laayoune-Sakia El Hamra, se positionnerait au premier rang au niveau national». Cette région occuperait virtuellement la 117e place mondiale pour la moyenne d’années de scolarisation, et la 134e place mondiale selon l’indice de Gini. La région Casablanca- Settat et Rabat-Salé-kénitra se positionnent respectivement à la 2e et 3e place au niveau national, occupant virtuellement les 120e et 128e rangs mondiaux.

Précisons que la moyenne d’années de scolarisation (MAS) et l’indice de Gini de l’éducation (GiniEdu) sont des indicateurs qui offrent un aperçu global sur les disparités et les inégalités dans l’accès à l’éducation et permettent de repérer les zones défavorisées qui nécessiteraient d’être priorisées en termes de politiques éducatives. Le premier indicateur, MAS, apprécie de manière synthétique le niveau du capital humain détenu par la population tandis que le second, GiniEdu, évalue le niveau d’inégalité dans la distribution de cette même population par rapport au niveau d’éducation maximum atteint.

Ces indicateurs portent à la fois sur les niveaux national, régional, provincial et communal. De plus, ils sont aussi appréciés pour 175 pays afin de situer le Maroc et ses différents niveaux de territorialité par rapport au niveau mondial. La prise en considération individuelle de leurs notations ne peut donc pas traduire fidèlement les réalités sur le terrain, mais la combinaison des deux permet de s’en rapprocher. D’un autre côté, le décalage constaté par le CSEFRS est également dû à l’éparpillement relatif des spécialisations à privilégier lors de l’élaboration des différentes stratégies.

En effet, ces dernières commencent à peine à prendre en compte l’émergence des nouveaux métiers mondiaux, et par là même les exigences des employeurs potentiels qui, eux, ont bien compris que le lien indéfectible qui lie le niveau de l’enseignement, la nature de la chose enseignée et la persistance du chômage au Maroc. Pour y remédier, plusieurs d’entre eux se sont mis en binôme avec des établissements scolaires de renom, des universités publiques, des écoles privées et des instituts spécialisés afin de dégager l’approche la plus optimale devant permettre la «production» de profils compétents et potentiellement employables. À l’évidence, l’offre jusque là formée, et la manière avec laquelle elle l’était, ne permet plus de répondre aux besoins actuels du marché parce que largement inemployable dans les domaines les plus porteurs. Une conclusions qui ne découle pas uniquement de la réflexion des professionnels, mais qui se base également sur les observations faites par le Conseil : le rendement limité de l’école marocaine, attribuable à la faible maîtrise des langues, des connaissances, des compétences et des valeurs, l’efficacité restreinte des performances des acteurs pédagogiques, les lacunes des formations initiale et continue, la persistance des déperditions qui affectent aussi bien les systèmes scolaire et universitaire, que la formation professionnelle, l’accès limité à l’apprentissage par le biais des technologies éducatives, le faible rendement de la recherche scientifique et les hésitations dans le traitement des problématiques transversales, notamment la question de l’apprentissage des langues et des langues d’enseignement. Les conséquences directes de telles lacunes sont, selon le Conseil, les difficultés d’insertion économique, sociale et culturelle des lauréats, ainsi que la faible interaction de l’école avec son environnement local, national et mondial, aggravée par sa faible capacité d’accompagner ou d’intégrer rapidement et pertinemment les évolutions de cet environnement. Aussi, il a été relevé une incapacité palpable de l’école marocaine à accompagner efficacement le pays dans son développement global et dans son adhésion active à la société du savoir.

Les écoles et universités publiques et privées sont la pierre angulaire de cette nouvelle approche, et les professionnels qui les accompagnent en sont le ciment. Les écoles forment aux nouvelles compétences que le marché de l’emploi exige, et les professionnels participent à la détermination de ces compétences, puisque le marché de l’emploi, c’est eux. Un virage inédit dans l’histoire de l’enseignement au Maroc, qui est négocié de manière tridimensionnelle dans le but de doter le secteur éducatif marocain des outils qui lui manquent pour performer.

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