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Dachser poursuit son déploiement au Maroc, via la zone franche logistique de Tanger Med, en vue de servir de nombreuses industries installées localement et qui se développent autour de la sous-traitance dans la zone nord du pays.

Elue marque logistique de l'année dans le palmarès «Image Ranking 2016», Dachser poursuit son expansion pour se positionner en acteur de référence dans le secteur logistique national et international. Le prestataire international de solutions de transport et de logistique a en effet récemment ouvert une nouvelle plate-forme intercontinentale dans la zone franche logistique de Tanger Med.

Ce hub sera relié au réseau mondial de Dachser via l’organisation Road Logistics et Air&SeaLogistics. La position géostratégique de ce nouveau hub lui permettra, selon le management, de constituer une plate-forme de distribution mondiale reliant le Maroc à l’ensemble du réseau Dachser. « Notre nouvelle implantation constitue un centre de stockage et de distribution pour le Maroc et le monde. Deux fonctions essentielles ressortent de cette solution, le rapprochement des stocks d’intrants pour les industriels et un centre de distribution régional pour les produits finis», explique Frédéric Seillier, Managing Director de Dachser Morocco.

Plus concrètement, cette nouvelle plateforme est intégrée au complexe portuaire de Tanger Med, à l’intérieur de la Free Zone LogisticsMedhub et se positionne comme « un centre d’approvisionnement industriel ». Elle vise à servir de nombreuses industries installées localement et qui se développent autour de la sous-traitance dans la zone nord du pays. Les avantages administratifs et fiscaux qu’offre la zone franche permettent à ce nouveau hub Dachser de donner la possibilité aux fournisseurs de rapprocher leurs stocks des centres de production, pour assurer un approvisionnement en flux tendu des industries en fonction des besoins de production. Rappelons que cette nouvelle plateforme répond à une stratégie de développement rigoureusement déployée au Maroc par Dachser qui compte une présence dans le royaume depuis 1984. 

Rachid Tahri : Président de l’Association des Freight Forwarders du Maroc (AFFM)

Aujourd’hui 60% du transport est  externalisé. Dans ce contexte, de l’avis des experts, il ne s’agit que d’une relative mutualisation qui mérite d’être largement améliorée. Rachid Tahri, président de l’Association des freight forwarders du Maroc (AFFM) dresse un état des lieux du marché et livre les pistes d’amélioration.

Les Inspirations ÉCO : Quel état pouvons-nous dresser de la mutualisation des transports au Maroc ?
RACHID TAHRI : Aujourd’hui, 60% du transport est généralement externalisé. Nous pouvons considérer qu’il y a une certaine mutualisation au niveau du transporteur. Cependant, il y a tout de même lieu de souligner que les niveaux de mutualisation peuvent être largement améliorés. Plus spécifiquement, il y a un grand travail à faire au niveau du retour à vide. Tous les flux ne sont pas contrebalancés. Beaucoup de camions retournent encore à vide. Dans ce contexte, il convient de dire qu’il manque sur le marché national un acteur majeur, à savoir une bourse de fret, qui permette de mettre en relation des expéditeurs de part et d’autres ainsi que des transporteurs, ceci de manière à ce que le prix de la prestation de transport soit beaucoup plus compétitive et moins cher. La mutualisation commence justement à ce niveau là. L’intervention d’une troisième partie ; cette opération sera bénéfique pour les deux autres.

Cette démarche ne requiert-elle pas une culture de la mutualisation ?
Très certainement, oui. Cette culture n’est pas encore ancrée au Maroc. Dans les activités à l’international, chaque commissionnaire au Maroc a une multitude de commissionnaires à travers le monde, qui sont chargés de lui trouver la meilleure solution pour transporter la marchandise et ces derniers ne facturent que la prestation. Il s’agit d’un système déjà très bien rodé. Au Maroc, si cette prestation existait, nous n’aurions pas besoin de fret. Avant 2013, l’Office national du transport (ONT) se chargeait de cette mission ou prestation en mettant le transporteur en relation avec l’expéditeur, lequel transporteur n’avait pas besoin de faire de commercial. Avec la libéralisation du transport, cet office s’est transformé en société, ce qui a donné lieu à la SNTL aujourd’hui. Globalement, sur cette question, il faut dire qu’il est encore trop tôt pour parler de mutualisation au Maroc. Les transporteurs sont actuellement en pleine réorganisation de leurs structures en attendant d’opter pour un de ces deux schémas : les commissionnaires ou le système de bourse de fret.

