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Le secteur du tourisme traverse une période de turbulences. Les professionnels de la région sont à la recherche de pistes de relance.

Avec -27% des nuitées enregistrées dans les hôtels classés et -24% des arrivées dans ces établissements en 2015, Ouarzazate a clôturé une nouvelle année dans le rouge. Cette contre-performance dure depuis 2009. Le taux d’occupation est faible, il a atteint la moyenne de 21%, avec une durée du séjour ne dépassant pas le jour et demi. Au Centre régional d’investissement (CRI) Drâa-Tafilalet, on préfère parler de «difficultés». «Le secteur ne connaît pas de crise, il s’agit de difficultés conjoncturelles, en lien avec le contexte régional et international», avance Bouchaib Erraziki, directeur du CRI. Pourtant, la ville et sa région sont passées du statut de 4e destination au Maroc en 2002 à la 10e en 2014. La crise que connaissent les principaux marchés émetteurs explique cette situation. En 2015, le marché français s’est effondré (-55%), mais aussi l'espagnol (-17%), le britannique (-50%) ou encore l'italien (-59%). Zoubir Bouhoud, directeur du Centre provincial du tourisme (CTP) de Ouarzazate, estime que «la destination a été sacrifiée par la Vision 2010. La priorité a été donnée à d’autres régions du Maroc». La Vision 2020 a tenté de rectifier le tir, sans grand succès.

Le territoire «Atlas et Vallées», recensant Ouarzazate, les vallées et les oasis ainsi que le Haut Atlas, visait la relance de la destination. Il se positionnait comme «la destination phare de l’écotourisme et du développement durable». Les objectifs étaient ambitieux. La capacité litière devrait progresser de 10.600 lits, les arrivées de touristes non résidents devraient atteindre 2 millions de touristes par an. À cinq ans de cette échéance, les arrivées touristiques en 2015 n’ont pas dépassé les 212.000 touristes. «La destination souffre d’un problème de taille critique», diagnostique Bouhoud. La Vision 2020 devrait drainer des investissements de la région pour résoudre ce problème. Or, les engagements d’investissement sur le terrain ne sont pas concrétisés. «Les investissements sont en souffrance. Même que plusieurs projets ont été signés sans jamais voir le jour», regrette le directeur du CPT. Il s’agit d’investissements qataris ou nationaux (Ouarzazate Lake City, valorisation des kasbahs). La relance de la destination à l’ordre du jour dans la profession.

Exister sans Marrakech
Le CPT a présenté un diagnostic de la situation, lors d’une journée consacrée à la promotion de l’investissement dans la région, le 9 mai 2016. Il ressort que le tourisme régional traîne de nombreuses difficultés. En plus du manque d’investissements, le secteur souffre de difficultés pour accéder aux crédits, du manque de promotion de la destination, d'absence d’animation et de la désorganisation du secteur. À cela s’ajoutent des données structurelles comme l’enclavement de la région et le manque de liaisons aériennes. «Ces éléments ont conduit à la dégradation de la prestation dans le secteur», note le CPT dans son diagnostic.

Après cet état des lieux, l’heure est à la relance. «Le tourisme est un secteur transverse qui dynamise toute l’économie locale, notamment à Ouarzazate, Zagora, M'hamid El Ghizlane, Erfoud, Taouz», rappelle le CRI. L’objectif est de faire de Ouarzazate une destination à part entière au lieu d’être un complément touristique pour Marrakech. «La destination est en train de connaître une mutation profonde vers sa qualification en destination touristique à part entière et même pourvoyeuse de richesses vers les zones touristiques avoisinantes», souhaite le CRI. La priorité est de valoriser la vocation d’un tourisme culturel et de patrimoine (kasbah, oasis et ksour) ainsi que le tourisme écologique et naturel (zones de montagnes, zones oasis, zones classées RAMSAR et dunes de sables). Le nouveau découpage régional est une opportunité pour la destination. L’offre régionale a été renforcée par les destinations d’Errachidia et Midelt. Le patrimoine d’Errachidia est constitué de monuments historiques d’une part, avec les vestiges de Sijilmassa, le Mausolée Moulay Ali Cherif, et d’autre part les ksour (Ksar el Fida, Ksar oulad Abdelhalim, Ksar Abouaam, Ksar Maadid, Ksar Meski).

Pour le amateurs de tourisme désertique et oasien, la ville d’Errachidia permet de partir à la découverte des dunes de sable de Merzouga, le village pittoresque, le site Tifounacine, la haute vallée de Gheris, la palmeraie de Goulmima, la palmeraie du Ziz, celle de Jorf et Tourong, la source bleue de Meski. Pour sa part, Midelt est une ville à la jonction des chaînes du Moyen Atlas et du Haut Atlas oriental, et sa population est de 60.000 habitants. Midelt possède un climat montagnard avec, très souvent, de la neige en hiver. À cette altitude, la végétation montagnarde (sapins, cèdres) remplace majoritairement la végétation méditerranéenne (chêne, olivier etc.). Mis à part une kasbah, l’endroit se résume à une ville-étape lors de la visite des environs de Ouarzazate. On peut aisément rejoindre le cirque de Jaffar. De Midlet, il est également possible d’effectuer l’ascension du mont Ayachi, qui dure deux à trois jours.


 

Propositions
Le CPT propose une série de mesures et l’institution d’une commission pour le suivi des chantiers suivants :
Les projets d’investissement : projets de valorisation des kasbah, de la zone touristique située autour de la commune de Tarmigt, projet Biladi
Le désenclavement aérien et terrestre
L’instauration d’une paix sociale
Des mesures fiscales et l'exonération des charges sociales de la CNSS, etc.
Des fonds de mise à niveau
L’assainissement du secteur.