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L’Association européenne de la logistique délocalise son Congrès international de la logistique en dehors de l’Europe, pour la première fois, en choisissant le Maroc pour abriter la 24e édition de l’Eurolog en 2018 mais cette consécration visant à récompenser les prouesses du royaume sonne en réalité comme un encouragement pour notre pays, qui devra adopter de nouvelles normes pour se conformer aux standards internationaux.

Le secteur de la logistique et du transport au Maroc est en marche. Après plusieurs années de léthargie, le pays semble se réveiller. En effet, l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) à travers la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique a adopté un chantier volontariste et une démarche unique dans la région permettant au secteur logistique marocain d’évoluer de manière très positive depuis 2010. Cette évolution positive est assez nette en termes d’émergence dans les premières zones logistiques modernes et d’envergure, principalement dans les régions du Grand-Casablanca et de Tanger, et de développement du tissu des acteurs logistiques avec l’entrée sur le marché national d’opérateurs internationaux de référence. Il y a d'autres caractéristiques de cette santé de fer ; l’évolution nette des opérateurs nationaux, la réduction des coûts logistiques d’entreposage, l’évolution de l’offre de formations logistiques, la création d’emplois avec près de 12.000 postes nets nouveaux chez les acteurs logistiques (hors emplois logistiques chez les clients) ainsi qu’une notoriété du Maroc sur le plan régional en tant que hub logistique émergent et pôle d’expertise confirmé et des approches pionnières suivies avec intérêt sous d’autres cieux, indique-t-on. Par ailleurs, d’autres statistiques datées de 2017 et dont nous disposons peignent également un tableau idoine. L’année dernière, le royaume a multiplié son offre par sept avec plus de 600 hectares disponibles. En plus de cela s’ajoute une amélioration globale de la gestion des entreprises du secteur. Une performance imputée notamment à la mise en place de nouvelles infrastructures mieux adaptées.

Un cadre juridique et réglementaire pour accompagner cette dynamique
Toutefois, de grands défis persistent. La disponibilité d’un immobilier logistique varié, adéquat et à prix compétitif n'est pas généralisée. La bonne pratique de la logistique est également loin d’être la règle générale et une bonne partie de l’économie a encore recours à une logistique non optimale, constate-t-on. En outre, le développement de la logistique souffre notamment d’une inadéquation de son cadre juridique aux conditions et aux évolutions techniques, économiques et sociales qui caractérisent ce secteur au Maroc. À ce niveau, il faut souligner qu’un cadre juridique et réglementaire spécifique et propre au secteur est en effet nécessaire pour encadrer la dynamique de changement que connaissent notamment les professions et les installations logistiques dans le sens de l’encouragement des best-practices et la pénalisation de la «mauvaise logistique», celle qui grève la compétitivité économique et sociale du pays. Dans ce cadre, l’AMDL a opéré plusieurs concertations avec des acteurs publics et privés afin de recenser les besoins et les attentes en matière d’encadrement juridique et réglementaire dans ce domaine. D’ailleurs, en termes de normalisation, les efforts déployés par l’AMDL en collaboration avec des parties prenantes du secteur public et privé ont permis la création en 2015 de la Commission nationale de normalisation du secteur logistique, laquelle s’attelle à identifier et prioriser les besoins de tous les acteurs du secteur logistique en termes de normes, de référentiels et de guides de bonnes pratiques.

Des réformes et des mises à niveau
L’objectif étant de se doter d’un référentiel national approprié de normalisation répondant aux enjeux et aux ambitions du secteur logistique en particulier et des autres filières économiques en général. Cette commission a effectivement démarré ses travaux et a déjà procédé à l’adoption de plus d’une vingtaine de nouvelles normes marocaines en logistique et dispose aujourd’hui d’un plan triennal 2018-2020 de normalisation, selon nos informations. Par ailleurs, il faut noter aussi que le Maroc a procédé ces dernières années à des réformes et des mises à niveau des différents modes de transport afin de répondre d’une part à la constante croissance des déplacements et d’autre part améliorer l’efficacité des mouvements de marchandises. Grâce à ces réformes, les secteurs des transports, composantes fondamentales de la chaîne logistique globale, ont évolué pour permettre notamment une clarification des rôles et missions des différents intervenants, une meilleure fiabilité et sécurité, la concurrence et l’abolition des monopoles, l’encouragement de l’initiative privée dans ces secteurs, la professionnalisation et l’amélioration de la qualification des opérateurs desdits secteurs. Enfin, la création d’une synergie positive entre les différents modes de transport dans le cadre d’une approche intégrée favorisant l’inter et multi-modalité constitue un défi à relever pour une logistique efficiente et durable.

