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16-10-2019 09:59

16-10-2019

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Younes Tazi, directeur général de l’AMDL

Les Inspirations ÉCO : Beaucoup a été fait pour équiper les zones logistiques mais la demande peine à se manifester. D’où vient le problème ?
Younes Tazi : Depuis le lancement de la Stratégie logistique nationale, l’offre en surface logistique aménagée a été multipliée par 7 pour atteindre près de 600 ha, grâce à des projets portés principalement par des acteurs publics tels que MedZ (plateformes logistiques au sein des agropoles et des P2I à Agadir, Kénitra, Meknès, Oujda, etc), la SNTL (Zenata), l'ONCF (Mita) et TMSA (Medhub, TFZ et Tétouan Park). Des investissements importants ont été également réalisés en majorité par des opérateurs privés pour la construction de bâtiments logistiques de qualité portant ainsi l’offre d’immobiliers logistiques modernes (classe A et B) à près de 700.000 m² couverts dans la région de Casablanca. Cependant, malgré l’évolution notable qu’a connue l’offre en immobilier logistique au Maroc, ce marché connaît certaines limites entraînant une réticence de la demande. En effet, le prix des terrains aménagés reste élevé et l’offre n’est pas assez diversifiée pour combler les besoins de certains opérateurs PME-PMI, Freightforwarders, messagerie, etc. La tendance de certains opérateurs (notamment des chargeurs n’ayant pas encore externalisé leur logistique) à adopter une logique patrimoniale et à investir dans des installations logistiques destinées à leur usage privé limite également la demande en espaces logistiques multi-utilisateurs. Pour mieux cerner les besoins, l’AMDL a réalisé plusieurs études de marché et de structuration de projets à développer dans plusieurs régions. Ces études ont permis, entre autres, de déterminer les besoins actuels et futurs en matière d’immobilier et de services logistiques et de définir le premier projet de zone logistique à développer dans chacune de ces régions de sorte à répondre efficacement aux besoins identifiés préalablement.

Comment voyez-vous le phénomène des entrepôts informels qui prolifèrent dans les zones périphériques des villes et qui, d’après certains professionnels, canalisent l’essentiel des flux en toute illégalité et insécurité ?
Les efforts déployés pour développer une offre d’immobilier logistique de qualité ne doivent pas occulter les challenges à relever pour l’émergence d’un secteur logistique performant. Parmi ces contraintes figure effectivement le développement d’installations logistiques ne répondant pas aux normes d’hygiène et de sécurité où se déroulent des prestations logistiques informelles. Cet état de fait freine le développement de prestations logistiques efficientes et de qualité en pratiquant des niveaux très bas de tarifs dans une logique de «dumping» qui n’obéissent à aucune logique économique. Une intervention publique est nécessaire pour encadrer le développement de ce secteur à travers un cadre réglementaire clair qui fixe les règles de développement de l’immobilier logistique et qui canalise efficacement les investissements dans ce secteur, mais aussi à travers une offre immobilière logistique incitative dans les zones définies par la stratégie.

La composante logistique figure dans le schéma-cible des Plans de développement régionaux. Qu’est-ce que cela implique pour l’AMDL ?
Effectivement, il y a aujourd’hui une prise de conscience générale de la part des collectivités locales quant à l’intérêt du secteur logistique dans le développement économique des territoires. Dans ce cadre, nous avions été sollicités par plusieurs régions qui sont en train d’élaborer leurs plan de développement régionaux afin d’y intégrer les projets logistiques planifiés par l’AMDL. Cela nous encourage à intensifier les partenariats à l’échelon local et régional autour de programmes et projets spécifiques relatifs au développement des zones logistiques, à la logistique urbaine, à la mise à niveau logistique des entreprises et à la vulgarisation des best-practices logistiques. L’AMDL confirme son entière disposition à mettre son expertise et ses ressources au profit des régions pour réussir la mutation logistique des territoires. L’implication réelle du local est vitale.

Est-ce normal qu’une agence comme l’AMDL ne soit pas dotée d’un pouvoir de contrôle et de régulation ?  
La stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique a défini le cadre d’intervention de l’AMDL à sa création en tant qu’entité qui coordonne la mise en œuvre de cette stratégie eu égard à la transversalité des chantiers. Depuis son opérationnalisation effective, cette mission a été largement accomplie par l’AMDL à travers ses différentes actions dans la planification des infrastructures logistiques, le développement du tissu des acteurs, l’amélioration des supply chains et le développement des compétences. Le rôle qu’a joué l’AMDL jusqu’à aujourd’hui dans la dynamisation de la mise en œuvre de la stratégie logistique s’est traduit par plusieurs évolutions, mais il reste encore plusieurs défis auxquels l’Agence doit faire face. C’est ainsi que l’Agence a démarré l’élaboration de sa stratégie d’action pour les cinq prochaines années qui doit fixer des objectifs à atteindre et les moyens à mettre en place. Dans ce cadre, nous serons amenés à définir le positionnement cible de l’AMDL le plus adéquat, qui permettra un meilleur développement au secteur.

Ce plan d’action quinquennal sera accompagné d’un contrat-programme reliant l’État à l’AMDL. Pouvez-vous nous parler des objectifs de ce nouveau cadre contractuel ?
Le projet de contrat-programme est en cours de préparation. Il doit apporter des solutions durables à des problématiques qui freinent le développement pérenne du secteur logistique au Maroc. Ce contrat vise à lancer des chantiers structurants articulés en quatre axes : le développement d’une infrastructure logistique de qualité avec et au service des territoires ; le rehaussement des pratiques logistiques chez les acteurs ; la mise en place d’un cadre favorable au développement du secteur et enfin la valorisation et la promotion du potentiel logistique du pays.

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