S’agissant de la synchronisation des modes de transport, comment cette dernière s’effectue-t-elle ?
Il s’agit d’un système que nous appelons dans notre jargon la multi-modalité. C’est ce que nous faisons au sein de l’AFFM. Nous cherchons le meilleur moyen de transport pour permettre de mutualiser les différents types de transport. En prenant une marchandise à transporter, le rôle du commissionnaire est de chercher la meilleure solution à travers l’utilisation des différents modes pour une mutualisation des opérations et l’acheminement d’une marchandise en fonction de son type, des problèmes de délais d’acheminement ou encore de la valeur de la marchandise (le coût du transport ne devant pas dépasser un certain taux).

Sur le volet logistique, comment s’organise le travail de mutualisation ?
Au niveau de la logistique, nous y travaillons encore avec le ministère de l’Équipement et du transport. Des études sont actuellement menées dans ce sens. Pour qu’il y ait mutualisation, il faut qu’il y ait au préalable une externalisation de la fonction logistique. Nous travaillons justement sur le mode à travers lequel nous pouvons attirer les opérateurs et les convaincre de la démarche d’externalisation de leur logistique. C’est en travaillant sur la mutualisation que nous pouvons convaincre des entreprises d’externaliser leur logistique parce qu’une logistique externe ne peut être compétitive et présenter un coût attractif que si elle est mutualisée.

L’apport des SI, qui intervient à tous les niveaux décisionnels de l’entreprise concernés par l’optimisation de la chaîne logistique à travers un outillage informatique spécifique est confirmé Il existe aujourd’hui des progiciels adaptés aux PME-PMI qui assurent un gain de performance

L’optimisation de la chaîne logistique s’opère à travers la mise en œuvre d’actions spécifiques qui se situent à différents niveaux du fonctionnement des entreprises. Dans ce contexte, l’apport des Si intervient à tous les niveaux décisionnels de l’entreprise, concernés par l’optimisation de la chaîne logistique à travers un outillage informatique spécifique est confirmé.

Il s’agit plus concrètement des systèmes de gestion d’entrepôt, WMS (Warehouse Management System) qui permettent de piloter les flux dans les entrepôts, de la réception à la mise en stock, puis la préparation de commande et l’expédition, de gérer et d’optimiser les stocks, ainsi que les ressources tant matérielles qu'humaines. «Les WMS permettent une traçabilité totale des produits dans les entrepôts et expédiés aux clients, ce qui est indispensable dans de nombreux secteurs afin de garantir aux consommateurs finaux des produits conformes», explique Jérôme Fleury, directeur associé Eumatech. Les systèmes de gestion du transport, TMS (Transport Management System) vont permettre quant à eux, la planification, l’exécution, le suivi des aléas, la facturation ou le contrôle facture du transport. De plus, lié à des systèmes de géolocalisation des camions, les TMS pourront optimiser les chargements des camions, les tournées, diminuer les retours à vide.

En outre, d’autres systèmes spécialisés permettront d’améliorer encore certains points de sa supply chain. Il s’agit en l’occurrence des OMS (Order Management System) qui serviront à dispatcher les commandes à préparer sur l’entrepôt le plus optimal, réapprovisionner les entrepôts depuis un dépôt central ou une usine, des outils de GPA (Gestion partagée des approvisionnements) vont permettre d’optimiser les stocks et les réapprovisionnements entre un industriel et les entrepôts de ses clients, externes ou internes ainsi que des outils EDI/EAI vont permettre de faire communiquer les différents SI au sein de l’entreprise et avec ses partenaires.