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La connexion maritime est l’un des principaux pré-requis pour le développement des échanges avec le reste du continent africain.

Fort d’un milliard d’habitants répartis sur 54 pays, l’Afrique est un véritable terrain d’échanges présentant un potentiel énorme pour les opérateurs du transport et de la logistique. Ce n’est donc pas un hasard si certains pays (Afrique du Sud, Angola, Nigeria) misent gros sur l’amélioration de leurs infrastructures, que ce soit au niveau routier, ferroviaire, portuaire ou aérien, souvent grâce à l’appui d’entreprises publiques chinoises. Certains pays africains ont privilégié la voie du regroupement de sorte à optimiser les investissements et à renforcer les échanges, pour ne citer que l’exemple de la Communauté de l’Afrique de l’Est, la Communauté de l’Afrique de l’Ouest, etc.

D’après le dernier rapport biennal de la Banque mondiale (2016) éditant l’Indice de performance logistique, l’Allemagne se classe au premier rang à l’international avec un score de 4,23 devant le Luxembourg (4,22), la Suède (4,20), les Pays-Bas (4,19) et Singapour (4,14). En Afrique, les meilleures chaînes logistiques se trouvent en Afrique du Sud (20e au classement mondial, avec un score de 3,78), suivi du Kenya (42e) et de l’Égypte (49e), mais pour la première fois depuis la sortie de cet indice, note ledit rapport, les pays enclavés ne sont plus systématiquement défavorisés, comme en témoignent les bons résultats du Rwanda (62e) et de l’Ouganda (58) qui bénéficient d’initiatives régionales concertées pour optimiser les couloirs commerciaux. Le Maroc est quant à lui classé 86e malgré la notoriété de ses infrastructures logistiques.

Toutefois, ce positionnement cache des disparités entre d’une part son rang relativement moyen en ce qui concerne l’indicateur expédition de cargaisons internationales (52e) et d’autre part l’indicateur mesurant l’efficacité des procédures de dédouanement (124e parmi 132 pays), ce qui a d’ailleurs sensiblement affecté son classement général. Toutefois, le classement du Maroc devra s’améliorer dans le prochain rapport de la Banque mondiale (2018) eu égard aux avancées réalisées dans la dématérialisation des procédures liées au commerce extérieur.

Cap vers le sud
«Je reste convaincu que l’Eldorado du Maroc se trouve en Afrique. Il est important d’accompagner et d’offrir aux entreprises marocaines la possibilité de se développer sur ces nouveaux marchés. La logistique est à ce titre incontournable», affirme Mohamed Talal, président de la Commission logistique de la CGEM. Et à lui d’ajouter, «les logisticiens marocains peuvent aussi faciliter aux pays africains la distribution de leurs produits sur le marché interrégional», mais pour y arriver, la connectivité maritime s’avère indispensable. «Nous assistons depuis cinq ans à une révolution de l’infrastructure portuaire en Afrique avec des terminaux et des plateformes logistiques modernes. Des navires partent de plus en plus vers l’Afrique, mais ce n’est encore pas suffisant. Nous continuons à espérer que le Maroc soit doté d’un pavillon national dans ce domaine», constate Abdelali Berrada, président du Salon Logismed. La mise en place d’un armateur marocain pour desservir le marché africain, note Mohamed Talal, président de la Commission logistique à la CGEM, requiert l’appui et l’accompagnement de l’État, notamment sous forme d’avantages fiscaux ou sociaux car, souligne-t-il, des lignes de ce type ne peuvent être rentables dans l’immédiat, surtout que la plupart des armateurs concurrents sont domiciliés dans des paradis fiscaux.


Efficacité logistique

Abdelaziz Mantrach
Président de l’Association marocaine professionnelle des agents maritimes, consignataires de navires et de courtiers d'affrètement au Maroc

