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En 2004, le chef de l’État a prononcé un discours historique qui a jeté les bases de la stratégie nationale du champ religieux. Dans ce texte, les fondements de la restructuration de la politique étatique en la matière sont mis en place.

«S’il est dans l'ordre des choses que la gestion des affaires ici-bas donne lieu à des avis divergents qui traduisent, du reste, un aspect de la démocratie et de la diversité des vues sur les moyens d'assurer l'intérêt général, en revanche, la question de la religion exige que l'on s'attache au référentiel historique unique qui est le nôtre, à savoir le rite Malékite sunnite sur lequel s'est construite l'unanimité de cette nation et dont la protection est un devoir et une mission dont Nous sommes le dépositaire». Ce premier rappel figurant dans l’introduction du discours royal instituant la restructuration du champ religieux au Maroc met l’accent sur un aspect important de la chose religieuse : la divergence des avis. Si le souverain souligne qu’il s’agit, pour autant, d’une des caractéristiques de la démocratie et de la diversité, un attachement à un seul référentiel est une exigence. Ce référentiel religieux historique, à savoir le rite malékite, est pour le Maroc un des fondements, non seulement du champ religieux dans le royaume, mais de l’État marocain. Pour encadrer cette diversité et tracer une ligne conductrice au religieux au Maroc, le discours royal a tracé une réelle feuille de route dont voici, ci-dessous, les principales lignes. Avant la finalisation et la mise en œuvre de la stratégie intégrée du champ religieux, le roi avait auparavant annoncé la prise des mesures qui ont préparé le terrain à cette stratégie. Celle-ci, dit le monarque, a pour but «d'impulser et de renouveler le champ religieux en vue de prémunir le Maroc contre les velléités d'extrémisme et de terrorisme. Et de préserver son identité qui porte le sceau de la pondération, la modération et la tolérance». Elle repose en outre sur trois fondements essentiels qui ont canalisé l’évolution du champ religieux au Maroc depuis 2004.

Fondement institutionnel
La restructuration de la chose religieuse passe en premier lieu par la restructuration du ministère des Habous et des affaires islamiques. À ce propos, un dahir a été promulgué afin de créer une direction de l'enseignement traditionnel et une autre chargée des mosquées. Pour faciliter le processus de la restructuration, une révision de la législation régissant les lieux de culte a été amorcée. Cette révision a pour but d’adapter les lieux de culte «aux exigences architecturales, de sorte que l'exercice du culte puisse s'y faire dans une atmosphère de sérénité, que l'on en maîtrise les sources de financement et que l'on s'assure de leur transparence, leur légalité et leur pérennité». Appelés à assurer, sur le terrain, une gestion moderne des affaires islamiques, les délégués régionaux du ministère, dont la nomination a été annoncée dans ce même discours, étaient censés renforcer le dispositif institutionnel au sein du ministère. Cette mesure est en ligne avec la réactivation de l’institution du Waqf, prônée par le souverain. «S'agissant par ailleurs de l'institution du Waqf, Nous insistons sur la nécessité de réactiver et de veiller à la rationalisation de son fonctionnement, pour qu'elle reste fidèle à ses finalités légales et à sa vocation d'instrument de solidarité sociale et pour qu'elle poursuive son essor grâce aux apports des bienfaiteurs».

Deuxième fondement : l’encadrement
Le pilier institutionnel a été renforcé par l’encadrement, deuxième fondement de la stratégie de restructuration du champ religieux. Première mesure prise dans ce cadre, la nomination des membres des Conseils des Oulémas, dans leur nouvelle composition, a été suivie par leur déploiement à travers le territoire national. Ces entités (Conseils) sont constituées de théologiens qui devaient répondre à la condition d'allier érudition religieuse et ouverture sur la modernité. Un critère indispensable pour pouvoir assurer la mission de gestion de proximité des affaires religieuses qui leur incombe. Ce n’est pas pour rien qu’un Dahir portant organisation et composition de cette structure appelée à opérer le cadre de la Ligue Mohammadia des Oulémas du Maroc a été promulgué.

L’éducation islamique, troisième fondement
Le discours royal de 2004 a accordé à l’éducation islamique une place privilégiée. S’adressant au gouvernement, il préconise la mise en place de mesures capables de mettre à niveau l’éducation islamique. Les instructions ont donc été données au «gouvernement pour qu'il prenne, après mûre réflexion et en toute connaissance de cause les mesures qui s'imposent pour assurer la rationalisation, la modernisation et l'unification de l'éducation islamique, et pour dispenser une formation solide dans les sciences islamiques, toutes disciplines confondues, ceci dans le cadre d'une école nationale unifiée». En ce qui concerne l'enseignement originel, la sauvegarde du système d'apprentissage coranique et à la protection des anciennes médersas ont été érigées comme priorités car permettant de les préserver «contre toute exploitation ou déviation portant atteinte à l'identité marocaine». C’est ainsi que des passerelles et des programmes de formation permettant l'intégration des effectifs issus de ces écoles dans le système éducatif national ont été instaurées. 

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