Retour sur investissement
Du côté des entreprises, la connaissance de ces outils permet de les intégrer dans le mode de gestion logistique après un travail préalable bien précis comme l’explique Jerôme fleury : «Un diagnostic rapide de la logistique d’une entreprise permet en quelques jours d’identifier les besoins par priorité. Il faut ensuite investir dans son SI étape par étape afin de maîtriser la mise en place des outils et d’obtenir des résultats significatifs». Si généralement les entreprises et plus spécifiquement les PME désirant améliorer leur mode de gestion logistique semble consciente de l’enjeu que ce travail recouvre, il n’en demeure pas moins que nombreux sont les dirigeants qui restent réticents quant au coût et à l’investissement que cela peut représenter notamment en équipement SI.

À cette réticence, Jerôme Fleury apporte une réponse claire : «Il existe aujourd’hui des progiciels adaptés aux PME-PMI, soit en mode licence, soit en mode SaaS (Software as a Service) qui permettent de ne pas investir dans des solutions et de ne payer un abonnement que pour ce que l’on consomme réellement».

La logistique est aujourd’hui une fonction stratégique qui exerce un impact direct sur la rentabilité et la compétitivité de l’entreprise. Jadis parent pauvre dans les stratégies d’entreprises, cette fonction suscite de plus en plus l’intérêt des dirigeants qui s’y intéressent sérieusement. Kamal Chraibi, expert et directeur du cabinet GCL, analyse l’impact de la non logistique et les démarches à adopter pour éviter les scénarios catastrophes.

La logistique est souvent désignée comme «l'art de gérer les flux au meilleur coût». Pour les entreprises, il s’agit, au-delà d’une fonction «pratique», d’un volet stratégique qui exerce un impact direct sur la rentabilité et la compétitivité de l’entreprise. La question qui se pose alors pour les entreprises, et a fortiori pour les PME, et de savoir mesurer le coût réel de la logistique, mais aussi et surtout le coût de la non logistique. Pour Kamal Chraibi, directeur de GCL, cabinet de conseil logistique : «La logistique est un des maillons les plus importants pour l’entreprise, en ce sens que son poids peut parfois peser assez lourd sur le chiffre d’affaires de l’entreprise». Et d’ajouter : «Il est important d’optimiser cette fonction pour assurer un optimisation des coûts». En effet, cette fonction est, de l’avis des experts, généralement le parent pauvre dans les stratégies d’entreprises.

Prise de conscience
Un changement semble s’opérer actuellement avec une prise de conscience des chefs d’entreprises quant à l’importance de la mise en place de directions logistiques dignes de ce nom, un investissement dans la formation, dans les systèmes d’information, sans oublier des initiatives prises au niveau des PME. Il faut dire que cette dynamique vise à pallier l’impact majeur de la non logistique sur l’activité même de l’entreprise. «Le coût de la non logistique peut être énorme. Ce dernier peut représenter jusqu’à 20% du CA dans le cas de certains de nos clients que nous avons accompagnés», note Kamal Chraibi.

Plus concrètement, le coût de la non logistique dans une entreprise peut se matérialiser, à titre d’exemple, par une quantité importante de produits avec une date de péremption dépassée, ce qui représente une perte sèche pour l’entreprise. Une mauvaise gestion des stocks peut également constituer une immobilisation en cash. Dans ce même ordre d’idées, les experts s’accordent sur le fait qu’une absence de stratégie logistique impacte directement le CA de l’entreprise. Pour éviter ces scénarios catastrophe, une démarche concrète peut être adaptée : «Tout démarre par un bon diagnostic».

Il faut, dans un premier temps, avoir les bonnes métriques et détecter ce qui ne va pas réellement avant de déployer un schéma directeur logistique qui détaille les actions à entreprendre dans le temps à savoir l’organisation, le recrutement, l’optimisation des stocks ou encore, dans certains cas, envisager une externalisation de la fonction logistique», explique Kamal Chraibi. Le message est donc clair: une optimisation de la chaîne logistique à travers une stratégie bien définie permet non seulement d’améliorer la performance de l’entreprises mais constitue également une source de gain en productivité et d’efficacité pour les entreprises qui, aujourd’hui, sont de plus en plus nombreuses à adopter la culture de «la gestion logistique». L'enjeu est, au final, de dépasser le débat relatif au coût de la logistique en vue de mieux cerner et d'anticiper les coûts parfois faramineux générés par la «non logistique».

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