La logistique est un des secteurs les plus dynamiques de l’économie, contribuant à la croissance et à la compétitivité internationale. Les flux en fret/tonnes transportés ne cessent d’augmenter et leur croissance est assez soutenue, ce qui pose de sérieux problèmes d’adaptation de gestion pour rompre avec les habitudes du passé. Il est de plus en plus nécessaire de se focaliser sur l’efficacité logistique et la réduction des émissions de CO2. Durant les deux dernières décades, l’émission de gaz a augmenté d’une manière significative. Un tiers de ces émissions est attribué aux transports. L’enjeu est de réduire la dépendance importante du secteur de transport des Fossil fuel. Est-ce que l’architecte de transport pense à tous les modes de transport et à toutes les combinaisons possibles de multi-modalité, tel que la route, le rail et le short sea shipping. Il est préférable d’éviter d’alourdir davantage le transport routier et plutôt favoriser la multi-modalité, et ce pour achever un transport optimal et durable. L’idéal serait que la tarification de fret de transports reflète les coûts réels de la gêne due au bruit, de la pollution de l’air et aussi de l’encombrement des routes.
L’efficacité logistique et les opérations de livraison last mile sont d’une importance extrême pour l’amélioration de la logistique urbaine. Il est donc opportun de structurer l’échange des meilleures pratiques en termes d’efficacité logistique entre les différentes régions d’un pays d’abord et, puis, entre les États. Il est important que tous les maillons de la chaîne logistique intègrent dans leur architecture, dans leur conception des expéditions, aussi bien à l’international que les livraisons last mile, les notions de qualité, d’efficacité, de durabilité et de compétitivité. 

Mohamed Talal, président de la Commission logistique à la CGEM

Les entrepôts informels, le non respect des normes de transport pour certains produits, les formations à la mode souvent incompatibles avec les besoins du marché... le président de la commission logistique à la CGEM s’insurge contre les pratiques anarchiques caractérisant le secteur au Maroc. Non seulement il faut une application stricte de la loi, mais Mohamed Talal plaide aussi pour doter l’Agence marocaine de développement de la logistique (AMDL) d’un pouvoir de contrôle et de régulation, quitte à la rattacher au ministère de l’Intérieur.

Les Inspirations ÉCO : Quelles sont vos attentes par rapport à l’édition 2017 du Logismed?
Mohamed Talal : Le salon Logismed est surtout axé sur la gestion financière et gestion des risques. Il s’agit de faire comprendre aux chefs d’entreprises, notamment les PME, que nous vivons dans un monde en pleine mutation. Si l’entreprise investit dans ses propres entrepôts logistiques, il suffit d’un retournement de marché pour rendre ces installations obsolètes. Le marché évolue continuellement. Les habitudes de consommation changent. Des entreprises opérant dans l’agroalimentaire ont disparu à cause de leur modèle logistique. Logismed est l’occasion d’expliquer aux entreprises que l’externalisation logistique permet d’être flexible et réactif. Chacun doit faire son business. Au lieu d’aller s’endetter pour construire un bâtiment logistique qui n’est pas dans son cœur de métier, l’entreprise ferait mieux d’investir dans le marketing, le commercial, la recherche et développement. C’est aussi une question de gestion de risque puisqu’elle ne peut pas mutualiser les moyens avec d’autres opérateurs, contrairement aux prestataires logistiques. Il faut compter vingt ans avant de pouvoir amortir un bâtiment, or les investissements ne peuvent pas être toujours rentables à moyen et long termes.

Pas moins de 600 ha de zones logistiques sont d’ores et déjà aménagés, mais la demande a encore du mal à se manifester. Quelles mesures faut-il prendre pour booster le secteur de la logistique?
L’AMDL doit avoir un rôle de régulation, chose qu’elle n’a pas aujourd’hui. Ce n’est pas normal. L’AMDL a fait du très bon travail au niveau du contrat-programme et des contrats d’application, a mené de nombreuses études, a formulé plusieurs recommandations, a arrêté des plans d’action; le développement de la logistique à l’échelle régionale, la logistique urbaine, les plateformes logistiques, tout est prêt. Maintenant, l’AMDL doit avoir une mission de contrôle. Elle doit veiller au respect des normes (transport de produits chimiques, transport des médicaments à température dirigée, transport de fruits et légumes à température contrôlée, etc). Il faut une loi pour octroyer à l’AMDL ce rôle de régulation, à l’instar de l’ANRT et de l’ANP. Aussi, il faut appliquer la loi pour interdire le stockage des marchandises dans les quartiers périphériques. Tolérer ces pratiques, c’est encourager le secteur informel. Non seulement cela échappe au fisc, mais cela génère aussi une concurrence déloyale pour les entreprises structurées qui respectent la loi. Par ailleurs, le contrôle doit se faire sur toute la chaîne de valeur. Prenons l’exemple des produits frais. L’entreprise peut fabriquer, stocker et distribuer ses produits dans les normes. Mais quand ça arrive chez le grossiste ou bien chez le détaillant, les conditions ne sont pas respectées. D’où la nécessité de contrôler la chaîne jusqu’au détaillant. Les entrepôts structurés sont, eux, contrôlés par l’ONSSA. Si l’on interdit le stock du secteur informel, pesant pour près de 80% du marché de la logistique, le client aura la garantie d’un strict respect des normes et des règles de stockage.

