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La connexion maritime est l’un des principaux pré-requis pour le développement des échanges avec le reste du continent africain.

Fort d’un milliard d’habitants répartis sur 54 pays, l’Afrique est un véritable terrain d’échanges présentant un potentiel énorme pour les opérateurs du transport et de la logistique. Ce n’est donc pas un hasard si certains pays (Afrique du Sud, Angola, Nigeria) misent gros sur l’amélioration de leurs infrastructures, que ce soit au niveau routier, ferroviaire, portuaire ou aérien, souvent grâce à l’appui d’entreprises publiques chinoises. Certains pays africains ont privilégié la voie du regroupement de sorte à optimiser les investissements et à renforcer les échanges, pour ne citer que l’exemple de la Communauté de l’Afrique de l’Est, la Communauté de l’Afrique de l’Ouest, etc.

D’après le dernier rapport biennal de la Banque mondiale (2016) éditant l’Indice de performance logistique, l’Allemagne se classe au premier rang à l’international avec un score de 4,23 devant le Luxembourg (4,22), la Suède (4,20), les Pays-Bas (4,19) et Singapour (4,14). En Afrique, les meilleures chaînes logistiques se trouvent en Afrique du Sud (20e au classement mondial, avec un score de 3,78), suivi du Kenya (42e) et de l’Égypte (49e), mais pour la première fois depuis la sortie de cet indice, note ledit rapport, les pays enclavés ne sont plus systématiquement défavorisés, comme en témoignent les bons résultats du Rwanda (62e) et de l’Ouganda (58) qui bénéficient d’initiatives régionales concertées pour optimiser les couloirs commerciaux. Le Maroc est quant à lui classé 86e malgré la notoriété de ses infrastructures logistiques.

Toutefois, ce positionnement cache des disparités entre d’une part son rang relativement moyen en ce qui concerne l’indicateur expédition de cargaisons internationales (52e) et d’autre part l’indicateur mesurant l’efficacité des procédures de dédouanement (124e parmi 132 pays), ce qui a d’ailleurs sensiblement affecté son classement général. Toutefois, le classement du Maroc devra s’améliorer dans le prochain rapport de la Banque mondiale (2018) eu égard aux avancées réalisées dans la dématérialisation des procédures liées au commerce extérieur.

Cap vers le sud
«Je reste convaincu que l’Eldorado du Maroc se trouve en Afrique. Il est important d’accompagner et d’offrir aux entreprises marocaines la possibilité de se développer sur ces nouveaux marchés. La logistique est à ce titre incontournable», affirme Mohamed Talal, président de la Commission logistique de la CGEM. Et à lui d’ajouter, «les logisticiens marocains peuvent aussi faciliter aux pays africains la distribution de leurs produits sur le marché interrégional», mais pour y arriver, la connectivité maritime s’avère indispensable. «Nous assistons depuis cinq ans à une révolution de l’infrastructure portuaire en Afrique avec des terminaux et des plateformes logistiques modernes. Des navires partent de plus en plus vers l’Afrique, mais ce n’est encore pas suffisant. Nous continuons à espérer que le Maroc soit doté d’un pavillon national dans ce domaine», constate Abdelali Berrada, président du Salon Logismed. La mise en place d’un armateur marocain pour desservir le marché africain, note Mohamed Talal, président de la Commission logistique à la CGEM, requiert l’appui et l’accompagnement de l’État, notamment sous forme d’avantages fiscaux ou sociaux car, souligne-t-il, des lignes de ce type ne peuvent être rentables dans l’immédiat, surtout que la plupart des armateurs concurrents sont domiciliés dans des paradis fiscaux.


Efficacité logistique

Abdelaziz Mantrach
Président de l’Association marocaine professionnelle des agents maritimes, consignataires de navires et de courtiers d'affrètement au Maroc

La logistique est un des secteurs les plus dynamiques de l’économie, contribuant à la croissance et à la compétitivité internationale. Les flux en fret/tonnes transportés ne cessent d’augmenter et leur croissance est assez soutenue, ce qui pose de sérieux problèmes d’adaptation de gestion pour rompre avec les habitudes du passé. Il est de plus en plus nécessaire de se focaliser sur l’efficacité logistique et la réduction des émissions de CO2. Durant les deux dernières décades, l’émission de gaz a augmenté d’une manière significative. Un tiers de ces émissions est attribué aux transports. L’enjeu est de réduire la dépendance importante du secteur de transport des Fossil fuel. Est-ce que l’architecte de transport pense à tous les modes de transport et à toutes les combinaisons possibles de multi-modalité, tel que la route, le rail et le short sea shipping. Il est préférable d’éviter d’alourdir davantage le transport routier et plutôt favoriser la multi-modalité, et ce pour achever un transport optimal et durable. L’idéal serait que la tarification de fret de transports reflète les coûts réels de la gêne due au bruit, de la pollution de l’air et aussi de l’encombrement des routes.
L’efficacité logistique et les opérations de livraison last mile sont d’une importance extrême pour l’amélioration de la logistique urbaine. Il est donc opportun de structurer l’échange des meilleures pratiques en termes d’efficacité logistique entre les différentes régions d’un pays d’abord et, puis, entre les États. Il est important que tous les maillons de la chaîne logistique intègrent dans leur architecture, dans leur conception des expéditions, aussi bien à l’international que les livraisons last mile, les notions de qualité, d’efficacité, de durabilité et de compétitivité.