Le domaine d’intervention de l’AMDL revêt un caractère transversal. Pensez-vous qu’il serait judicieux de la rattacher directement au chef de gouvernement?
Le fait que l’AMDL soit rattachée au ministère du Transport ne pose pas de problème à mon avis. Est ce que la primature est en mesure de piloter l’AMDL? Je pense qu’elle doit rester sous la tutelle de l’Équipement et du transport, ou bien le ministère de l’Intérieur pour dissuader ceux qui badinent avec l’hygiène et la santé des citoyens. Se pose aussi un problème de sécurité en cas de contamination ou de pénurie de produits stratégiques. L’AMDL doit absolument avoir ce rôle de régulation.

Quid de la formation? Plusieurs écoles proposent aujourd’hui des modules spécialisés dans les métiers de la logistique. L’offre actuelle en formation est-elle suffisante pour répondre à la demande du marché?
L’enjeu n’est pas dans la quantité, mais bel et bien dans la qualité. Il existe aujourd’hui un décalage entre les formations et les attentes des entreprises. Un travail de fond a été fait par l’AMDL avec la Fédération du transport et la Commission formation professionnelle de la CGEM pour justement mettre en adéquation les programmes de formation avec les besoins du marché du travail. Seulement voilà, chaque école met en place une formation qu’elle estime la plus adaptée. Ces écoles relevant du privé pour la plupart n’ont qu’un objectif mercantile. Un conducteur de chariot élévateur a-t-il besoin d’apprendre l’anglais? Un futur patron de sites logistiques a-t-il besoin de maîtriser les techniques de marketing? À la limite, ces formations servent à former des spécialistes en commerce international et non des logisticiens. Il est temps de réglementer et d’encadrer les formations en logistique.

Deux projets sont retenus pour la 1ère édition du Moroccan Logistics Awards 2017 dans la catégorie «Green Logistics». La remise de ce prix est prévue ce jeudi.  

Se conformer aux standards d'une logistique verte signifie de tenir compte des facteurs environnementaux et sociaux lors de l’exécution des activités logistiques, qu’elles soient faites en interne ou par des opérateurs logistiques. La dimension environnementale est présente dans la stratégie nationale intégrée de développement du secteur logistique à l’horizon 2030. Celle-ci a fixé des objectifs environnementaux clairs et précis, notamment une réduction de l’ordre de 35% des émissions de CO2 résultant du transport routier de marchandises. Les initiatives prévues ou en cours d’implémentation dans le cadre de cette vision tendent à consacrer les pratiques de «Green Logistics».

En effet, le développement des plateformes logistiques (600 ha aménagés à ce jour) favorise une gestion mutualisée des flux, ce qui permet d’optimiser le nombre de kilomètres à parcourir pour les livraisons, de rationaliser l’utilisation des moyens de transport et par conséquent de réaliser un gain en termes d’émissions de CO2. Une attention particulière est accordée à la construction des bâtiments logistiques (isolation, chauffage solaire de l’eau sanitaire, matériaux recyclables, éclairage à haut rendement, etc).

S’agissant des supply chains réservées aux flux des hydrocarbures, de céréales et de conteneurs, la stratégie nationale favorise le recours au report modal et l’utilisation des modes de transport de masse (transport ferroviaire acheminant les véhicules de l’usine de Renault ; le pipeline pour le transport de phosphates, etc). Plusieurs initiatives ont été lancées pour inciter les opérateurs à recourir aux pratiques de logistique verte.

Par ailleurs, le programme de mise à niveau logistique des PME, émanation de l’AMDL, prévoit une assistance technique pour la mise en place de projets d’externalisation au profit des entreprises qui s’inscrivent dans une démarche de logistique verte. L’agence publique finance également des actions de formation à l’éco-conduite qui a un impact direct sur la réduction de la consommation de carburant et de l’émission CO2. Il y a lieu de citer également le projet de mise en place d’un label logistique verte, ainsi que les 12 normes d'ores et déjà homologuées d’une démarche logistique durable. Last but not least, dans le cadre des «Moroccan Logistics Awards 2017 (MLA)», l'AMDL a mis en place un prix spécial «Green Logistics» visant à récompenser les entreprises ayant adopté des pratiques logistiques répondant aux enjeux du développement durable.

Deux projets ont été retenus pour la première édition du MLA dans la catégorie Green Logistics. Il s'agit de Smart Eco Truck, porté par le groupe SNTL ainsi que la nouvelle démarche éco-sourcing développée par la société Zenith Pharma basée à Agadir. La cérémonie de remise de ce prix est prévue jeudi 18 mai en marge du Salon Logismed.

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